Par où je passe un matin gris pour me retrouver encore ici à boire un interminable café la tête remplie d’idées entremêlées qui ne parviennent à sortir que du bout de mes doigts. Des doigts dépourvus d’assurance sur ce qu’ils ont à dire, simplement par peur d’établir des attentes qui leurs sont propres. Des mots par mes doigts projetés venant du cœur réfléchi. Des doigts tremblotant comme un vieillard, un malade, un alcoolique qui n’a en rien été épargné de la vie. Aujourd’hui encore je retrouverai cette envie triomphante de me blottir dans tes bras, une fois encore pour la dernière fois, avant que cette réalité ne redevienne qu’un triste espoir ou désir prochain. Chaque jour où je te quitte, j’ai envie de te retrouver encore et en corps. Comme si tous les mots me revenais en bouche mais que je n’avais plus la capacité de parlé, mes lèvres ensembles collées ne peuvent que te donner un baiser, si doux, si tendre, la seule façon de me faire entendre. Je suis bien, maintenant je suis bien, comme un enfant à l’attente de Noël, attendant en cadeau ton appel, une surprise dans ma journée, interromps-en le cours, simplement pour me faire entendre cette voix qui me devient de plus en plus familière. N’as-tu point peur de ces mots qui émergent à la surface comme des icebergs mais qui n’ont rien de glacial? N’as-tu point peur de ces mots parfois dit trop tôt et parfois retenu trop tard? De ces blessures par le passé trop vives pour comprendre vraiment ce pourquoi elles existaient? Je n’ai pas envie d’y penser car je suis bien, car même si je tente de trouver dans ce que je vis un doute et j’ai encore plus peur, car je n’y trouve rien. La seule crainte que j’ai c’est… et toi?
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