Hasard d’eux

8 02 2009

Cette histoire se passe un mercredi soir, je n’ai pas envie de rentrer à la maison, j’ai envie de solitude en groupe, j’arrête dans mon petit resto habituel sur St-Hubert coin Beaubien, écrire et boire ça passe les bleus d’une soirée. Laptop et pinte sur table je tente désespérément de rejoindre internet qui ne répond pas, ma bouille de déception attire le serveur qui va vérifier que tout est beau avec l’internet. Il revient tout est beau, mais incapable de me connecter. Étant donné que son travail est serveur et pas informaticien, je finis mon verre, ferme mon laptop et paie ma facture en toute déception. Je quitte sac sur le dos vers ma rue, vers un café dont une amie m’a parlé, j’ai donc pensé à elle, que fait-elle? Je n’ai toujours pas lu le deuxième livre qu’elle m’a donné. Il fait tout froid dehors, cela me ramène rapidement sur terre.

 

J’approche donc du café, et la peur m’envahie, que vais-je trouver ici? Elle m’avait parlé d’une fille qui pourrait bien allez avec moi. Aveugle en période de stress j’entre, je me retrouve dans un univers que je doute être le miens, mais j’y suis gentiment accueillit. Café famille que je me dis, qu’est ce que je fais seul ici… l’idée me passe de tourner les talons et courir, mais je vais plutôt m’assoir à une grande table au fond, seul. Ce n’est pas l’endroit pour sortir mon laptop. Je prends mon premier café au lait, pas de la soirée mais à vie, délicieux. J’ouvre un bouquin que je terminais, les enfants remplissant l’environnement de leur rire/cris/pleurs, c’est vivant, plus qu’un édifice a bureau, ça me change les idées, je me demande si je suis le seul trentenaire seul à avoir pénétrer dans cet univers de jeu, d’enfants, surement pas. La place se vide lentement et je demande: « Est-ce que le café ferme quand tout les enfants sont couchés? » mais elle me dit qu’il me reste 20 minutes de lecture, juste assez pour terminer mon livre. La serveuse me questionne sur mon livre et y porte un intérêt, quelques paroles sur le dit bouquin, je sais que ce n’est pas Myriam, celle dont mon amie m’avait parlé, car plutôt j’écoutais les conversations autour avant que tout le monde partent. Je termine mon livre, mon deuxième café au lait (je ne dormirai pas de la nuit) juste attend pour la fermeture. Je me lève, m’habille, paie, laisse un pourboire et un pourlire. Elle me dit qu’elle me remettra ce livre, mais je lui dis de le faire circuler car un livre n’est pas fait pour dormir sur les tablettes, elle semble contente de son pourlire et dit « C’est vraiment une belle journée! ». Je quitte le sourire aux lèvres.

 

Elle s’appelle Ingrid, je ne sais pas si je vais la revoir un jour. Pour l’instant il n’en dépend que de moi, retournerai-je dans ce café pour simplement y boire un autre café au lait.





Vent divers et mots roses

8 02 2009

Le souffle du vent glacial m’a irrité les yeux une fois de plus. Les larmes ne pouvant plus couler car crystallisées aux coins de mes yeux, sur le long de mes cils, par chance je ne suis plus aussi fragile.  Lorsque j’ai vue cette photo, je l’ai regardé, je me suis demandé par la suite si elle était en couleur tant que j’ai focussé sur le contenu et non le contexte artistique. Je me suis concentré comme sur un ciel étoilé sur l’ensemble sans vraiment me questionner. Je me suis dit que lorsqu’on est mort on ne sens quand même plus les coups de poignard nous transpercer, mais cette douleur de moins en moins vivre me rend tout de même morose le temps d’un silence, d’un respire, d’une dernière larme peut-être que se crystallise sur ma joue. Le temps passe doucement, le gris de l’hiver me dit simplement que j’ai besoin encore de temps. Je suis le voyeur masochiste qui pourrait se taire de voir plutôt que de souffrir encore. J’ai ce choix et je le prends à demi conscient ne sachant vraiment sur quoi je tomberai, comme le sportif extrême qui se lance en bas d’une falaise, mais moi sans vraiment jamais valider si j’ai quelque chose pour me retenir. C’est maintenant sur papier, « Mr. Scarecrow, vous êtes un extrémiste! » que la fille des RH m’a dit au bout de 216 questions, comme si j’avais besoin d’un test pour le savoir. Je cherche aujourd’hui comment donner un sens à ma vie, libre comme le vent j’attends, je pense en attendant. J’essais d’écouter mes pulsions mais jamais elle ne goute aussi bon que je le souhaiterais, tout goûte gris, où est ce plat de bonbon tout collé ensemble qui se tenait sur la table de grand-mère, où je me pose aujourd’hui la question à savoir si j’avais plus de plaisir à les manger qu’à les décoller les uns des autres. Je cherche à retrouver cet univers simpliste qui m’émerveillait tant. Émerveille-moi, laisse le sommeil me quitter enfin pour simplement que je t’apprécie, vie que je vis. Laisse le soleil entré chez moi, que ce vent gris et ces mots roses me quittent. À l’aube d’une vie plus calme, j’écris des mots roses ou gris pour faire passer se vent d’hivers qui m’a un jour refroidit.