La lumière blanche pénétrait la chambre simplement pour l’illuminer, en partie, des rayons blancs jusqu’à cette boite toute brune dans un coin appuyée contre la bibliothèque. Le faisceau semblait souligner les lettres toutes noires de caractère gras qui formait les mots SOUVENIRS FRAGILES. Les lettres jamais défaites comme cette boite dans ce coin, des lettres qui renfermaient tellement toute la vérité du monde, un pléonasme vicieux qui force un retour en arrière. Un retour en arrière comme il en existe sur tout les claviers de la terre, un retour en arrière qui efface ce qui s’était passé avant. Des souvenirs fragiles. N’ont-ils pas toujours ce talent? Hier passe si vite que demain l’est devenu. Que sont devenus mes amours, mes amis, mes idées et mes aventures? Tous ces voyages, passé à penser pourquoi j’allais si loin pour me retrouver. Tous ces bras dans lesquels je me suis blotti, maman, amie, chérie… essuierais-tu ces larmes, car je ne me souviens déjà plus de cet hier fragile qui caressait ma joue encore innocente du revers de la main, où était-ce cette main de devant qui heurtait ma joue d’adulte violemment? Ces souvenirs effacés, transformer par le temps, le vent, les gens qui sont passés par après, simplement pour brouiller les cartes, ou ce ruisseau clair dans lequel je voyais le fond. Maintenant tout se confond, le sourire aux lèvres, je tente de me souvenir doucement d’hier, de comprendre pourquoi tout a été si vite, où je me retrouve aujourd’hui. Qu’est devenu le petit garçon qui faisait tout inconsciemment, par instinct? Je crois qu’il se réveil doucement, après avoir dormi, rêvé, pensé que la vie n’était que de longs souvenirs fragiles.
Au loin
14 05 2013J’imprime la déprime sur des circuits imprimés, minuscule et collée, par millier. Mes mots s’entrecoupent et se découpent comme les poignets de mal aimé. Je colle au silence, comme une virgule qui s’étire, je ne sais plus trop sourire. J’ai le point trop final, trop jeune, trop lourd, je serre les poings et je vomis à mon tour. Tout est trop calme, tout est trop lourd, toute l’insipidité d’un être âcre qui jette l’encre devant une page blanche. Les nuages sont plus noirs que mes pensées, mais la mer beaucoup moins trouble. Je m’arrête sur le quai, j’ai oublié de partir. On ne m’a pas attendu, on ne m’a pas demandé si j’allais, où j’allais. Si on me l’avait demandé, à cet instant précis, je n’aurais de toute façon pas su quoi répondre. Le résultat aurait été le même, je suis là. Les saisons s’enfilent, l’une derrière l’autre sans un mot, seul l’extérieur peut vraiment nous dire où on en est. Et même là, même la température ne semble plus sûre de ce qu’elle est. Je me suis assis au milieu de cette glace, au loin, le plus loin de cette ville, dans laquelle je ne ferai plus surface. J’attendrai patiemment que le temps change, que la glace me cède sa place.
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La veille
14 05 2013Ses mains chaudes m’ensorcellent à chaque fois qu’elle les pose sur moi, comme un remède grand-mère qui guérit toutes mes blessures. Ses yeux se posent sur moi, doucement, me lançant un sourire parfois accompagné de ses lèvres. Ses lèvres s’entrouvrent doucement, faisant place à sa voix, son rire ou encore mieux un baiser. Dehors, il neige à plein ciel et son envie de noël fait renaître le mien. Le temps passe et le vide comblé de sa présence m’enchante.
C’était un 18 décembre…
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Une question
14 05 2013Je m’effrite doucement, sans un mot, car même les corbeaux broient du noir. Je ne me suis pas trop demandé pourquoi, parce que je le savais. Je savais que je ne savais pas ce que tu pensais de moi, j’ai pensé que je pourrais te poser une question, une question qui engloberait toutes celles que je pourrais te poser, simplement pour avoir toutes les réponses. J’ai regardé dans les mots que je connaissais, j’ai tenté de les mettre ensemble, un à un juxtaposé pour enfin te la poser. J’ai voulu provoquer le bruit dans tes silences, aucune chance, te faire dire ce que j’aimerais entendre, comme tu le dis, ça ne reste que des mots, couvert de tes silences. Comment me trouves-tu? Tu me trouves beau? Drôle? Intelligent? Sensuel? Toutes ces questions ne répondent en rien à ce que j’aimerais savoir de toi sur moi, je suis couvert de silence. Que suis-je pour toi? On s’y rapproche, on y touche déjà un peu plus. J’ai l’impression d’être là, juste là, oasis du passé qui ne fait que patienter pour quelque chose que je ne m’explique pas. J’aimerais que ça vienne de toi cette fois, laissons faire les questions, les opinions, les silences, juste des mots pour rassurer ce vide que je ne comprends pas que je ne veux pas voir à la force du temps qui passe. Toute histoire différente est un peu pareille à la précédente. Je comprends les secrets, la position dans laquelle on se trouve, il y a quelque chose d’intéressant, d’excitant. Quand il ne reste que toi, que moi devant toi, c’est encore un secret que tu gardes pour toi. J’ai l’insécurité présente devant cette phrase latente, cette phrase qui ne vient pas de toi, que je ne veux pas forcer, que j’aimerais entendre simplement parce que le temps passe, parce que toi tu passes et tu ne t’arrêtes pas. Es-tu prête à avoir quelqu’un dans ta vie? Suis-je là maintenant parce que tu ne sais pas pour plus tard? Mes mots t’ont fait peur, tu ne t’y attendais pas, tu n’étais pas prête à les lire, les entendre. Je rumine, je m’épuise à pouvoir de dire, je ne me répète plus, fatigué d’un silence. Je marche sur des oeufs comme si mes paroles étaient pesées, je ne suis plus moi, je suis hors de moi. J’ai la nausée périodique due à ce vide de mots, vertige du verbe, je ne fonctionne plus à mon juste niveau. Pourquoi as-tu peur des mots? Ne sont-ils pas simplement le reflet de ta pensée, de ce que tu ressens? Peut-être ne ressens-tu pas ce que j’aimerais que tu ressentes pour moi? Ça y est j’y suis… Est-ce que tu m’aimes?
C’était un 12 février…
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