J’hachure des lettres dans un grand cahier. Des lettres que j’ai écrits que tu m’as écrites par le passé, un travail ridicule qui ne pourrait rien changer. Je lis, je me souviens, je m’ennuie. Je ne m’ennuie pas de toi, non, je m’ennuie de cela. Tu te souviens, ou peut-être pas… Peut-être ne te souviens-tu plus de comment c’était, peut-être le vis tu encore et ne le voit plus, déjà. Mais moi, je suis là, la mine tranquille, à trouver la télé insupportable d’y voir afficher dans chaque scène que je peux regarder, ça me rappelle encore ça. Je ne me souviens plus où s’était parti, où c’était rendu, maintenant je sais que c’est là, ça revient doucement, la solitude n’aidant qu’à me souvenir de ce que c’était, je me souviens. Même mes oreilles chantent de l’intérieur, comme pour faire fuir la peur et on dirait que lentement le silence s’efface. Ce silence dans mon isolement qui prenait son temps, comme pour me laisser croire que plus jamais, je n’allais avoir envie de tout cela. À l’aube d’un plancher même pas dégeler mon coeur tente de se supporter dans cet espace trop grand. Mais je sais qu’il n’est pas le temps, que je n’ai pas la chance, que j’ai besoin de cet espace. Je me souviens maintenant que ça existe, encore, quelque part et que j’y mordrai encore à pleines dents.
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