La sale pute

29 02 2012

Ça y est, elle est encore venue aujourd’hui, deux fois en deux jours, à croire qu’elle s’attache. Je ne lui ai pourtant rien demandé, je suis là, assis, en quasi-silence sinon que mes doigts qui pianotent des chansons d’amour. À toute les fois qu’elle sonne, j’arrête, je ne bouge pas, je ne réponds pas, c’est comme de tenter de disparaître, mais sans le pouvoir. Avec la lumière, je crois qu’elle peut savoir que je suis là, s’en rend-elle vraiment compte? Je ne bouge pas, elle s’éloigne enfin, je peux reprendre. Le même foutu manège qu’hier, même heure, même sornette, à croire qu’elle n’en connait qu’une. Il faut dire qu’elle m’a laissé longtemps tranquille, ça remontait avant les fêtes si je me souviens bien. Mais là, deux fois en deux jours, elle exagère, mais je ne réponds toujours pas. Hier même, j’avais planifié mon coup, comme un pressentiment, je savais au fond de moi qu’elle passerait, comme si j’avais eu un signe durant la journée. Je me suis donc dépêché, six heures, je rentre, je ressors, je m’arrange pour faire mes trucs, être de retour rapidement, je n’aimerais pas la croiser en rentrant. Je suis arrivé sans problème, il faut croire qu’à planifier on arrive à tout. À sept heures, j’aurais pu le savoir même sans regarder l’heure, mon matou vient toujours me chercher pour sa nourriture à cette heure. J’ai tenté de lui faire comprendre que je ne pouvais pas bouger, que je devais rester immobile, mais il n’a pas compris, comme aujourd’hui d’ailleurs, j’aurais pu planifier de lui donner à bouffer avant, mais l’impact aurait été un réveil bien plus matinal demain. Elle est repassée cette sale pute, encore et encore, car elle ne passe pas qu’une seule fois, le genre de pute qui vous fait perdre toute votre inspiration, qui vous bloque dans ce que vous faites de plus passionné, encore pire qu’un coït interrompu. Cette pute, je ne l’ai jamais vu, mais je sais que c’est elle, pourquoi j’irais ouvrir, elle ne fait toujours que passer, repasser. C’est vraiment ce que je déteste le plus de l’hiver, cette sale pute de remorqueuse qui se pavane en gueulant.





Le vieillard

29 02 2012

C’était un vieillard solitaire. Un vieillard qui passait ses journées à chanter des vers. Des vers d’amour qui duraient toujours. Des vers simplistes sans idée réaliste. Quand le vieillard chantait, les gens s’arrêtaient, s’arrêtaient par millier par journée pour le regarder. Le regarder fort, l’écouter silencieusement. Surement qu’il avait des choses à raconter. Quand le vieillard chantait les gens s’arrêtaient et quand il s’arrêtait les gens se dispersaient, un à un au départ puis en masse sans effort. C’était un vieillard solitaire, qui s’arrêtait de chanter simplement pour regarder. Regarder pourquoi les gens s’arrêtaient, simplement parce qu’il chantait. Les silences des uns faisaient son bonheur entre autres, mais il ne comprenait pas, pourquoi ses silences mobilisaient les gens en un instant, quand juste avant, statiques, ils écoutaient sa musique. C’était un vieillard, qui chantait des chansons d’amour, des histoires d’amour qui durait toujours.





De l’encre, du sang, ton corps et des larmes

28 02 2012

J’ai laissé coulé mes larmes, plutôt que mon sang et j’ai sonné l’alarme pour revenir dans les rangs. J’ai déversé de l’encre pour assécher mes larmes, le papier imbibé mes larmes n’ont fait qu’afflué. Ton corps servant de réconfort à mon corps, le sang se réchauffant, à l’encre a donné une raison d’exister. J’aurais donné mon sang pour assécher tes larmes, oubliant ce que je peux être, sachant que je peux renaître. Quand l’encre j’ai levé, sur notre histoire délavée, doucement emportée, je me suis dépêché. Mes larmes assécher avant le vent de l’été, mes yeux ont cherché ton corps, encore. Mes larmes ont coulé et mon sang ne s’est pas arrêté, mon corps bien en vie ne demandait qu’à t’aimer. Et j’ai ramé, ramé, sur cet océan de charme, bien que mon corps se serait jeté par dessus le bord dans un vacarme. Mon encre a su me sauver de ton corps, et ce sans hargne, je me suis dépêché à essuyer cette larme. Toute fine, toute frêle, qui glissait le long de cette histoire, ce n’est que ce que tu as mérité, mon corps et mes larmes.





