Plus sombre que mon ombre

3 10 2010

Je me suis levé, plus sombre que mon ombre. En fait, elle avait l’air plus illuminée si je ne fais que comparer. Comment cela est-il arrivé? Hier elle a commencé à pâlir au même moment ou j’ai commencé à sombrer. Pourtant, mes idées claires auraient dû prévenir ce malêtre, il n’y avait pas raison d’être. Mon ombre à palie, au même moment pour je me suis couché pour penser. En fait, le but initial de l’activité m’était pas ça, n’était pas là, j’y allais simplement pour me divertir, d’une couverture me couvrir et d’images inondées ma tête, simplement pour qu’un peu elle s’arrête. Et là je me suis endormi, comme ça, je n’étais pas dans mon lit, mais j’étais avec Mi. Je me suis réveillé, Mi disparu, le film infini que j’ai repris depuis le début. Je me sentais sombre, était-ce mon sommeil ou simplement Mi qui m’avais assombri. Mais Mi n’a pas le dos large et de voix à bout portante n’ébranle même pas une plante. Mes yeux rivés sur la télé je n’ai cessé, de devenir d’abord argenté puis de plus en plus foncé. Ça m’a frappé d’un coup, le film terminé je me suis levé, le soleil lui commençait à ce coucher, je jure que lui et moi on est pas trop synchronisé. Me dirigeant vers la cuisine, un peu de lumière que je l’illumine, c’est là que ça m’a frappé, je suis bien sombre pour cette ombre. Je me suis frotté un peu les yeux, histoire d’y voir mieux, me demandant si c’est mon ombre qui disparaissait ou si qu’avec elle de place je changeais. Non, rien n’a rien, je suis sombre et elle est là, elle est ombre et je suis moi. Je ne savais que faire, de l’eau et du repos, je crois que tout ce guérit avec ceci. Mais non ce matin, je me suis levé, toujours plus sombre que mon ombre. La lumière du matin n’y fait rien, rien ne change, je suis de plus en plus noir. Déjà corbeau, carbonique et lunatique, me voici, l’ombre pâlie, incompris. Je me suis dit, peut-être la faim, mais enfin, un coup remplis je suis toujours aussi gris. Le temps ne fait rien à l’affaire, du même coup je ne sais plus comment me distraire, devrais-je tenter de l’oublier, si je ne pense plus à cette ombre sous moi, peut-être je pâlirai encore une fois. Et si je n’avais guère compris, si c’est moi qui disparaissais, peut-être que tout s’expliquerait, si mon ombre n’est que plus claire, c’est peut-être que c’est moi qui disparais, qui transparais, qui laisse passer la lumière. Peut-être me suis-je oublié quelque part sur le pavé, devenant plus sombre, me distançant de mon ombre. Tout à coup j’aperçois, dans le bas de page que sur laquelle je me bats, des mots qui enfin me raccroche à ce que je dois, me décroche un sourire même à la fois, des mots qui m’appellent encore une fois, mais que j’oublie, un peu trop parfois. Mon sourire s’élargit, avec le nombre qui grandit. Dans le coin il y a des mots qui me définissent bien, des mots dont j’ai souvent peur, auxquels je dois faire face, car j’y ai ma place. Je reprends vie doucement, je crois qu’il faut que j’y aille lentement, j’ai la mission qu’il me faut, je suis le compteur de mots.





Rendors-toi! Oh rêveur…

3 10 2010

Je suis seul au café, sans grâce, les cheveux souillés, la barbe oubliée, peu importe pour penser. Le café qui réveille mes papilles et anime de façon désordonnée mes neurones fatigués. J’accélère mes doigts au même rythme que mon pouls chaque fois. D’un matin à l’autre, rien ne se ressemble, rien ne s’arrête, tout se désassemble. Je suis bien dans cet ensemble, je suis ce que je voudrais être, mais je dors dans une tanière depuis un trop long moment. J’ai le regard tout neuf de l’ermite qui vient de naitre, de se reconnaitre, mais qui ne fait que disparaitre. Je me contiens mal, je me porte bien, mais je déborde de partout, je deviens fou. C’est comme si un mécanisme rouillé depuis des années ne savait plus fonctionner, comme si ces rouages encrassés ne pouvaient plus visiblement tourné. Le bûcheron d’Oz qui se serait évadé avant de s’être fait transplanter. Puis-je échangé mon cerveau contre un coeur, puis-je demandé à ma tête de laisser de la place, un peu de place pour rendre ce dont je suis capable. Maintenant que j’ai compris, puis-je simplement refaire surface, sortir de ma carapace, aimé sans penser et penser sans aimer. Dissocié le rêve de la réalité et simplement rêver.





