J’ai cette fumée qui m’aveugle un peu. Dehors je ne vois pas très loin, dedans c’est encore pire. J’ai ce truc dans la gorge, qui pèse et qui ne bouge pas, ce genre de truc de gorge qui à plus tendance à sortir par les yeux, mais que je fais sortir par les doigts, parce que mes mots comme un mouchoir essuient mes larmes. J’ai peu de raison, pas d’explication, juste le vague à l’âme, le cafard, les bleus, un mélange de nostalgie et de mélancolie. Inexplicablement c’est là et ça passera. J’aide un peu les choses, je m’acharne, je lacère ma chair de tes souvenirs, douloureux, d’hier, profonds. J’ai pris le temps de me souvenir de tes mots, de tes mouvements, de ton odeur, celle qui se trouvait sur ta peau. Je martèle ma tête de souvenirs, simplement parce que je me sens en vie comme ça, je n’ai peut-être jamais appris à être heureux quand ce n’est pas douloureux. Je laisse tout me traverser, doucement, ton regard comme une lance dans mes souvenirs, mon coeur souffre, meurt, vit. Me reste-t-il une place, une petite, simplement pour me reposer? Me reposer un peu, rêver de toi, m’ouvrir les veines à coup de souvenirs, simple masochiste, j’aimerais faire autrement. J’ai le mal de toi, ce mal qui ne s’en va pas, qui s’éloigne et qui revient au combat, m’assassiner un peu plus chaque fois, jamais la même lame, jamais au même endroit. Et si je laissais guérir un peu…
Cette fumée
17 03 2012Commentaires : Leave a Comment »
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C’est un peu tabou
17 03 2012C’est un peu comme ça des fois, on ne sait pas trop pourquoi, comme un jeu de chat et de souris, mais avec les rôles qui changent, dans le temps, juste pour faire différent. Au début, on n’aurait jamais pensé à ça, ce n’était même pas possible, demain, tu te maries. Tu te maries pas avec moi, qui pourtant avait reçu de tes mains cette notice qui m’avait fait arrêter le coeur, un instant, puis rebattre à nouveau, j’étais loin, ça fait longtemps, j’étais l’homme de ta vie. Si loin, tant de promesses, le temps se jouait de nous, on dansait de façon asynchrone, ensemble, mais dans des villes différentes. Maladroit, je me marchais moi-même sur les pieds, peur, oui peur. Peur d’une proximité, de voir, de sentir, de savoir que c’est comme ça, que ça existe, de croire que ça peut exploser, en silence. Le temps a délavé nos conversations, nos illusions, on s’est gardé loin l’un de l’autre, pour se protéger, pour oublier ce qui n’a pas existé. J’ai su, de façon burlesque, que ça arrivait, toi, toujours là-bas, dans les bras d’un pays qui n’est pas le mien, dans ces bras que je n’ai jamais pu t’ouvrir. Je navigue entre deux eaux, triste de n’avoir jamais essayé, heureux de te savoir comblé. Demain tu te maries, c’est un peu tabou, on n’en parle pas, ça fait partie de notre chorégraphie.
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