Les matins monochromes

13 03 2011

Il y a de ces matins, remplis de gris, de blanc et d’idées noires. Il y a des ces matins sans pluie où simplement je m’ennuie. J’ai l’âme lourde qui traîne ses boulets. J’ai l’hier qui laisse mon coeur de pierre et le demain rempli de chagrin. C’est un aujourd’hui comme ça, un aujourd’hui qui ne dure pas, qui se termine au même endroit que je me suis levé. Par chance, le temps passe, pas toujours comme on aimerait qu’il le fasse, mais il passe. J’ai banni de ma vie ces histoires non finies, ces hier sans demain, ces hier où j’étais si bien. Je me suis plongé dans le noir d’une solitude qui ne me donne aucune certitude. J’ai dormi, un peu juste un peu pour me refaire l’énergie que j’ai brûlée toutes ces années à apprendre qui j’étais. Ces avants qui justifiaient mes écrits, ces après qui existent toujours, comme de vieux souvenirs d’amour. J’ai laissé disparaitre ce regard ambitieux qui semblait dire « je te veux » pour me tourner vers ce que je suis et c’est surement mieux. Aujourd’hui, je ne ferais que fermer mes yeux, je te laisserais caresser mes cheveux, égoïstement, pas parce que je ne pense qu’à moi, mais simplement parce que j’ai l’âme lourde et tu la rends plus légère, un peu comme le vent. Je n’y retournerai pas, pour moi, pour toi, même si cette pause n’était que pour éviter le trépas de mon coeur qui reste quand même bien en place. Je suis si loin de tout, de ça, de cette chaleur qui émane de moi. C’est simplement bête, simplement moi que j’attache à chaque fois, mais pourquoi, mais pourquoi? Bien que j’attends que se dépose la lie, ai-je à attendre qu’elle se solidifie. Je suis là, ce matin, avec l’intention simplement de te dire prends-moi.