La lumière blanche pénétrait la chambre simplement pour l’illuminer, en partie, des rayons blancs jusqu’à cette boite toute brune dans un coin appuyée contre la bibliothèque. Le faisceau semblait souligner les lettres toutes noires de caractère gras qui formait les mots SOUVENIRS FRAGILES. Les lettres jamais défaites comme cette boite dans ce coin, des lettres qui renfermaient tellement toute la vérité du monde, un pléonasme vicieux qui force un retour en arrière. Un retour en arrière comme il en existe sur tout les claviers de la terre, un retour en arrière qui efface ce qui s’était passé avant. Des souvenirs fragiles. N’ont-ils pas toujours ce talent? Hier passe si vite que demain l’est devenu. Que sont devenus mes amours, mes amis, mes idées et mes aventures? Tous ces voyages, passé à penser pourquoi j’allais si loin pour me retrouver. Tous ces bras dans lesquels je me suis blotti, maman, amie, chérie… essuierais-tu ces larmes, car je ne me souviens déjà plus de cet hier fragile qui caressait ma joue encore innocente du revers de la main, où était-ce cette main de devant qui heurtait ma joue d’adulte violemment? Ces souvenirs effacés, transformer par le temps, le vent, les gens qui sont passés par après, simplement pour brouiller les cartes, ou ce ruisseau clair dans lequel je voyais le fond. Maintenant tout se confond, le sourire aux lèvres, je tente de me souvenir doucement d’hier, de comprendre pourquoi tout a été si vite, où je me retrouve aujourd’hui. Qu’est devenu le petit garçon qui faisait tout inconsciemment, par instinct? Je crois qu’il se réveil doucement, après avoir dormi, rêvé, pensé que la vie n’était que de longs souvenirs fragiles.
Je crois que tu apprécierais le tout petit et tellement magnifique livre de Jacqueline de Romilly intitulé Les révélations de la mémoire. J’ai lu la première histoire (surtout) et les 50 premières pages d’un souffle. C’était à la toute fin de sa vie, alors qu’elle avait perdu la vue.
Merci bien d’être repasser 🙂 Content que tu apprécies toujours!
C’est beau, doux et serein, ça fait du bien de te relire