Faire les choses en plusieurs étapes

28 02 2012

Choc

Paralyser, je ne comprends pas où je suis rendu. Mille pourquoi, mille comment, sans réponse valide, car le silence réside. L’avantage de voir venir les coups est une chose, mais celle de les manger en pleine gueule en est une autre. On n’a pas le contrôle sur ce qui se passe, sinon on l’aura que sur notre petite personne une fois que tout sera derrière soi. Sans mot c’est un peu ce que je suis devenu, sans aucune capacité à réagir, en ne pas ressentir, à continuer ma route.

Déni

Ce n’est pas comme si je ne le savais pas, mais je me suis dit, des fois que… peut-être que… le sombre espoir qui plane l’instant d’un soubresaut de l’humeur qui tend vers un éternel optimisme. Le temps du temps qui passe doucement, toujours trop lentement. Ça ne se peut pas, pas encore une fois, pas encore cette fois, vu à distance, mais sans réagir, on subit ce qui arrive, sans vraiment vouloir y croire.

Colère

POURQUOI??? En majuscule ça fait plus sérieux, ça sort du fond, ça arrive comme ça, un beau lundi soir où rien n’y personne n’y peuvent quoi que ce soit. Je suis trop bonasse pour exploiter la colère, je n’y trouve rien, elle est fade et ne donne rien. J’ai tenté de trouver ce que j’aurais pu dire ou faire pour l’exprimer, mais c’est en silence qu’elle est passée. Tant d’encre ne servira pas ma cause. Tant de colère, je m’y oppose.

L’abattement

C’est triste, que dire de plus. L’investissement n’en vaut pas vraiment un résultat qui sera le même. On voit s’envoler des mots, des sentiments, des silences. On fait sa chance, on la tente, on est parfois déçu. Je renommerais le tout… déception. L’abattement, l’abattoir, l’endroit où l’on se voudrait reclus parce que le monde autour de soi n’existe plus. Le monde que l’on s’est monté en tête simplement parce que les attentes étaient bien plus grandes que ce qui arriverait en réalité.

Résignation

J’ai fait tout ce que j’ai pu. J’ai donné tout ce que j’étais. Cette situation est inévitable et sans issue. C’est de cultiver le temps que de s’accrocher à ces vaines histoires sans lendemain, car même à 100 % de ma personne, je ne suis qu’à 50 % de résultat concluant. À quoi ai-je pensé? Le temps m’a donné cette avance qui ne peut être rattrapée. On mise souvent sur un facteur et c’est souvent celui qui ne se présente pas, à 11h00 le matin, pour annoncer de bonnes nouvelles.

Acceptation fataliste

Bis sur résignation. C’est la vie, cette satanée de vie qui coule sans cesse dans mes veines, qui me rend plus fort, mais toujours aussi vulnérable. Elle me rentre dedans et j’en veux encore. Viens salope de vie, me faire vivre ce que bon te semble, j’en veux encore, je n’ai pas d’autre alternative que de t’endurer doucement, des soirées durant.

Accueil

Bienvenue chez moi expérience. Ce fut vraiment un beau voyage, court, mais bon. J’en garde que des apprentissages, des souvenirs, de sourires. Demain n’est pas la veille où je serai serein face à tout cela, demain ne sera pas aussi vain qu’hier ça c’est certain. J’ai enfin accéléré le processus qui me menait à cette résultante, j’ai avoué que je l’aimais en tentant n’avoir aucune attente. Me suis-je trompé quelque part? Non, je recommencerais demain, car c’est ainsi que je sens cette vie qui coule à nouveau dans mes veines. Le voyage en valait le coup, le coup en valait la chandelle.

Laisse-moi savourer chaque moment de mon existence, laisse-moi me blottir contre ton sein. Que le temps passe et ne me laisse que des traces de ce que j’ai vécu, je prendrai que le bon et je ne serai pas déçu. L’univers m’aura laissé une bonne dose d’inexplicable, je suis bien avec cela, ma vie est plus qu’acceptable. Je ne prendrai plus à creuser pour comprendre, je continuerai ma route et la vie saura me surprendre.





