Gratter la gale

3 12 2008

La plaie béante guérit lentement. Les mots manquent dans ce que j’ai à écrire. Je n’ai pas muse, j’erre l’âme légère au travers du vide. Où est cet afflux de mots, d’images où je puisais dans la douleur le meilleur de moi même, le douloureux. Et si je grattais un peu, juste un peu, ce qui guérit, un instant, aujourd’hui. Et si je laissais un instant envahir mes pensées d’elle, simplement pour me sentir en vie, être envie et triste d’être dans l’envie. Ça me frappe enfin, mais à quoi j’ai pensé, ça ne se refermera pas seul, ça devra encore guérir et prendre le temps de se faire. Pourquoi je l’ai fait? Probablement que ce sentiment me manquait en bout de ligne, que je le recherche en fin de compte. Comme les romantiques de l’époque où l’amour était impossible, où déchirés par la complexité, l’impossible, je laisserai porter mes plumes sur le papier simplement pour gueuler ma douleur. Je t’aime douleur, ne croyais tu pas qu’un jour j’allais m’en rendre compte, c’est toi que j’aime car tu m’inspires, tu me fais respirer d’un souffle entrecoupé de désir charnel, de tendresse, de volupté. Quand tu caresses ma joue, ça me rend fou, quand en moi tu t’infiltres, je n’en peux plus, je flanche, je fonce dans cet abysse sans fond, ce vertige m’envoute, m’hypnotise, me paralyse. À toi je pense parce qu’une autre je n’ai pas rencontré. Je gratte ma gale car de cette façon je peux me rappeler que je t’ai aimé, encore une fois.