Faim

15 04 2012

Je ne vous nourris plus, car j’ai faim. J’ai faim, du lever le matin jusqu’au coucher le soir. Toujours sans discrimination, je mange, mais j’ai faim. J’ai cette faim de vie avant que le temps ne me donne cette fin de vie, j’ai envie, simplement un instant de manger à ma faim. J’enregistre mes brouillons qui restent dans le brouillard, j’accumule les rimes simples, le sourire dans le regard. J’ai envie d’autre chose, j’ai envie de toi. J’ai envie tout d’abord de moi. J’erre sans cesse dans le temps qui me bouleverse, il passe et me lasse. J’ai tenté de savoir où j’allais, je vais là où j’ai toujours voulu allez, en silence, dans un réservoir où mes mots s’entassent sans cesse et où je rêve d’allez en marchant à l’opposé. Je regarde les gens qui souffrent et me regardent, on ne peut pas comparer des différences, mais on s’y risque pourtant dans une folle cadence. Les gens seront en désaccord avec mon accord et critiqueront ce que j’aurai écrit, lapidez moi de mes propres mots, lapidez moi de vos propres mots, alimenter mes histoires, mes craintes et mon espoir, mais ne tuer jamais ce que je ne vous ai pas obligé de faire.





L’un ou l’autre

9 04 2012

Avec mes ongles, j’ai creusé un trait dans la peinture, un trait de plus qui me fait dire qu’il y a longtemps que je suis là, seul, enfermé. Je ne sais pas si j’ai envie de les compter, je sais simplement qu’il y a un bon moment que je suis là. Peut-être que je n’ai rien compris, je n’aime pas faire comme eux, dehors, prétendre que tout va pour le mieux, prétendre que c’est différent, qu’on s’étourdit et qu’on oublie. C’est comme de mettre un baume sur la douleur, un peu d’alcool, un peu de fumée pour échapper à ce que l’on a créé. Je me suis retiré, simplement pour me reposer et ça ne marche pas, pas totalement, pas comme je l’aurais espéré. Rien ne s’efface, rien ne disparaît vraiment totalement avec le temps. J’aurai beau repeindre mon mur, les traits que j’y ai gravés resteront en ma mémoire, me souvenir que j’ai tenté d’effacer des mémoires, en marquant le temps lentement. J’ai fait tout l’inverse, j’aurais du simplement faire comme tout le monde et m’étourdir, pour oublier, me rendre compte que le temps à passer et pas moi, je ne suis pas passé pour autant. Rien n’y fait, rien ne passe, accepte, ravale, tait ce que tu désires. Je suis tombé, encore une fois, et la bête vient me protéger encore une fois. Cette bête qui par désespoir fonce sur son reflet, histoire de répéter et tenter de comprendre encore ce qui lui fait tant mal au corps. Sans le savoir, la bête tue doucement l’homme à grand coup de vacarme dans l’âme, jusqu’à ce qu’il se tût. L’homme derrière là bête ne peut plus subir ce qu’on lui afflige et de désespoir crie, ne réveillant seulement encore un peu plus la bête. La blessure saillante prend son temps à passer dans l’oublie et la bête fait son chemin… doucement.





L’esprit variable et les idées avariées

9 04 2012

C’est comme un mystère, tantôt je vais, tantôt je ne vais plus. Une sorte de cercle, un peu vicieux, un peu à l’image de celui qui l’a créé. J’ai l’esprit variable, d’heure en jour, de jour en semaine, j’attends que ça passe. Je suis aujourd’hui comme la température, plus gris qu’hier, mais sans raison particulière. J’ai les idées avariées comme ces fruits trop mûrs que l’on a laissés se putréfier. Je jette, je tente de jeter, je retourne dernière et ramasse encore ton corps délavé par cette pluie gelée. L’odeur se raréfie, je suis au bout de cette route, un précipice et cette envie de changer me troublent, un vague souvenir. Je perds le sens ce de ce que j’ai toujours voulu, comme inatteignable, mes doigts s’accrochent quand même au rebord, un instant encore. Comme cette main qui ne viendra jamais me secourir, l’idée en fait me vient te laisser mourir. Le temps passe tu sais, le temps passe et laisse sur mon visage ses rides creusées par mes larmes et de vieux sourires. Je n’ai plus la force d’espérer. Je n’ai plus l’imagination pour te retenir, encore, un instant, près de moi. Je t’ai tout donné, tout ce qui restait de mon coeur malmené par le passé. Sensible, tout me touche et me transforme.





