C’est que lorsque j’ai arrêté que je l’ai aperçu, d’une certaine lenteur, mais toujours présent, le mouvement. Un jour, il a resté que mes doigts qui pianotaient ici et là, allongeant les temps d’arrêt entre chaque répétition, mes mots se faisant plus rares, mes phrases dispersées et mes textes de plus en plus absents. J’ai arrêté ce que je connaissais le plus, tourner en rond, un instant, longtemps, souvent, sans un réel moment de recul comme maintenant qui fait que je comprends. D’un pas devant, derrière, je me suis immobilisé, essoufflé de courir, de pleurer, d’être toujours à la recherche de quelque chose, quelque part, quelqu’un. J’ai regardé de tout coté, simplement pour me rassurer, me rassurer que je recherchais toujours et j’ai continué, lentement dans le temps, comme cette horloge grand-père qui bat le temps de sa cuillère, va-et-vient incessant, derrière, devant, derrière, devant. Mon pied faiblit bien moins rapide que mon coeur qui n’en peut plus. Je ne sais pas si c’est toi qui m’as arrêté ou bien si c’est moi, amer amour et triste amant, qui me suis brûlé quand je me suis trop souvent approché. Peu importe, c’est la vie qui m’emporte, doucement, me disant simplement attend. Attends, ne t’es tu pas regardé un instant? Devant la glace mon coeur de glace prend toute la place, l’espace. La peur qui coule de mes prières bien vaines m’immobilise maintenant, mon regard n’est plus que mes yeux et cette tristesse d’avoir perdu ce que j’avais de plus cher dans tout ce mouvement. Mes mains bougent toujours, je ne suis pas mort, mes doigts toujours remplis de passion tapent doucement des mots qui me rappellent souvent, comme un vent de printemps d’un matin gris où l’on entend la pluie. Comme sur la glace, à ma fenêtre enfin je l’aperçois, lentement se dessinent les contours de la personne que j’avais depuis longtemps perdue. C’est de passion et d’hésitation que mon reflet déambulait enfin. Comme un peu vide, comme un peu clair, je me suis revu enfin, vu sans vouloir me cacher, mais avec une certaine peur d’avancer.
Le mouvement
16 08 2011Commentaires : 3 Comments »
Étiquettes : passion, Temps, Vie
Catégories : Bonheur, Me moi, Perceptions
Mourir c’est vivre comme le feu
7 08 2011Qui m’a allumé ainsi un beau jour dans ma vie. Comme cyclique, j’ai été conçu à la lueur de ton front, un soir d’été et d’humidité. Depuis je brûle, je me consume, doucement, dépendant comment la vie me nourrit. Toute ma vie, je n’ai été que crépitements, ici, là, à simplement faire briller l’oeil solitaire des gens qui traversait doucement ma route. Fixe et instable, à la croisée des chemins je reste là, et tout passe, comme le vent qui me calme un instant. J’illumine la nuit d’une rougeur vive, le rouge de tes joues à la candeur d’une caresse. J’ai vu passé plus d’un passant de passage, toujours le même paysage. Tu as traversé le temps, mon espace, un temps dans mon espace que je ne peux jamais fuir. J’ai vu la mort, la vie, l’amour de façon douloureuse, d’un regard triste et chaud, j’ai caressé ta peau. Parfois, d’une main habille on m’a entretenu, tenu d’être ce que je faisais de mieux, réchauffé. De torrent d’eau salé on m’a saboté, un jour où plus faible, j’avais ce même labeur, cette même chaleur. Même en braise, j’ai osé demeurer, le temps qu’on m’affectionne et qu’on me redonne l’allure des feuilles d’automne. Je suis feu, je suis automne, je suis l’âme brûlante, paranoïa du mouvement, je suis ce que je serai jusqu’à ma mort, vivant.
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Étiquettes : mort, Prose, Vie
Catégories : Le Là, Solitude