Tout débuta un 24 décembre quand il neigeait de toutes les couleurs à l’extérieur et que personne n’avait remarqué. J’étais assis sur Fido, mon chien galant à taches noires et j’admirais doucement les boules de ma tante Thérèse qui se penchait pour ramasser des peanuts et se les enfournaient à grande poignée dans le fond de la gorge, en échappant la moitié dans le canyon qui lui servait de décolleter, ça allait être le festin de mon oncle Gilles en retournant à la maison. Derrière le sapin de noël, ma soeur bâillonnée depuis le matin ne disait pas un mot et personne ne s’était rendu compte de son absence. Ma mère courrait dans tout les sens, sans ne rien accomplir pendant que mon père déjà saoul parlait déjà avec la porcelaine froide. Ma grand-mère comme à l’habitude s’occupait du souper du réveillon, divorcée depuis peu d’avec grand-père qui étant fatigué de se farcir une grosse dinde et la remplaça par une jeune poulette qu’il avait trouvée sur internet.
C’était un noël bien comme les autres jusqu’à maintenant. Tout le monde se parlait, personne ne s’écoutait, une famille de 38 nous allions être en tout pour le souper de noël, presque tous inconnu car on ne les voyait qu’à ce temps de l’année. C’est fou comme les gens n’ont même plus le souvenir de se répéter, année après année et aux autres d’entendre leurs histoires pour une première fois à nouveau. Plus la maison se remplissait plus je ne me sentais plus chez moi. Plus j’avais l’impression que Fido me donnait de moins en moins de support. Je voulus me réfugié dans le sous sol, mais j’y trouvai déjà trois de mes cousins, Steve, Christian et Pete en train de jouer au docteur avec ma cousine Julia qui était plus vieille qu’eux de 4 ans. Elle leur montrait plein de choses qu’ils pouvaient pratiquer tour à tour, des choses qu’elle m’avait déjà montrées l’an passé… Je courus donc vers le placard du deuxième niveau de la maison à trois étages de ma grand-mère, déjà aménager par moi d’un petit tabouret, d’une lampe de poche, de bouchons pour les oreilles et d’un livre. Je commençai ma lecture tranquillement, je la poursuivis une heure et puis une deuxième, puis sans raison apparente la pôle qui se trouvait au dessus de ma tête, rempli de manteaux, me tomba sur la tête, m’emprisonnant sous tous les manteaux, tous les vêtements qui s’y trouvait. L’air se mis à me manquer, l’air était lourd et la masse que j’avais sur les épaules aussi. J’essayais de crier mais je n’entendais personne me répondre… maudit bouchon… Je les enlevai mais rien n’avait changé, personne n’entendait mon cris d’alarme sous tous ces manteaux. L’asphyxie était proche, la force commençait à me manquée, je serrais fort la lampe de poche et le livre, pensant qu’il me sauverait la vie… Je ne croyais vraiment pas que l’asphyxie me rapprocherait autant de la folie. L’air se faisait de plus en plus rare, je voyais de plus en plus noir, avoir su j’aurais apporté des piles supplémentaires. Ce pouvait-il que l’on puisse mourir sous une pile de manteau et ce la veille de noël? Je me souvenais des veilles de noël à me cacher sous les piles de manteaux sur le lit de ma mère qui courrait déjà dans la maison, mais jamais je ne me souviens d’avoir passé proche de ce que je vivais à présent. Ça y est, je crois que je revois ma vie à l’envers… mais il me semble que j’ai sauté un grand bout pour parler là d’un souvenir de manteau, pourquoi ma vie était t’elle rattaché à des manteaux, je ne comprends pas pourquoi tout ceci m’arrive. J’entends des rires, je suis sauvé… Non… ça s’éloigne, c’était encore la cousine qui allait ce chercher de nouveau patients. Je tousse, je pleure maintenant, de rage et de colère, ma vie peut-elle finir ainsi, qu’ai-je accompli pour pouvoir mourir ainsi?