Matin et tanin

22 08 2010

Une fumée blanche sur ma tête s’abat pour que je reste au lit. La fraîcheur d’un matin gris ne me rend pas aigri. Entre le trait sonore d’une voix aiguë et celui des oiseaux dans la rue, je reste là d’un sourire satisfait. La solitude ne m’accable pas, car ce matin je pense à toi. Entre ma bouche et mes yeux démarre une discussion qui ne fait qu’allez dans la même direction. De concert, ils sont d’accord, comme si la soirée faisant place à la nuit n’avait pas rempli cette envie d’être encore là, ici, là près de toi. Je n’avais pas assez d’yeux pour savourer ton visage, pas assez de temps pour immortaliser ton image. Le temps se joue de moi, encore une fois, sans même tenir compte de ce que moi je veux, il continue sa route, me laissant seul. Seul, mais avec cette seule envie de remettre ça aujourd’hui, comme hier et demain encore. Même si mes lèvres souvent noircies par le vin, ses tanins, ont eu bien avant l’impact envie de noircir les tiennes, il fallait qu’elles se retiennent. La soirée a filé, chaque minute entre mes doigts a glissé, je n’ai pu que retenir, ce que l’on appellera des souvenirs. Ce matin, enfin, la tête et le coeur dans les tanins, je me retiens, la musique comme ennemi, j’attendrai encore quelques minutes, voir une vie pour te signaler cette envie de faire de demain ce qui était hier.





Le jour

15 08 2010

Les jours ne font que tourner les mois du calendrier, rien ne change, rien ne bouge, surtout pas moi. J’ose espérer que le temps passe plus rapidement, mais je n’embarque pas à son bord et je n’attends que toi. Comme le train qui s’arrête en gare, je le regarde passer encore. Pourquoi n’es-tu pas encore débarquer? Pourquoi ton corps, je n’ai pas encore vu déambulé doucement dans l’allée, comme cette chatte aux yeux de nuit, celle dont je m’ennuie. Mes yeux balaient doucement l’horizon, chacun des wagons à la recherche de toi. Ne m’en veut pas si tu me vois, mes yeux se noient doucement, de chaque pensée de toi, de chaque souvenir qui revient en moi. Mon sourire fendille doucement mon visage à chaque mirage de ton image, mais doucement dissipé quand mes larmes essuyées lèvent un voile qui ne te révèle pas. En désespoir de cause, je ne fais que boire, un verre de plus pour me noyer l’âme, temporairement car chaque fois tu reviens c’est évident. Tu reviens comme tu l’as toujours été, belle et passionnée, du moins de ce que j’ai conservé, de ce que je ne veux pas voir me quitter, chaque fois que la nostalgie se mélange à l’ennui. Le jour, comme la nuit, je reste las, je reste ici, j’ai l’impression que j’oublie ce que jour après jour j’ai instauré ici, quand mon coeur oblitéré c’est engagé à t’aimer.