J’ai un peu mal au coeur, pas un mal physique, mais un mal spirituel. Je ne sais pas d’où cela sort. Moi l’être passionné que j’ai déjà connu j’ai l’impression d’être éteint. On dirait que je n’avance plus. On dirait que chaque minute que je passe, je me pose la question si tout redevenait comme avant. Qu’est-ce qui met tant de lourdeur sur mes petites épaules?
Avant… Avant c’était simplement compliqué, un désagréable dont on ne peut pas se passer. Ça faisait mal sans raison autre que le désir brûlant de l’autre. Pas nécessairement un désir sexuel, mais un désir présent et grandissant d’envelopper l’autre de tous mes bras, simplement pour sentir aussi sa chaleur. Sans me poser de question. Je le faisais à qui mieux mieux un temps, mais depuis peu on dirait que ma flamme ne brûle plus du même feu. Où ça va tout ça? Où vais-je moi? On dirait que les journées ont toutes la même couleur, la même odeur, avec des variantes quand doucement une personne glisse un doigt sur une de mes cordes, mais jamais assez fort pour m’éveiller vraiment. Moi qui étais capable de tomber amoureux à la seule vue d’une belle demoiselle, on dirait simplement que j’ai perdu la vue. Peut-être devrais-je être patient, peut-être je devrai simplement laisser la vie faire son travail, me laisser allez à tout vent sans penser, seulement sans penser à « what’s next ». Je tente de garder les yeux, les bras, ouverts, mais j’ai l’impression que tout passe pas assez vite… je voudrais être demain et bien. Mon avant était douloureux, mais rempli de saveur, d’odeur, de goût qui faisait que tout brillait, que j’appréciais les nuages en pleurant, sachant très bien que demain j’allais sourire.
Pour maintenant, je tente de traverser cette étape de ma vie, en essayant de m’agripper aux sourires, à la pluie. Pour l’instant, un collègue passe devant mon bureau, pour me dire que j’ai l’air d’un chien battu, je lui réponds que c’est ainsi que je me sens, il me sert dans ses bras et me dit qu’il est là, j’ai envie de pleurer. Le chagrin, ça vient en motte, pis tant que le motton ne passe pas on est pris avec ça de travers dans la gorge. Ça, mélangé au pollen… ça m’empêche de respirer aisément.
L’important c’est d’être patient et d’y croire, croire que tout ça sera comme avant où l’innocence de la vie avait un goût plus doux.