C’est quoi déjà…

11 01 2011

J’hachure des lettres dans un grand cahier. Des lettres que j’ai écrits que tu m’as écrites par le passé, un travail ridicule qui ne pourrait rien changer. Je lis, je me souviens, je m’ennuie. Je ne m’ennuie pas de toi, non, je m’ennuie de cela. Tu te souviens, ou peut-être pas… Peut-être ne te souviens-tu plus de comment c’était, peut-être le vis tu encore et ne le voit plus, déjà. Mais moi, je suis là, la mine tranquille, à trouver la télé insupportable d’y voir afficher dans chaque scène que je peux regarder, ça me rappelle encore ça. Je ne me souviens plus où s’était parti, où c’était rendu, maintenant je sais que c’est là, ça revient doucement, la solitude n’aidant qu’à me souvenir de ce que c’était, je me souviens. Même mes oreilles chantent de l’intérieur, comme pour faire fuir la peur et on dirait que lentement le silence s’efface. Ce silence dans mon isolement qui prenait son temps, comme pour me laisser croire que plus jamais, je n’allais avoir envie de tout cela. À l’aube d’un plancher même pas dégeler mon coeur tente de se supporter dans cet espace trop grand. Mais je sais qu’il n’est pas le temps, que je n’ai pas la chance, que j’ai besoin de cet espace. Je me souviens maintenant que ça existe, encore, quelque part et que j’y mordrai encore à pleines dents.





Le plumage : Pourquoi es-tu mal, heureuse?

9 01 2011

J’ai le plumage de charbon et l’oeil grand ouvert, attentif à tout ce qui se trame autour de moi. Sensible sur ma branche je fais cavalier seul, très seul. Je suis toujours charmé quand tu passes, ailes déployées, gracieusement devant moi, mais pourtant que t’ai-je fait à toi? Une seule fois, juste une pourrait-je enfin avoir ce que je souhaitais de toi. Femmes, tu me regardes, m’implorant doucement, demandant mon aile gentiment. De mon coeur sensible et ouvert à aider je suis un peu troublé. Ce n’est point ce que j’ai souhaité, mais toujours à moi tu t’es présentée. De souvenirs passés, présents, tu te joues du temps, ma solitude insupportable te rend la tâche plus manœuvrable. J’ai décidé d’arrêter ce jeu, d’arrêter ce manège qui finit par te rendre ridicule. N’es-tu point mariée? N’as-tu pas dans ton nid des oisillons que tu devrais protéger? Pourquoi moi? Est-ce ma faute si je suis là, si je suis l’autre, celui qui n’existe pas que dans les chimères d’une vie que tu n’as point eue? Pourquoi je devrais essuyer cette larme sur ta joue, cette lourdeur qu’est ta vie, je ne suis pas le sauveur de tes erreurs. Je sais, j’ai été là, j’ai écouté, désiré, rêvé d’impossible et me suis ressaisit, mes valeurs ont refait surface dans la nuit. Je suis en âge d’être heureux, trop jeune trop sérieux, trop tard tu as montré que tu étais intéressée. Combien de fois est-ce arrivé? Toujours serait une réponse sincère, jamais tu n’as voulu partager mon univers. Aujourd’hui tu vois ce que t’as laissé la vie, tu aimes tes enfants, mais ton mari? Désolé je ne suis pas la porte de sortie. J’ai su taire mes cris, à travers le temps je les  ai endormis. Tu veux ce que j’ai toujours été, trop tard tu l’as réalisé. Mais pourquoi serais-je le remède de tes choix? N’as-tu jamais pensé à moi? Moi non plus ne t’inquiète pas, mais j’ai changé, je crois. Mon coeur doucement enflammé restera ainsi pour l’éternité, mais dans mes yeux plus jamais tu ne verras briller ce désir nostalgique de n’avoir été pour toi qu’un deuxième choix. D’une tristesse qui me fait mal au coeur, j’ai compris aujourd’hui que je suis le vainqueur, car si à première occasion tu m’avais choisi, ça aurait été moi ton triste mari.





Réveil de mort

9 01 2011

Et si c’était que ça. J’ai simplement arrêté. Tout. Vraiment tout. Des jours sont passés et je suis resté là, sans bouger. Ça commencer malgré moi, mon corps me parle parfois. Tout tournait, tout m’étourdissait et je perdais pied chaque fois que je voulais recommencer. Là tout est arrêté. Comme si j’avais fait pause sur ma vie. Comme si je l’avais arrêté, pour une période indéterminée. Cloitré dans un coin du salon, me nourrissant que d’histoires tristes, de musique, d’histoires trop parfaites ou surfaites simplement pour me provoquer! J’ai comme l’impression que ça a un peu fonctionné. J’ai reculé devant tout, devant moi, devant ce que je ne voulais pas. J’ai regardé attentivement le temps, doucement. L’ermite que je suis devenu est bien. Dans un coin assis, il caresse les cheveux de son ami. Il dort encore, depuis près d’un an, épuiser d’avoir tant cherché, épuisé de ne pas s’être reposé avant, bien avant que vienne le temps où par manque de force il sombrerait dans un sommeil si lourd que sa tête se fracasserait sur les pierres en plein jour. La bête dort, d’un moins profond sommeil, commençant à s’activer enfin. Le soleil se lève caressé par le vent. Je suis mort, tu sais, lui dis-je dans l’oreille. Je suis mort enfin. Enfin une partie de moi, décédée comme ça, de faim, de ne pas l’avoir nourrit comme je le faisais si bien. Je ne l’ai pas fait simplement pour te redonner des forces mon ami, simplement pour que tu comprennes aussi. Je t’ai tant cherché sans même bouger, chaque jour où immobile, la vie ne me laissait plus son mobile. Vais-je vers un jour nouveau ou recommencerais-je encore une fois ce manège. Je n’en suis pas encore là, car je sais que je dois simplement doucement m’éveiller.