À mort le deuil! (Partie 1)

20 08 2008

Je passe une semaine en dent de scie. L’important toujours c’est d’en rester conscient et de savoir pourquoi on vit ce qu’on vit, sinon on meurt. J’ai l’impression d’être en demi-semaine de deuil, où la vie est plus noire et plus lourde. Pourquoi? Je crois que les événements, discutions et sentiments qui remplissent ma vie me porte à beaucoup de réflexions. Une de ces pensées c’est le deuil. J’ai lu ou vu quelque part que le deuil était nécessaire à la vie mais qu’il n’avait pas de délai, de date de fin, d’expiration. Si on ne vit pas notre deuil pour un événement quand il arrive, cela s’accumule jusqu’à ce qu’on fasse le deuil d’un autre événement. Il semble que si on n’a jamais vécu de deuil de notre vie, un seul suffit pour tous les vivre. J’imagine que l’intensité varie selon le nombre qu’on a mis en banque. Ça c’était mon petit bout théorique, j’espère juste que ce n’était pas un rêve! Ce petit article je le dédie au deuil, pas seulement à la mort physique mais aussi à la mort des relations qui nous entoure, à cette façon bien à moi de les vivre.

Quatre ans, quatre mois, quatre jours qu’il est mort. Je crois que ça rend plus les gens mal à l’aise que moi quand vient le temps d’en parler. Les gens sympathisent ou deviennent mal quand on parle de mort d’un proche. J’ai vécu mon deuil de façon adéquate. Mais comment ca c’est passé et à quel moment? Probablement 4 mois après son décès. Mais bon repartons depuis le début. C’est la maladie qui a eu raison de mon père. C’est donc 4 ans avant sa mort qu’il eu le diagnostique du médecin qui lui disait « Monsieur X, vous avez le cancer » d’une façon glaciale. Mon père fût assommé (le mot est faible) et pourtant c’était un homme fort, faut croire qu’on trouve toujours un plus fort que nous. Donc pour abréger l’histoire je dirai que le reste c’est passé comme ça: opération, radio, chimio, radio, rémission (1 an), recancer, rechimio, reradio, rechimio et « Madame, il ne reste qu’un mois à votre mari à vivre! ». Madame?!?!?! Et oui mon père voulait pas le savoir alors il a autorisé le doc à le dire à ma mère et qui nous l’a dit. Donc quatre ans ont passés, mon père ressemblait à une petite bête de laboratoire quand il visitait le docteur à l’oncologie, à croire qu’il y a juste les riches et personnalités publiques qui guérissent de façon permanente, ça leur fait une belle jambe aux chercheurs d’avoir des porte-paroles connus pour financer leurs recherches (bon ok c’est un peu émotif mais j’y crois tout de même). Donc la chronique d’une mort annoncée arrivait donc dans notre famille.

Pour ceux qui croient que j’ai eu de la chance de le savoir un mois à l’avance qu’il allait mourir, détrompez-vous! Ça ne veut rien dire du tout. Au début les gens me disaient de lui parler, de tout lui dire ce que je voulais lui dire, que j’en avais de la chance. Je m’assoyais à coté de lui, à me demander que dire, à ne pas profiter du temps qu’il nous restait tout les deux. J’ai compris bien vite que les gens me trouvaient chanceux simplement parce que j’avais du temps. Du temps avant sa mort pour rattraper le temps pendant sa vie. Et bien figurez vous que j’en avais pas besoin, j’étais à jour avec mes parents et je leur disais pas mal tout. Donc j’ai arrêté de me faire du mauvais sang et j’ai passé du temps de qualité avec lui, jamais autant que j’aurais voulu parce que ce mois sembla une semaine où il dépérit rapidement et où le jour J moins quatre il rentra à l’hôpital, soins palliatifs, pour une durée indéterminée, quatre jours. Le temps que j’ai passé avec lui là-bas c’est deux journées, la première et la dernière. Où j’ai été fort et j’ai consolé ses frères, ma soeur, ma mère. Où j’ai eu le droit de lui dire seul à seul en dix minutes, la seule chose que je pus lui dire alors parce qu’avant je ne pouvais pas, souvenez vous qu’il ne voulait pas savoir sa date de fin de vie, mais à ce point il savait très bien ce qui l’attendait. Je lui ai dit « Papa, part en paix, ma soeur et moi s’occuperont de maman. Tu sais papa, je suis vraiment triste que mes futurs enfants ne connaitront jamais leur grand-père! ». J’étais là lors du dernier souffle, avec ma mère, c’est vraiment difficile ce moment, je suis presque certain que j’ai moi même sauté quelques battements lorsque c’est arrivé, je lui tenais la main. Après c’est la valse des larmes, les appels, les câlins de réconfort, les visites chez le notaire, chez le salon funéraire avec tout ce qui s’en suit. Moi je suis resté debout devant tout ça. Je n’ai pas vécu le deuil à ce moment parce que je me suis donner comme mission de supporter ma mère, ma soeur, enfin tout le monde qui en avait besoin à ce moment. Pour ceux qui croit que le chiffre quatre était sur-utilisé, j’en suis désolé, je n’ai malheureusement pas le pouvoir des faits qui entoure cette histoire.

Donc quatre mois plus tard, j’ai toujours pas vécu mon deuil, j’ai laissé le plus possible l’alcool de coté pour ne pas m’emmêler les idées, mais ça m’a frappé, comme ça : Dring Dring ! (c’est un téléphone) « Salut, je voulais simplement te dire que mon père aussi est décédé. ». C’était la voix de mon ex petite amie, qui venait elle aussi de perdre son père. Je ne lui avais pas parlé depuis le service de mon père. Parce que moi quand je termine une relation, je tiens pas à garder des liens d’amitié avec mes ex. J’ai pas envie de devenir un fantôme qui passe une fois l’an dans la vie de quelqu’un, mais ca j’y reviens. Donc, mort égal service funèbre où je me rends parce que j’appréciais beaucoup son père, sa mère, elle, sa famille. Je me rends et j’ai mangé le pire coup de barre dans le front de ma vie, retour dans les souvenirs, j’y ai probablement pleuré: ma rupture, son père et surtout mon père. Larmes en fontaine, en vrac, les lacs, les rivières, j’ai probablement fait augmenté l’action d’un grand fabriquant de mouchoir. C’était là que je le vivais et personne ne comprenait l’intensité du moment sauf moi. La suite? Le temps a passé, je pense souvent à mon père, je n’en garde que de bons souvenirs.

Le deuil, personne ne le vit de la même façon ni dans le même délai de temps. Moi je suis l’exemple de mon père qui a perdu quatre personnes de sa famille proche en une seule journée, Il faut vivre sa peine quand elle passe, comme on l’entend, mais après il faut continuer notre vie et allez de l’avant quand on est prêt en se souvenant toujours de ceux qui sont passé dans notre vie. C’est simple mais en même temps complexe de penser comme ça car quand on est dedans, on ne voit pas grand chose. Mais le temps passe!

Vu la longueur du texte, je ferai une deuxième partie pour ce qui est de l’autre style de deuil, déjà que c’est lourd… 😉