Milieu

1 04 2012

Tantôt je me demandais, l’épicentre, c’est le milieu de quoi au fait? Ça pourrait être le milieu de n’importe quoi? J’ai regardé la définition, j’ai retenu que ça se passait à la surface de la Terre et que c’était un peu là où la secousse démarrait. Ensuite, je me suis mis à penser à toi, j’imagine que tu n’étais pas si loin parce que j’ai vibré un peu, pas autant que quand tu étais à côté, pas autant que quand tu te garais illégalement simplement pour pas que l’hiver ait pas le temps de te rejoindre sous ton manteau, la nuit, quand tu te mettais à trembler et que je me collais à toi, simplement pour mieux te sentir c’était fort. On n’y pense pas des fois à ça, peut-être qu’on est trop occupé, peut-être qu’on prend juste pas le temps de s’arrêter. Quand je pense à toi, je vibre. Je vibre un peu par habitude, parce que l’hiver est terminé. Je vibre comme un vieux souvenir qui prend son temps pour avancer, qui tremble un peu sur ses jambes rendues faibles, sur ses jambes aidées par une troisième. En fait, c’est vraiment comme avant, sauf qu’aujourd’hui, je vibre de moins en moins fort, de moins en moins longtemps. Un jour, tu as été l’épicentre de mes tremblements, tu me faisais vibrer comme personne, puis tu as décidé de t’éloigner, doucement, pensant que tout ça arrêterait, tout seul, peut-être comme si ça n’avait jamais existé, mais tu t’es trompé.





Faim pour froid

1 04 2012

J’ai faim. J’ai toujours eu faim. J’ai faim autant que je peux avoir froid. J’ai toujours eu froid. J’ai froid. J’ai toujours eu autant faim que froid sans toi. J’ai encore plus faim de ne te savoir pas là et mon lit, même si j’y suis, reste froid. La faim c’est pareil comme le froid. Le froid c’est pareil comme la faim. Il parait que l’on peut mourir de froid, comme les gens crèvent de faim. Il parait qu’on peut mourir de faim, encore plus quand il fait froid. La faim comme le froid, c’est un vide en soi. J’ai le ventre vide, le lit vide, donc je suis aussi livide, peut-être parce qu’aussi j’ai un peu froid. C’est ton vide qui me rend comme ça, chaque fois. J’ai comme l’impression de toujours avoir faim, de toujours avoir froid, je suis vide de toi. Ce n’est pas comme être vide avec toi, après m’être nourri de toi, là je n’avais pas froid. Mais là, le temps tic et le froid tac, le temps tic et la faim tac. La fin… Tac…





La liste

1 04 2012

Hier, j’ai fait une liste, une liste de chose à faire parce que je ne fais souvent rien dans un weekend. Dans le but d’améliorer la qualité de ce dernier, je me suis fait une liste, raisonnable pour deux jours. C’était comme un test, pour voir si l’ensemble de mes petites maladies mentales était capable de coexister. Ah oui, je ne vous ai jamais parlé de mes petites maladies mentales, on en a tous en fait… les miennes, la procrastination et un léger TOC. Si je vous disais qu’aujourd’hui je n’ai rien à faire, moi je ne serais pas surpris, la liste à eu l’effet escompter, tant que je la procrastinait pas et qu’elle restait réaliste, le reste, une fois sur mon bureau, je voyais les petites sticky-notes obsédants (merci Windows 7) et j’ai pu m’empêcher de tout faire… et même plus. J’ai arrêté de penser à elle, je me suis dit que je m’en servais un peu comme un frein à main, si je pense à elle je ne peux pas faire d’autre chose. Sur cette liste il y avait:

— Ménage
— Transcrire mes 32 pages d’un futur roman écrit à la main, vers l’ordinateur
— Commenter le projet de Elle (à ne pas confondre avec elle) donc relecture et commentaire sur près de 50 pages (la madame était contente, je pense)
— Ranger ce qu’il y avait sur mon bureau, une accumulation de papier que l’on reçoit de partout… un an de classement
— Impôts

Ça l’air de rien, mais j’ai eu le temps de tout faire, en plus de prendre quelques heures pour aller manger avec un ami, passé au marché Jean-Talon, écouter 2 films… j’ai comme l’impression d’avoir trouver une recette pour inventer du temps. Aujourd’hui… je suis un peu déboussolé par tout ça… je ne sais pas quoi faire… je crois bien que je vais me refaire une liste!

P.S. OK… j’étais debout à 5 h 30, mais j’ai quand même passé 2 heures devant un jeu vidéo…