Aujourd’hui

31 07 2014

Enfin, aujourd’hui le jour de paye, je vais pouvoir m’acheter à manger à la fin de la journée. Manger… ça fait tellement longtemps on dirait. Je fais tellement pas attention à mon cash, maudit cash sale, je le brûlerais si je pouvais. En fait je le brûle un peu, au dépanneur du coin, avant mon café, pour mon paquet de cigarettes, mon seul plaisir. Du café j’en ai toujours, de l’instantanée, du filtre, peu importe ce que je trouve derrière le Tim Horton à coté. Des fois, quand je suis chanceuse, j’ai même un truc pas trop dégueulasse à manger, mais c’est rare, on dirait qu’ils font exprès pour tout scrapper. On dirait qu’il s’en câlisse du monde qui ont faim en passant derrière leur restaurant de vieux. Aujourd’hui, c’est le jour de paye, je vais pouvoir me gâter, m’acheter un fix, allez triper avec mes chums de filles, après mon shift, si je suis pas trop maganée. Des fois je suis trop brûlée pour bouger après travailler, j’aime mieux allée m’enfermer, toute seule chez nous, comme hier, pis le jour d’avant aussi. Aujourd’hui c’est différent, du cash, du beau cash qui pue le riche, qui pue celui qui se prend pour un riche aussi, qui pue l’eau de javelle, qui pue le petit précoce à maman, le petit gars à papa qui serait pire que moi si sa famille était pas là. Des fois je me demande si c’est parce que ma famille était là que je suis ici aujourd’hui. De l’argent, le genre d’affaire qui manque toujours quand t’en as besoin, t’en as toujours besoin, t’en as jamais assez. C’est pas comme les claques que j’ai reçues, que je reçois encore, sans que je comprenne jamais pourquoi, en m’en foutant un peu dans le fond maintenant. L’important, c’est le cash, à la fin de la soirée, me montrer le cul pour me faire gâter dans une boîte qui sent les faux riches qui la visite, les hommes qui me veulent, ceux qui pense que je fais tout pour le cash. J’ai mes limites, j’ai mes peurs pis mes moments où je les trouve tous dégoutants, où je pense qu’un de ces hommes-là est en train de passer sa paye, pour ma paye, est en train de mettre dans ma culotte, le repas de la semaine d’une p’tite fille, qui deviendra probablement comme moi, grâce elle aussi à son père quoi boit. Aujourd’hui c’est le jour de paye, comme tous les jours de l’ostie de semaine.

 

Défi du jour: Jour de paye





La recette

31 07 2014

Jeffrey est assis à son bureau. Dans le corridor, c’est la folie, toute la gestion du centre est en panique, tout le monde s’active, mais pas lui. Son patron a été clair auprès des autorités canadiennes, ne pas perdre son temps avec Jeffrey. La GRC à tout de même fait son examen de routine à son bureau, il les regardait avec le sourire, d’un calme imperturbable, deux où trois questions, l’enquêteur à vite plier bagage et compris qu’il n’avait rien à faire ici. Jeffrey est seul à son bureau, c’est peut-être d’ailleurs le seul bureau qui n’est pas de la gestion où on trouve un chercheur seul. Il a toujours été chercheur, il a toujours été seul. Ses recherches, personne ne s’en intéresse, ses collègues se moquent un peu de lui, chercheur sur les cancers, sur l’ADN humain, le clonage, en fait des trucs qui n’intéressent pas Jeffrey de toute façon. Ce dernier est assis à son bureau, depuis quelques jours il a terminé son travail, il avait besoin d’un peu de temps, d’un peu d’espace pour lui. Maitenant, il savoure doucement sa victoire. Sur son bureau, de grands schémas, des mots dans tous les sens, des mots et des flèches, comme sur son tableau noir. Jeffrey n’utilise pas l’informatique pour faire ses recherches et c’est maintenant lui qui se fout de la gueule de ses collègues. Il est assis dans son bureau parce que son grand-père l’a fait rentrer là, parce qu’il en continue les recherches, parce que son grand-père a mis beaucoup d’argent dans le centre de recherche, parce que cette condition était qu’on emploie son petit fils pour continuer ses recherches. Il y a deux semaines, Jeffrey a trouvé enfin la réponse à tout. À trente-cinq ans enfin, seulement dix ans après avoir commencé les recherches, seulement 5 après la mort de son grand-père. Dans ses habitudes, il termine sa journée au petit café près de chez lui pour s’instruire des nouveautés culturelles avec un bon café. Il y a deux semaines, il a mis ses lectures de côté, même si la pièce semblait vraiment intéressante, il aurait le temps d’y revenir. Il n’y est jamais retourné. Une petite femme magnifique se tenant devant lui, il ne pouvait pas continuer à lire. Une peau de porcelaine, les cheveux charbon, comme dans ses rêves. Il comprit à cet instant ce qu’étais le coup de foudre, l’élément qui manquait à ses recherches sur l’amour. Il allait enfin pouvoir terminer ce que son grand-père avait commencé plus de cinquante ans avant, à la mort de sa femme. Depuis deux semaines, il finalise les derniers paramètres qui gère cette recette d’amour, comment le provoquer, le prolonger, le faire durée. Il est capable de faire cela, tout en maintenant sa nouvelle relation avec Ming, l’amour de sa vie, celle à qui il pourrait tout donné. Il sait aussi que la recette qu’il vient de terminer est dangereuse pour l’humanité, il est fier et un peu paranoïaque par rapport à ses collègues maintenant, qui a vu sa nouvelle copine quand il l’a fait visiter où il travaillait. Il est prêt à tout pour Ming, son moindre caprice lui est accordé, les yeux fermés, au nom de l’amour. Elle est si bonne pour lui, même cette fois où il attrapa cette vilaine grippe qui le cloua au lit, en pleine rédaction de ses découvertes. Ming lui proposa gentiment d’aller chercher ses papiers à son travail le matin très tôt, elle voulait qu’il termine, il lui donnait tous les accès pour qu’elle puisse y aller, elle connaissait maintenant l’endroit. Il l’aime et lui fait confiance. Il sait que ce n’est pas ses recherches que les Chinois ont dérobées.

