Greedy green

5 01 2013

C’est dimanche matin, le soleil perce la maison par toutes les fenêtres. J’ai juste envie d’une chose, un café. La cuisine inondée de lumière me laisse voir ta silhouette tu es déjà debout, comme toujours avant moi. Je tente de te regarder, mais à contre-jour je ne vois que tes mèches qui s’étendent dans toutes les directions, on dirait que ta nuit a été difficile, j’ai ronflé? Je prends le temps de préparer le café, je sais que tu n’en bois pas, je te verse un verre d’eau pour te l’apporter au bout de la table. Ton allure jaunâtre ne me laisse pas de glace, qu’est-ce qui se passe? Tu es malade? J’ai pris le temps de bien te regarder, ça t’arrive parfois d’être ainsi, mais jamais complètement, je t’ai manqué d’attention? Tu sembles vouloir me quitter, te laisser allez, toi qui était au début si rayonnante, pleine de vie, parfaite. Je sais, je t’ai accordé un peu moins d’importance dernièrement, j’ai la tête ailleurs, j’avais pourtant dit que je ne te laisserais pas tomber, que j’allais être là pour toi, chaque jour, chaque semaine. Tu étais la preuve que je pouvais m’occuper de moi, de m’occuper de quelqu’un d’autre aussi. Au début ça allait si bien, tu te rappelles, il y a un an déjà que tu es entrée dans ma vie. Je prenais le temps, je te regardais, te parlais pour que tu ne t’ennuies pas, pour que tu saches que je m’occupais de toi. Je sais après, il y a eu l’autre, ce n’était pas sérieux cette histoire, je sais que tu l’as peut-être pris mal, mais je ne voulais pas te blesser, je voulais me tester, un peu, me prouver que d’être capable de m’occuper de toi, ne voulait pas dire que je ne pouvais pas m’occuper d’une autre en même temps. Je vois que c’est pas le cas, tu réagis bien mal, je n’ai pas pris le temps de t’expliquer, tu es la première, la seule qui m’importe, l’autre, voir les deux autres qui sont entrées après toi n’ont pas la même signification que toi, je sais que c’est difficile à comprendre, mais je te le jure que c’est vrai. En plus la troisième, j’ai dû payé pour l’avoir. Ce n’est pas dans mes pratiques habituelles, je préfère quand on s’offre ce genre de chose. Si tu restes avec moi, je promets de me consacrer à toi, de te redonner l’attention que tu mérites, celle du début, donne-moi une chance. Je ne peux pas vraiment laisser partir les autres, je me sentirais un peu mal, tu comprends, j’espère que tu peux comprendre. Tu signifies tellement pour moi, t’as été le début, je ne veux pas que tu sois la fin, si vite, je veux que ça dure, que tu restes, tu es si belle dans ses rayons de lumière. Ne perds pas ton sens, le sens que tu as pour moi, le sens que je t’ai donné, le lien qu’on a pris le temps de construire. Ne sois pas une preuve de plus qui démontre la fatalité de ce que l’on a bâti. Peut-être te sens-tu à l’étroit ici, depuis le temps? Je pourrais te donner plus d’espaces, plus de liberté pour t’épanouir, je suis prêt à t’entendre, à te donner ce que tu as besoin, mais s’il te plait, parle-moi, donne-moi un signe. Je n’ai pas envie que tu meures ainsi, que ton nom ne représente qu’un souvenir, que la nostalgie se mêle à la mélancolie. Saudade d’un Money tree.

Sujet: Une plante d’intérieur est en train de mourir. Dites-lui pourquoi elle a besoin pour vivre.





Ça goûte amer….

5 01 2013

Oui le pire repas que j’ai mangé goûtait ta mère… je suis désolé de te l’apprendre ainsi, c’était l’Action de grâce et je croyais que tout était pardonnable, pardonné… Depuis le premier jour où elle m’avait rencontré, je me disais simplement qu’elle me regardait d’un air avide, d’un air affamé, simplement pour mieux me dévorer. Au début, des yeux que je croyais inquisiteur, questionneur, approbateur. Ce soir-là je compris le contraire, comme obligé de me plier à la vie, obliger de me plier à ce que j’étais pour toi. Quelle erreur, remplacer le bonheur d’une soirée pour ta mère pour une vie avec toi! Il semble qu’on est maître de nos destins et que moi j’ai échoué, lamentablement. C’était l’Action de grâce tu étais là à mes cotés, sans un mot, ta mère me fit un signe, délicat de la tête simplement pour m’inviter à la suivre en haut. Dans mon innocence je la suivis, sans un bruit, au haut de l’escalier. C’est fou comme dans ta famille, rien ne se voit, personne ne remarque, on dirait que tout le monde s’en fou un peu, surtout ton père, les yeux rivés sur la copine de ton frère. Mes pas dans les escaliers sonnaient faux, chaque marche que je montais était une erreur de plus qui s’ajoutait à mon ardoise. L’impression de monter l’Everest sans en connaitre la satisfaction finale. J’arrivai dans cette pièce remplie de lumière, de plantes, d’un divan. La salle de lecture de ta mère. Je me demandais ce que je faisais là, sachant très bien ce qui allait se passer, ou en fin la raison, mais espérant toujours autre chose. Ta mère marchait de reculons pendant que j’avançais aussi de reculons. Elle fit tomber sa culotte le long de ses cuisses, releva sa jupe et s’effondra sur son divan de lecture, les jambes bien écartées. Je ne pouvais plus vraiment reculer, connaissant les talents manipulateur de ta mère et la situation de non-retour dans laquelle je me trouvais. Je n’avais qu’une chose à faire, m’agenouiller et prier pour que ce moment passe, le plus rapidement possible. Quitter pour un autre endroit dans ma tête, pour ce qu’on appelle notre « happy place ». C’est avec rigueur que je m’appliquai à ma tâche, en attendant de partir, attendant qu’elle vienne. Je ne peux pas vraiment dire ce qui c’est passé, comment ça c’est terminé, comment j’ai pu redescendre vous retrouvez sans me faire questionner, sans que ça ne paraisse. C’est quand même le pire repas de l’Action de grâce que j’ai eu de ma vie. Je voulais juste t’en parler, te l’écrire pour enfin m’en libérer et espérant effacer ce moment de ma vie.

Sujet : Le plus mauvais repas de l’Action de grâce