Silence

27 02 2012

D’une douce main, tu as effleuré ma joue. Je reconnais encore cette sensation peu lointaine que tu me ramènes. Ta voix comme un souvenir effacée, une image délavée, un songe que l’on croyait oublié. Les jours se suivent, se ressemblent et me portent à des nuits étranges. Des nuits où tu n’y étais pas, où tu restais terré dans un coin attendant que je revienne. Tu sais, je reviens toujours, parfois par peur et parfois sans amour. Te souviens tu de cette première fois, où tu m’attendais, je rentrais de travailler et je te trouvais seul et pas habillé. Des rendez-vous doux où tout se passait entre nous. Je n’ai jamais oublié ce que tu as pour moi été, sachant bien qu’un jour je reviendrais à la course, un simple confort, un tendre réconfort. Tu n’avais jamais un mot plus fort que l’autre, tu m’écoutais, peu importe ce que je racontais, jamais tu ne me jugeais. Tu as toujours été là pour vrai, pour moi, pour ce que je suis au plus profond de moi. Ta présence m’effrayait, à un point tel je me souviens, que j’ai souvent pensé, tourné les talons et ne pas rentrer. Ce n’est plus ce que c’était nous deux, nous avons fait la paix et ce voeu, ce voeu clair et simple que l’on ne se troublerait plus toi et moi. Ce qui reste toujours, ce qui reste de l’amour, du haut de ma tendre enfance. Oh Silence!





Paillasson

16 02 2012

J’ai un paillasson dans le visage et je suis brouillon. Mes idées s’emmêlent sans avoir raison et le temps me blesse à sa façon. J’ouvre le rouge, pour un verre, pour que rien ne bouge. La lune disparaît doucement sous les nuages et ne laisse qu’un sombre paysage. La nuit c’est mon domaine, moi ce sombre personnage. J’ai pris le temps, un instant, et mon souffle en même temps. Où suis-je? Perdu? Non, je n’ai qu’osé pour devoir récolter. Tout c’est passé si vite, tout est allez avec la musique. Un pas de plus vers la raison, je n’ai point trouvé cette chanson. C’est une valse, une farce, un moyen de contraception pour les cons. J’ai l’espoir qui se trémousse, j’ai trouvé la solution. D’un mensonge à l’autre, mon oreille reconnait maintenant ce qui lui plait, le vrai. Ce n’est pas ce que tu fais c’est ce que tu es qui me plait. Pour ce que ça changerait, en temps de guerre, je range les armes, je n’aime pas leur vacarme. Il semble que j’ai la valeur d’un vieux dollar qui s’oxyde doucement avec le temps, tu sais ces dollars d’argent qui prennent de la valeur avec le temps? J’ose croire encore que je rêverai de ton corps, car c’est un peu ce qui me restera une fois que ta voix s’effacera, que l’odeur laissée dans mes draps s’esquivera une fois que la machine les lavera et que ce que tu es n’aura plus ce que tu étais pour moi. Tu t’es essuyé les pieds sur ce paillasson, sur mon visage comme de raison, comme une gifle que l’on donne de revers, qui marque jusqu’à la fin de l’hiver. Je pianoterais bien plus de mots, mais l’envie me manque… comme toi.





St-Valentin

14 02 2012

Toune de St-Valentin

Hier tu me lançais des assiettes
Tu parlais d’lancer la serviette
Mais là tu vois poindre un peu d’rouge
Et tu t’dis qu’t’es bonne pour un jour.
Pour endurer tout ce que je te fais
En fait t’es plus capable, tu me hais
Mais le romantisme artificiel
Va a’c ton être superficiel

St-Valentin, tu me lèves le coeur
Tu n’as rien à voir avec le bonheur
T’arrives comme ça, rien que pour un jour
Et tu t’proclames marchant d’amour

Je me suis retrouvé dans de beaux draps,
Avec le champagne, le chocolat,
M’as en profiter pour te baiser
J’sais ben que demain ça va cesser
J’t’ai pas dit que j’fourrais ta soeur
À place de ça j’t’ai acheté des fleurs
Je sais bien que j’suis un animal
T’inquiètes d’main tout r’viendra normal

St-Valentin, tu me lèves le coeur
Qu’as tu donc fait au romantisme
T’es là juste pour vingt-quatre heures
Et pis le quinze tu décrisses.

