Demain

27 06 2010

Dans mon coeur, une fleur jamais ne se meurt, doucement je l’arrose, elle se repose. Sans fin, sans faim, elle reste là, un instant, avec un sourire qui lui appartient, un sourire que je lui rends bien. Et doucement, l’ivresse d’un instant, un instant d’amour, un instant du jour, mon coeur palpite, il a ce qu’il mérite. Et encore, sans que je le voie, je suis rendu là, un jour où doucement le temps passe, d’une caresse sur ma joue. Ce que je pensais disparu reste, un instant seulement, comme planifier à l’avance, comme si je le savais, car je sais. Aujourd’hui à fleur de peau, j’aime, je sens, je vis. La vie me fait sourire, un instant, pour toujours. Je regarde au loin et je ne vois rien, pas l’ombre d’un hasard venimeux, pas l’ombre de ce sentiment amoureux, je mens un peu. Dans le vague je m’emporte, me transporte vers un confort isoloir, seul, et je ferme la porte. Les plaies guérissent plus rapidement humide, alors je pleure dans le vide, le vide que contient la place que tu as laissée. J’affecte à ces pages des mots qui sommeillent, qui dorment, qui mourront si je ne les laisse pas prendre phrase sur ce blanc de mémoire, sur ce banc de mémoire. La douleur disponible je la disperse dans le dédale de discours au diapason de ma déraison. Et je me donne la vie, comme l’a fait ma mère, pour encore une fois voir le matin heureux de lendemain pluvieux.





Paf Tik Pow

27 06 2010

Comme pris dans un étau, une enclume et un marteau, je sens chaque coup qui s’abat sur moi à chaque fois que mon coeur bat. Le tintement métal me brise les dents, me déchire en lamelles fines et douloureuses, chaque fois. Et je me sens déchirer, comme ce vieux papier ayant trop existé, ne résistant plus au pli qu’on lui a infligé. Pendant des heures qui tournent dans ma tête, la musique sur laquelle on m’a écrit, me consolant doucement. Je m’effrite peu à peu comme ce gros caillou fouetté par les vagues amères. Et le vent souffle peu à peu ce qui reste de moi. Existerai-je après, partout et nulle part à la fois, ou je n’existerai pas? Quand j’aurai cessé d’être cet être qui demandait simplement de te connaître et à qui t’as tout simplement demandé d’oublier, de t’oublier, t’ennuieras-tu de moi? Et je partirai doucement, sans regarder, simplement car j’en aurai eu assez, que m’as-tu demandé? Quand mon amour blessé ne pourra que les yeux fermer sur toi, comme cette poupée de porcelaine si fragile que l’on couche. Comme si le temps tardait doucement, simplement pour que je digère un à un ces mystères, mes mystères, mes pourquoi qui reviennent chaque fois, mais pourquoi ça revient chaque fois? J’existe, j’exorcise, j’inspire, j’expire et je respire encore, le temps que tu t’expires. À quand cette date où je verrai la possibilité de vider, de rincer, de jeter ou recycler. Demain un jour peut-être nouveau, un jour certain qui n’existe pas encore, je vivrai donc aujourd’hui. La tête dans tout ce qui existe qui ce trouve dans ma tête, j’arrête, je pause, je me repose. Donne-moi encore ce choix, me demandais-je à moi, donne-moi ce choix de rester ce passionné et non cette carcasse vidée par ce chasseur écervelé. Empalé, désemparé, dénudé, désarçonné, désarmé, il est grand temps pour moi de me relever.

Pour savoir si relever finissait par É ou ER j’ai dû dans ma tête le remplacer par battre.





En fin

27 06 2010

C’est comme une odeur de fin, un silence de mort qui en résulte mon sort. Tous ses mots trop souvent récités, comme un couteau dans mon dos planté, comme le projectionniste sur son écran lancé. Et le vent tourne enfin, ses paroles, ses je t’aime évaporer comme la pluie l’été. Je reste seul maintenant devant ce tableau qu’elle a dépeint. Le temps passera encore une fois, le temps d’oublier ce qu’elle a été pour moi. De son sourire je rêverai sans cesse, son odeur hantera encore mon atmosphère, les draps qu’elle remplissait avec moi. Maintenant qu’elle sait ce qu’elle veut, le fait qu’elle l’ait toujours su me trouble un peu. Combien de vérité déposée à la volée sur l’oreiller. Je me suis, une histoire inventée puis je me suis trompé. Mon coeur rempli de passion n’a pas su se protéger de la réalité et doucement je sombre dans une triste réalité. Le temps passera, jamais je ne pourrai lui en vouloir, quoi qu’elle puisse croire.

