Balai, balayeuse et moppe ne frotteront jamais assez fort les traces qui restent partout. Tous les jours je trouve une nouvelle façon de me rappeler, une nouvelle façon de me le cacher. Rien aujourd’hui ne brouille ma tête sinon que la musique qui parfois m’apaise, parfois fait jaillir les larmes de mon corps tout entier. Aujourd’hui je fais face à moi même, enfin. Y a rien de facile à faire le ménage et d’avoir comme seul compagnon sa vie. Les traces sur ma vie laissées derrière moi, certaines que j’ai tenté de couvrir d’un grand manteau de déni, de rêve et de sexe. Aujourd’hui j’ai décidé de reprendre ce manteau, pour voir ce qui se trouvait en dessous ou parce que j’avais très froid dû à mes larmes qui se glace sur mes joues, mes pieds qui deviennent bleus et des frissons à chacune des pensées qui passent dans ma tête. Je faisais une course à relais entre les différentes composantes qui m’aidaient à garder dans ma vie le son, l’odeur, les mots et les images. Je laissais toujours un petit bout de vaisselle, une petite tâche sur un plancher souillé par une nuit mouvementée, un verre, un élastique que moi seul je connaissais et qui était caché dans ce passé et dont je voulais garder la trace. De sexe en sexe, je courais pour ne pas perdre la sensation, pour tenter de la faire changer, disparaitre ou simplement exister. De femme en femme tenter d’oublier, tenter de retrouver ce que j’avais perdu, ce que je n’avais jamais eu. De femme en femme, je trouvais parfois ses mains, ses bras, son corps ou son sexe, mais jamais en même temps. Chaque matin, chaque nuit, unique, l’envie de disparaitre, enfin, sans fin de la surface de ma vie pour en avoir une nouvelle. Je cache les traces pour ne pas oublié, je cache les traces pour me rappeler mais aussi parce que je n’ai pas envie d’avancer, quelle trace je vais maintenant former maintenant sur la neige? Mes larmes en glaçons formeront t’elle un lac gelé où je pourrai marcher? J’ai peur de la douleur et pourtant je la recréer sans cesse! « Get over it! » c’est tout ce que j’ai à me dire. Pourquoi aujourd’hui je m’en rends plus compte? Simplement parce qu’avec moi je suis, qu’avec moi j’ai décidé de nettoyer les traces, une à une, cessant de les recouvrir, de les camoufler, de les dissimuler, sous l’oreiller ou sous mon pied. Je retourne à moi, je n’ai pas encore fini!
@Francine: aaaah… c’est ca le truc… je te trouve un peu trop Zen… T’as dormi un peu trop toi? non c’est un plaisir que tu m’apprécies! 😉
La balayeuse ou moppe un peu trop »rude » pour balayer ces douleurs vas-y avec un linge doux, les cicatrices seront moins apparentes, prends soin de toi .. au plaisir de te relire –
Fanny: oui, je crois! je sais pas, on vera demain! 🙂
Oui, aujourd’hui est le demain d’hier…Et merci à la vie, de m’être encore réveillée ce matin…Mais aujourd’hui, reste aujourd’hui, et demain est un autre jour, un nouveau jour. Et toi? Seras-tu encore là demain? M’écriras-tu encore demain? Marcheras-tu encore sur ce chemin?
@Fanny: Aujourd’hui n’est pas le demain d’hier?
Un jour à la fois, une décision à la fois. Aujourd’hui je suis là, demain et bien…demain c’est déjà trop loin pour moi. Les demains n’existent que dans les rêves, seuls où à deux, mais dans les rêves…
Fanny: Un jour à la fois, une décision à la fois. Tu restes?
Je pense que c’est très sain comme démarche. Je me suis régulièrement coupée du monde extérieur depuis les dernières années, et franchement, ça fait du bien. Le retour aux sources, à la base de notre existence. La famille c’est ce qu’il y a de plus stable dans notre vie. Faut savoir s’appuyer sur les bonnes personnes quand le moment est nécessaire. Je te souhaite de beaux moment durant cette période.
@Fanny: ouais je devrais tirer la plug pour les fêtes, garder que l’écriture mais vivre comme un moine, pas de contact avec personne, le seul contact qu’avec moi même et ma famille.
ah bon toi aussi le grand ménage??? Comme l’eau coulant sur notre corps nous lavant de nos angoisses, de nos péchés, déterrer ces vices cachés t’amèneront vers de nouvelles terres à explorer…