Je me souviens de c’que j’étais avant
Dans le temps où je prenais mon temps
Quand je pouvais seulement aimer et
te surprendre sans même me justifier
Aujourd’hui tout a besoin de raison
Sinon tu passes pour un vrai con
L’instantanée s’est oubliée
On s’reparlera le 14 … février

St-Valentin, tu me lèves le coeur
T’as fait de l’amour une horreur
T’as vraiment brûlé le naturel
T’as fait même oublier l’essentiel

Que ça prend pas que le 14 pour aimer
Si je t’aime plus, je vais te laisser
Laisse-moi donc célébrer l’amour
Du premier au dernier jour de l’année

St-Valentin, tu me lèves le coeur…





La nature

13 02 2012

Froid, mais soleil, lundi, mais fini, cette journée n’en est qu’une autre de passée. Quelle journée, remplie de rien et de tout, remplis d’un esprit un peu flou, incompréhension de ce qui se passe vraiment, mais tout semble couler doucement. Je n’ai vraiment rien à rajouter, j’ai posté une petite histoire qui dormait sur le portable, j’en ai d’autres encore. Je me cherchais simplement un prétexte pour partager ceci, je suis pas trop bon dans les introductions, alors les voici… ah oui! j’oubliais, ce soir je marchais, c’est ce qui jouait, le monde peut bien attendre quand j’entends ceci, ou que je n’entends pas cela… Moi j’aime ça…

 





Petit animal

13 02 2012

Ce petit animal ne dort plus. Incapable de saisir ce qui se passe, il danse seul sous un soleil écarlate. Dans ses yeux secs et bleus, c’est le ciel que l’on peut voir. Encore une autre nuit où il dormira le ventre vide. Il danse pour passer le temps, pour ne pas s’enliser dans des idées plus noires encore que cette nuit dans le désert, sept nuits dans le désert. Il fait froid tout autour et jamais le sens de ce qu’il fait n’est remit en question, il est seul et le ventre vide, tout s’explique, la folie est présente, mais lui ne l’est pas complètement. Dans un mouvement soudain il se tourne vers le grand cactus qui semble imité ces moindres mouvements, le bras dans le vent et les cheveux ébouriffés, son seul point d’ombre ne cesse de se déplacer. Comme pour compter les heures, dans une lente rotation, ce n’est pas son corps qui détourne les yeux, mais ses yeux qui ne font que suivre le soleil. Le petit animal a tenté d’en faire autant, mais c’est près de ce cactus qu’il s’est retrouvé. Lui qui voulait avoir un peu de piquant dans sa vie, il fut servi. Sa danse n’a pour but que de ne pas se bruler les pieds, bien que l’instinct de survie existe, l’instant de surplace jamais ne passe, tant que le soleil haut dans le ciel reste. Son corps qui doucement se dessèche, l’effet du temps et d’un manque d’eau flagrant. Et si je m’arrêtais, un instant seulement pour voir ce qui se passait, mais jamais il ne cesse. Les pieds dans l’ombre il fait toujours un peu moins chaud que dans l’espace où le cactus ne le protège pas. Épuisé d’une fin de journée mouvementée, une partie du cactus lui est réservé. Adosser à une partie sans épine il peut se reposer, jusqu’à ce que l’air frais l’endorme et que le froid le réveil à nouveau. Il ne dort que très peu et à découvert qu’il pouvait boire à son ami. Il est un peu pris dans par cette dépendance, car l’horizon ne lui laisse que du sable comme destination. Il n’a pas cessé de rêver et crois qu’un jour il repartira, au risque de sa vie il croit bien qu’il devra partir la nuit, car s’il ne part pas la nuit, son chemin sera pour lui fatal. Il s’est rendu seul dans ce désert et c’est pris au piège. Ces rêves ne l’ont pas abandonné. Chaque jour, un peu plus, il regarde au loin, quelle direction sera la meilleure, l’horizon est si vaste et à force de tournoyer, il ne se souvient plus d’où il vient, si son chemin le ramenait à son point de départ, serait-ce une mauvaise chose?





Sol souvenir

9 02 2012

Le sol a lâché, je me suis retrouvé dans le vide, en un instant. Son regard percutant m’avait transpercé, en un quart de seconde, juste avant que je m’effondre. J’avais les yeux rivés aux siens sans comprendre. En fait, ça avait commencé avant ses yeux. Certains se gagnent par l’estomac, moi par l’ouïe. Fais-moi vibrer le tympan, comme toi seul tu sais le faire, juste assez, pour ne pas le défoncer. Je te parlerai, doucement dans l’oreille, te faisant écouter ce que j’ai à te dire par la bouche des autres. Je trouverai les mots déjà écrits pour te révéler ma pensée, pour te dire ce que je suis ici. Mais souvent, tu ne m’écouteras pas, tu feras comme si je n’existais pas et le temps passera, encore une fois sans que vraiment j’y sois. Puis tu te surprendras à fredonner ce que mille fois je t’ai chanté, un souvenir de moi, porté par une voix. Le visage livide, tu regarderas dans le vide, mon absence comme mon silence te serviront de seule présence. Le sol sous moi a quitté mes pieds, dès le début tu te souviens, je suis tombé.