Chronique urmaine: « C’est une aventure parmis tant d’autre »

3 02 2009

La musique jouait en fond de scène, j’étais assis au bar à contempler le vide, le gens et mes pensées. À ma droite immédiate se tenait un black qui roucoulait à une asiatique qui se promenait derrière le bar, à ces cotés, un couple, lui dans le milieu de la quarantaine et elle en début vingtaine. L’alcool les ralliait, les collait l’un à l’autre dans ce pub Français où je devais être ce qu’il y avait de plus Français dans cet endroit. Mon regard se promenait d’une conversation à l’autre et je crus voir qu’à la main de l’homme du couple brillait un magnifique anneau de mariage. Le plus triste de cette histoire c’est qu’elle n’en avait pas. La vue baissant avec les lumières se tamisant et l’alcool n’aidant en rien, je pris un autre verre de vin. Le téléphone sonna, lequel? Je ne sais pas, mais c’est Alexandre qui répondit « Alexandre j’écoute? » d’un français plus parfaitement accentué que le miens. J’ai vite compris que son interlocuteur était en fait une interlocutrice qui devait même porté la bague qui s’agençait avec une parfaite symbiose à celle qu’il portait. À ses cotés la petite Sabrina souriante au teint basanée ne semblait rien comprendre. Elle était belle, souriante, naïve comme tout mais souriait de ses dents blanches avec toute élégance. Je perdais l’essence de la conversation d’Alexandre, il semblait contrarier, froid, mais surtout gêné par la situation même si sa muse éblouie ne savait plus se servir de son ouïe dans les phrases que son don juan tirait à bout portant. La dernière de ses phrases, je l’entendis clairement « C’est une aventure parmis tant d’autre » que je croyais une parole franche même si dépourvue de sens. Il raccroche et se raccroche à la belle qui ne tient plus sur ses semelles, l’alcool les ayant affectés, l’ivresse ne pouvait que les emporter. Tout avait tourné dans le bar, mon noir ami disparu, le bar presque vide sur les heures qui se comptaient sur les doigts avant la fermeture. Devant moi une chinoise naine sur ses semelles échafaudée me souriait, voyant mon verre vide elle partie chercher dans son sac des puzzles à rendre fou. En me les donnant elle déclara « If you do it, I pay you a drink! » moi aimant les défis je commanda un verre pour m’aider à mieux réfléchir. J’eu envie quand même d’établir un contact, un contact sournois qui disait simplement, « Tu sais… je sais! » c’est alors que vers ce Français je me tourna et lui demanda « Pouvez-vous me donner des serviettes SVP? » ce qui lui fit changer l’air du rosé au teint blâffadre. Sans un mot d’autre je me lançais dans mes casse-têtes avec le sourire aux lèvres. Au bout du bar un rire qui attire mon attention, John, 50 ans, me regarde et me dit « I loose a fucking night on those thing » et à moi de m’y remettre à ma labeur. Tout à coup j’entends une voix de Français qui commence à m’expliquer qu’il vient de perdre son emploi, la crise économique, il se retrouve dans la rue. Les liens se tissent, ce qu’il a dit à sa femme n’était en fait qu’une partie de la réalité, quand sa douce revient il reparte bras dessus, bras dessous vers on ne sait où. De labeur acharnée les puzzles sont dénoués, mon verre est repli, puis vidé pour ensuite allez me coucher un peu troubler par ce qui vient de se passer.


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2 responses

4 02 2009
Scare Crow

@Fanny: ouais… imaginaire mais tous faits sont vrai… un peu romancer et mise plus agréable mais cette histoire je l’ai vécu à NYC… 😉

4 02 2009
Fanny

Très bon texte Crow…Serait-ce une allusion au restaurant Alexandre? Où tout est plus Français que le parfait français? hahaha, c’est vraiment l’impression que j’ai eu en te lisant! Les personnages meublent très bien l’histoire, une scène que tout le monde pourrait vivre dans son quotidien…merci de partager ton imaginaire avec nous 😉

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