C’était un vieux message brouillon. Le temps n’a rien fait pour me protéger, peut-être parce qu’il n’existe pas vraiment. La seule personne qui aurait pu me protéger c’est moi-même. Mais le regret n’est pas un sentiment que j’adopte, je laisse derrière moi le noir souvenir de l’avoir vu venir et garde celui d’avoir vécu une passion plus forte que moi. Aujourd’hui, mon coeur n’a plus envie de se poser des questions sur mes différentes passions, il n’a qu’envie d’être, de renaître, ailleurs, mieux, bien. Certaines histoires durent, certaines histoires meurent, l’important c’est que l’histoire existe, en vrai, en rêve, quelque part dans notre tête.





POST EQUITEM SEDET ATRA CURA

20 06 2010

Ou le noir souci monte derrière le cavalier…

Quand l’ombre ne se discerne plus sur le sol détrempé par des larmes abondamment tombées, plus rien n’est clair. Ni la lune, ni le ciel, dans lequel elle s’y fond, ne sont vraiment clairs. Et doucement sur l’herbe noire, l’armure ruisselle encore d’une pluie un peu trop nouvelle. Assis à ces cotés le cavalier reste las de toutes ces batailles. Des idées noires ont rempli sa tête qui brusquement s’arrête, sur chaque parcelle de sa vie. Il n’est plus question de faire le tri de ce dont il a envie, il n’est plus question de repenser à ce qu’il veut aussi. Ses noires pensées sont simplement dues à un désespoir amer qui reste bien profond en travers de sa gorge, il tousse un peu, simplement pour que cela sorte. Ce cavalier n’est pas seul, sa monture à ces côtés sait quand il sera prêt à remonter en selle. Il n’aime plus cette noirceur où il semblait si confortable, ces nuages annonciateurs de pluie, de création, de vie. Sans muse il se retrouve aujourd’hui, mais il a compris que c’est la vie qui l’inspire, pas ces fleurs qu’il respire. Le noir souci monte derrière le cavalier, il empoigne son épée et lui tranchera la gorge pour simplement se libérer de ces idées, de ces chaînes auxquelles il était lié.





Faire la roue

20 06 2010

Les yeux fermés, je tourne la roue. Je ne sais pas où elle s’arrêtera, on ne le sait jamais. J’ai pensé longtemps que le hasard y était pour tout, mais si je ne tourne pas cette roue je ne fais pas sa chance.





Eux

20 06 2010

Ils se sont regardés et la musique a commencé, une valse, une simple danse qui n’a plus voulu s’arrêter. Et le temps, la magie que contenaient leurs yeux disait, disait simplement, je te veux. Je te veux aujourd’hui et demain encore dans ma vie. D’un senti commun ils ont bâti ce qu’était la vie, ce qu’était leur vie, sans se questionner sur celle-ci. Leur sentiment accepter ne furent que confirmé, au fil du temps, au gré du vent, leurs yeux disaient toujours la même chose, toujours les mêmes mots de leurs yeux d’amoureux, des mots sans paroles, des mots dont tous raffolent. Mais cela leur appartenait, personne ne pouvait se mettre en travers de leur chemin, comme tracé par le destin ils marchaient main dans la main. Et issus de leur amour, le fruit d’une histoire bien remplie, l’histoire d’une vie que les autres pourraient racontés, l’histoire que beaucoup n’osent plus imaginé. Bien que leur traversée parfois ennuagée ne fut que des moments pour se rappeler, se rappeler que l’amour est fragile, qu’il ne tient qu’à un fil. Et le temps à passer et ils se sont aimé, encore et encore sans pensé, avec plus de solidité, dans leurs yeux le même message, parfois après de très gris nuages. Et le temps a passé et le temps c’est cassé, dans une vie où on est pas maître et où aimer ne semble plus assez. Jusqu’à ce que la mort nous sépare, elle les a séparés. Elle les a séparées, mais a laissé ce qui restera à jamais, une belle histoire d’amour et un rêve à atteindre pour ceux qui y auront assistés.





La fuire

20 06 2010

Mon coeur blessé choisit la fuite pour ne pas s’écorcher plus qu’il ne l’est. D’un sentiment absent le temps a fait son chemin et m’a remis simplement la monnaie de ma pièce. Ce gros dollar rond comme mes yeux devant toi, obnubilé d’avoir ce sourire, ces dents qui me déchiquettent le coeur. De travers, j’avale cette triste situation que je digère mal. Beaucoup de pourquoi, et ce, simplement parce que ça n’a pas besoin d’explication. Je reste pris le pied dans ce piège, dans se sable mouvant sans moi. Je tente de m’éloigner, de courir, de distancer ce que je ressens, encore, chaque jour. J’aimerais comprendre ce qui m’empêche de passer ma vie, passer à autre chose, penser à d’autres que toi. Mon coeur s’anéantit chaque fois, cette montagne que je gravis n’est que chaque fois plus abrupte quand ton visage s’illumine devant moi. Je n’ai pas envie que tu voies mes yeux tristes par orgueil que je n’ai pas, je ne peux montrer mon coeur aride, car il ne l’est pas. Je dois simplement accepter tout ça, encore une fois, sincèrement, laisser le tout allez et ça passera.

