Le sacrifice

25 05 2014

J’ai marché, droit devant, sans comprendre vraiment pourquoi. J’ai marché en attendant d’atteindre ce que je voulais pour toi. J’ai mis pour une dernière fois, mon masque de quidam, pour disparaitre en silence, pour te laisser cette chance. Encore une fois, sans savoir vraiment pourquoi, l’évidence s’est présentée, le temps d’une danse, le temps d’oublier, de m’étourdir et de t’aimer. Mes pieds ne touchent plus terre, mais je dois me taire. Un sacrifice de fou pour encore te plaire. Une illusion nocturne, qui est qui, les mensonges sont toujours les mêmes et ils les entretiennent, non par amour, mais par habitude. Je veux du vrai, je veux, toucher le coeur de mes doigts, sentir cette chaleur qui lui font perdre sa cadence, je veux dormir près de toi. Demain ne sera différent en rien, car le silence règne, comme ce roi muet qui me pointe du doigt, ordonnant au bourreau de laisser tomber la lame sur mon cou, mes yeux rivés sur ce dernier, mes yeux rivés sur ma propre image.





D

19 05 2014

Délire divin de désirer la douceur de tes doigts descendant mon dos. Dormeur disloquer depuis déjà cette date distante. Diplomate disparu ou discret, je décide de diverger doucement. Docile divisé, je dois me divertir, mais je ne désire, ni la drague ni la drogue, seulement cette distance des discours directs. Pas de disputes, pas de direction, je reste diffus dans cette digue. D’ici devenir digne, directe et diligent, je dois dormir, doucement, dans la douleur des démons diaphanes. Dis-moi, déesse désirable, d’où vient cette désinvolture délirante à déserter mon domaine. Déséquilibré, désarmé, dénudé, je suis disciple désillusionné qui danse distraitement devant les dunes désertiques dehors. Démence distrayante, délire désordonné, je ne demande pas davantage. Je me dandine dans ce dédale diabolique et que daigne dire les décideurs, demain sera différent. Je déambule depuis le débarquement, le dard débandé, d’amour désillusionné. Je me débats comme un débile qui déblatère d’un dialecte différent. Dire, donner, désirer, un début délirant, mais disparu. Debout, débraillé me sentant délaisser, délirant sur le divan depuis mes déclarations. Deuil, d’un décès difficile, divagant d’un délire défectueux, déclin décousu, destin dissipé, mais non-disparu. Le décor distordu d’une déconfiture douloureuse, dure, démodée, je démissionne.





Tourbillon fait maison

17 05 2014

Je me souviens, lorsque j’étais petit, ma mère utilisait souvent le lavabo de la salle de bain pour y faire tremper des trucs; bas, brosse, peu importe, le souvenir que j’ai est plus lié à la fin du processus. Quand le trempage était bien terminé, que les items avaient été retirés et que ma mère tirait sur la petite chaine qui tenait le bouchon du lavabo bien au fond, c’est là que la magie se produisait. Par chance, les tuyaux où j’habitais étaient toujours un peu bouchés, ce qui retardait le vidage du lavabo, ce qui accentuait l’effet qui me gardait, les deux mains bien accrochées au lavabo pour ne pas y passer, les yeux bien rivés sur le tourbillon qui aspirait tout ce que le lavabo contenait. Le mouvement qui s’entamait était plutôt lent, au commencement, puis s’accélérait à chaque tour que les débris faisaient, qui tentait de s’accrocher à chaque tour à l’espace auxquels ils n’appartenaient même pas, n’ayant pas de port d’attache, de point d’appuis, de pied à terre. Mes yeux s’accrochaient eux, à un de ses objets flottant non identifiés, effectuant les mêmes ronds que lui, créant ce lien éphémère durant cette spirale aux enfers. Mes yeux ne lâchant pas un moment, tant qu’il ne disparaissait pas dans le grand trou noir, mes mains s’accrochant avec espoir, de le sauver, de m’en sauver. Puis déception, moi toujours accroché, lui disparaissant, me donnant autre choix que d’accrocher mon regard sur une autre parcelle d’espoir, ne comprenant jamais vraiment pourquoi je m’acharnais chaque fois à obtenir le même résultat, à recommencer, encore et encore, jusqu’à ce que le tout soit vide, que déçu, mais sans plus, je parte doucement m’occuper à autre chose que font les enfants. Aujourd’hui, avec le recul, je me dis que c’était peut-être un message, ce tourbillon fait maison.





Pour toujours

7 05 2014

C’est arrivé un jour, comme ça, je venais d’arriver ici, ou là, qui sait, mais j’étais nouveau, c’est clair. Je faisais mes choses, comme un professionnel, comme je peux, tu sais, comme je suis. Je ne t’ai pas vu ce jour là en fait, probablement intrigué par la voix, probablement intrigué par les mots, qui sortaient, un à un, avec une précision tranchante, intelligente, professionnelle. Je suis allé me balader, te chercher, te trouver, oh oui je t’ai trouvé, je me suis présenté, émerveillé. Des fois, la peur, ça fait gelé, quand on c’est abandonné dans le passé, la passion piétinée par la déception, j’ai ralenti, arrêté, avec cette envie de continuer. Donne-moi le temps, donne-moi la chance, ai-je réagi trop tard, quand toi tu voulais faire un voyage d’une vie avec moi, que je me suis caché dans mon coin, que j’ai regretté en fin. Le temps est passé, j’avais envie de t’avoir là, te savoir là à mes côtés, comme au début, comme ce jour-là. Je te sais, je te sens, c’est viscéral, j’ai envie de toi, j’ai envie de moi, j’ai envie de nous. J’ai envie de t’entendre me dire, à l’oreille que tu souffres du même mal, que tu m’aimes du même amour, que ce jour-là existe encore. Je ne veux pas voir la fin, pour moi, quand j’ai baissé les bras devant ce que je défendais, devant moi, pour m’abandonner à toi, t’ai-je effrayé? J’ai attendu des mots, des phrases, des heures, voire des mois à espérer que toi, que tu ne viennes, que tu me dises, que tu te souviennes, de ce jour-là. Aujourd’hui, je m’accroche, je t’aime, je pense à toi, je pense à ce jour là. Ce jour-là, qui je croyais être pour toujours, encore, hier, aujourd’hui et demain, un jour sans fin où je te voulais dans ma vie, sans voir le bout, avec l’innocence de l’enfance, un mot qui est resté pour moi, pour toujours… Ce jour-là, c’est aujourd’hui, mais aussi demain.