Matin et tanin

22 08 2010

Une fumée blanche sur ma tête s’abat pour que je reste au lit. La fraîcheur d’un matin gris ne me rend pas aigri. Entre le trait sonore d’une voix aiguë et celui des oiseaux dans la rue, je reste là d’un sourire satisfait. La solitude ne m’accable pas, car ce matin je pense à toi. Entre ma bouche et mes yeux démarre une discussion qui ne fait qu’allez dans la même direction. De concert, ils sont d’accord, comme si la soirée faisant place à la nuit n’avait pas rempli cette envie d’être encore là, ici, là près de toi. Je n’avais pas assez d’yeux pour savourer ton visage, pas assez de temps pour immortaliser ton image. Le temps se joue de moi, encore une fois, sans même tenir compte de ce que moi je veux, il continue sa route, me laissant seul. Seul, mais avec cette seule envie de remettre ça aujourd’hui, comme hier et demain encore. Même si mes lèvres souvent noircies par le vin, ses tanins, ont eu bien avant l’impact envie de noircir les tiennes, il fallait qu’elles se retiennent. La soirée a filé, chaque minute entre mes doigts a glissé, je n’ai pu que retenir, ce que l’on appellera des souvenirs. Ce matin, enfin, la tête et le coeur dans les tanins, je me retiens, la musique comme ennemi, j’attendrai encore quelques minutes, voir une vie pour te signaler cette envie de faire de demain ce qui était hier.