Et après…

D’une demande ferme tu me demandes oublie-moi… pourquoi pas!





Pourquoi pas?

20 06 2010

Quand on grandit, plus rien n’est permis de ce que l’on faisait quand on était petit… Je m’ennuie ou ça m’ennuie, j’imagine encore le temps ou rien n’avait d’impact, où l’innocence d’enfant faisait que tout était permis. Je me souviens encore de tout ce temps où tout n’avait pas de conséquences, tout était simplement fait parce qu’on ne se posait pas de questions dans l’essence même de ce que qui se passait. Où le soir quand la clarté tombait on pouvait sans hésité, se coucher sur les genoux de notre mère pour simplement laisser sa main caresser nos cheveux ébouriffés, encore mouillés, d’un bain pris avec nos jouets favoris que l’on faisait disparaître sous des bulles par millier. Ces soirées du hockey où la seule priorité était de monter sur les genoux de mon père qui se berçait avec détermination, symbolisant sa participation infime à l’équipe qu’il supportait, la seule chose qui ne le dérangeait pas, c’est d’avoir ses enfants près de lui. Ces matins de première neige où la randonnée pour l’école était simplement une activité de pur bonheur, où aucune fenêtre n’échappait au tir habile d’une balle de neige de moi, sinon de Patrice. Le soir, seule sur cette masse de neige entassée devant la maison, je me croyais maître du royaume que j’étais en train de me creuser à l’aide d’une petite pelle rouge avec la poignée cassée. Ces longues journées d’été à se baigner dans la piscine du quartier, le temps où les filles n’étaient pas un casse-tête, mais des amies avec qui l’on rit. Parfois, je me demande quand est-ce que tout ça a disparu, quand est-ce que tout ça à changer. Je reste accrocher à ces moments, nostalgiques et heureux de les avoir vécus, tentant sans cesse d’y rester en partie, de faire la part des choses, d’infliger aux gens cette douce passion d’enfant qui émane toujours de moi sans arrêt. Dans ce temps qui passe, je ne crois pas que les choses changent, mais que c’est nous qui à autre chose passons, ou qui n’y pensons plus. Dans cette folie qu’est la vie, on oublie souvent cette folie d’enfant qui reste en nous, bien endormie dans cette vie d’adulte. Pourquoi ne pas se donner la chance de l’éveiller, la réveiller, la laisser allez et redécouvrir encore ce qu’est la vie!





Dimanche

6 06 2010

J’aime ces dimanches trop denses pour se condenser plus encore qu’une soirée. Où le jour me fait penser à l’été, où les soirées sont arrosées. J’aime bien ces jours qui se confondent entre eux, simplement pour prendre le temps de rendre les gens heureux, un sourire, un seul, sans mentir un instant je prends le temps pour moi, d’écouter parce que j’aime ce que je suis. Mais je me retrouve ici, seul avec ce café, ces gens qui ne se souviendront pas de moi, ainsi que l’amertume encore plus présente que le café dans ma bouche réapparaît. Cette impression lente que rien ne passe, que rien ne me soulage, que ce que je ressentais hier est toujours aussi présent avec le temps. Mes soirées longues à discuter avec des gens de qualité, à boire des cidres à la pinte sans qu’il ne m’affecte l’esprit, à inventer, réinventer, écouter et laisser passer. Mes matins sont toujours les mêmes, toujours sombre jusqu’au café et un peu moins gris délavé par la pluie. Je pense à tout, à ça, à toi. La réalité me casse en deux, d’ennui, d’amour, d’un espoir qui ne se meurt jamais assez vite. Je sais que tu es là, quelque part dans le même univers, quelque part dans une rue, un quartier, ce pays qui n’est peut-être pas le mien. Ton image m’apparaît et me fait toujours sourire, un sourire nostalgique qui me fait oublier le reste, les gens qui tournent autour, la possibilité de l’amour. Le temps passe et sur mon dos se cassent des mots, des pensées, des gens qui me laissent indifférent. Il faut que ça passe, comme un souvenir, pour que mon avenir soit plus doux pour moi. Chaque jour, cette envie de te voir réprimer pour mieux me laisser croire que tout ça passera plus simplement. Ce que je veux, ce que j’ai envie, ce qui me manque, un tout simplement parce que tu me manques. Je me suis extrait doucement de ta vie, sans un mot pour sombrer dans l’oubli, mais l’image qui vient toujours à moi est celle qui a été marquée d’un fer rouge et qui ne guérit pas. Mon coeur oblitéré n’en finit plus de se demander s’il pourra se renouveler.