Je gèle

3 10 2010

Et je plane, à travers les montagnes rustres, sans fatigue, sans peur et sans joie. Devenu stoïque, car je devais faire attention à moi. Mais où sont ces passions enflammées qui me gardaient éveillé de l’hiver à l’été? J’ai dû étouffé de sable et de couverture ce qui me brûlait, me consumait, me réduisait en cendre sans que je ne le demande. D’un pôle à l’autre j’ai navigué pour me retrouver dans cet état glacial, où je suis seul, où mon derme, mon épiderme c’est transformé en pergélisol. J’ai laissé marcher sur mes sentiers des pieds qui n’étaient pas glacés, mais ma surface ne peut se réchauffer. J’ai voulu pour bien faire, sans mal, avec autant de mal, cesser de souffrir, cesser d’aimer à me déchirer, cesser de me déchirer de passion incontrôlée, cesser d’être ce que je suis et j’ai réussi. Je me retrouve là et lasse sur un promontoire de glace à devoir y faire face. Je ne sais pas par où commencer, par la tête ou par les pieds pour m’en sortir où y retourner. J’ai longtemps souhaité ne plus avoir mal et quand j’ai soif de passion ma tête réclame maintenant mon silence, m’étouffe, me bâillonne, il faut que je le raisonne. Donne-moi le juste milieu, ni glace, ni feu, pour que je sois heureux. Laisse-moi sortir de mon antre, laisse sortir la bête, laisse partir ma tête.  Craque une allumette à mes pieds, je m’occupe du reste.





Meant to be…

2 10 2010

Derrière mes larmes je cache en silence, des souvenirs lointains et ce même goût rance. Je me torture sans relâche, incapable d’oublier et de m’enfuir comme ces lâches. Je ne peux tourner le dos à ces sentiments qui ne m’appartienne pas, qui appartenait pour toi. Mais tu n’y es pas, tu n’y es plus. Disparue sans comprendre, ne vas pas te surprendre, si encore de mes nuits je rêve de t’entendre. Je m’ennuie de tes yeux, je m’y noierais quand je le veux. Mais la douceur d’un mot, d’un sourire, juste avant de partir est aussi rude que se sable dans mes souliers que je ne peux dégager. Et je perds mon temps à rêver, de toi encore un peu, du temps où on était deux, du temps où je nous voyais vieux, où je ne savais pas ton nom et où mon coeur m’en disait long. Et le temps à passé, du printemps à l’été, tu m’as vite oublié je ne fais qu’y penser. Tant de pourquoi ou comment à travers le temps, comme si je n’avais pas compris, le sens de cette envie. Et je tente chaque fois, de faire naitre ma réalité, de creuser à m’épuiser, comme le forçat épuisé, pour enfin te retrouver. J’accroche, j’arrête, je n’en peux plus de ce temps incongru, où le temps passe trop vite, ou trop long de te voir qu’en rêve. Et si je m’étais trompé, quelque part sur mon parcours, en route vers ce tendre amour. Si ce que je me racontais n’était en fait que je m’étais menti, tu m’en verrais ravi. Toutes ces pensées que j’aurais pu te consacrer ne furent qu’inspirées parce que pour moi tu as été. Et comme à chaque petite mort, ces souvenirs quitteront mon corps, pour laisser la place à la ce qui pourra être plus intense encore. Et encore, sans m’expliquer, je croirai simplement que… It wasn’t meant to be…

Inspiré de: (500) Days of Summer