10 minutes random

6 02 2012

J’ai 10 minutes à tuer, 10 minutes parce que le bus m’est passé sous le nez comme ça, quand je me suis pris les pieds dans la musique qui me rappelait un peu mon histoire. Des histoires tristes, de belles histoires, assez pour faire manquer un autobus. J’aurais pu marcher, mais j’ai envie de lire et les mains au froid c’est déplaisant et j’aurais du continué à écouter cette musique qui me rend tout bleu, presque noir. J’ai l’impression d’avoir avalé cette patate chaude qui faisait que je mâchais mes mots, elle est rendue dans ma poitrine, elle doit faire au moins 100 kilos, je n’ai pas pris de chance, je me suis pesé, tout est normal, mais elle fait quand même mal. Au lieu de mâcher mes mots, c’est la patate que j’aurais du mâcher, elle aurait surement passé avec plus d’aisance. Aujourd’hui c’est un jour gris 67 %, c’est assez foncé compte tenu de ma couleur. C’est pourquoi je me suis habillé en noir, encore, avec cette foutue cravate que tout le monde trouve belle, une cravate noire qui sait cacher ses couleurs, une cravate pour panser mon coeur. Les gens me trouvent chics, mais ce n’est jamais adéquat comme commentaire, une cravate pleine de fleurs pour que l’odeur camoufle le deuil, la peine, me réconforte. J’aimerais avoir une cravate mécanique qui pourrait me prendre dans ses bras, elle saurait quand, car elle reposera toujours sur mon coeur. Triste, je ravale par gros morceaux deux tristes défaites. C’est plus le même mal qu’avant, c’est un mal qui me pousse en avant. Tous ces mots que vous lisez, je ne les ai même pas pensés, ils me sortent doigts du coeur. Et si j’écrivais mon histoire, comme les cent gars du quartier qui se sont fait publier, à croire que c’est hanté par ici, combien d’âme aigrie ravale leur bonheur simplement pour avoir mal choisi ce qu’il croyait être une fleur. J’ai 10 minutes à tuer, comme toute chose à une fin, bien souvent la nôtre, je devrais me hâter pour ne pas de nouveau le rater.