Défi du jour: Ce que les chinois ont dérobé du centre de recherche canadien





Jeu d’enfant

30 07 2014

C’est fou comme le métro est vide quand ce n’est pas une période de pointe. Ça me donne vraiment plus le temps de regarder les gens. Jeune ma mère me grondait parce que je les fixais sans arrêt. Maintenant, les gens sont tellement absorbés par leur musique, leur livre, leur téléphone et leur jeu vidéo. Près de moi une mère dort, son fils dort aussi, la tête sous l’aile de sa mère. La tête toute frisée du garçon lui fait une tête d’ange, celle de la mère nous fait savoir qu’ils ne sont pas d’ici. Dans les mains du jeune garçon, il y a ce qui semble être la dernière version de la toute dernière console de jeu vidéo portable. Je me souviens, la crise que j’avais fait à ma mère, quand le Gameboy était sorti, avec ses 4 boutons, sa petite croix de l’église Nintendo qui a suivi sur toutes les consoles de la compagnie, son écran de deux pouces, noir et vert, une merveille pour l’époque, aujourd’hui un vestige qui ressemblerait plus à la calculatrice à ruban. Ma mère ne voulait pas m’acheter cette console, mes parents n’étaient pas pauvres, mais ne jetait pas non plus l’argent par la fenêtre préférant nous nourrir convenablement. Je crois que j’aurais pu jeûner pour cette petite console, chaque jour, chaque anniversaire, je souhaitais l’avoir, mais déception, chaque fois la même chose. Je pleurais, rendais ma mère folle, mon père fou de rage. Je voulais cette console à tout prix, j’y ai pensé tout le temps après. Aujourd’hui, je comprends pourquoi mes parents ne me l’ont jamais acheté, je vis sensiblement dans les mêmes conditions, je mange à ma faim, mais je ne peux toujours pas me payer ce genre de jouet. Je sais aujourd’hui mettre mes priorités à la bonne place, grâce à eux. C’est complètement fou comme le temps passe vite à penser dans le métro, mon arrêt, je me lève rapidement et sort. J’ai appris avec le temps à être discret, même à la hâte, je n’ai même pas réveillé le garçon et sa mère, en faisant glisser des mains du petit bonhomme son jeu tout dernier cri, j’aurai vraiment du plaisir ce soir.

 

Défi du jour : Bassesse





Le camion

28 07 2014

C’est pas possible, dans ma vie, je me suis retrouvé tellement de fois dans cette situation, pourquoi maintenant, j’apprends encore pas. Je me souviens, dans le camion, ma cousine regardait cette bosse formée sous mon pantalon, deux ans plus vieille, elle était curieuse comme mille. Elle voulait ce qui se cachait sous mon pantalon, déjà a cette époque, un rien m’allumait. C’était moi, c’était mon espace, mon corps que je ne voulais pas partager avec elle. Pas que c’était mal ou quoi, simplement que j’étais terriblement gêné. Elle finit par me dire, tu montres ton truc, je te montre le mien, promis!

C’était la première fois que je me sentis aussi humilié, je crois, c’était la honte, m’être fait avoir de la sorte, un débutant, quoique c’est bien ce que j’étais un débutant. Un marchandage impossible, pour me retrouver avec mon insatisfaction de pas avoir vu son truc à elle. Elle riait, se foutait de ma gueule, son frère de mon âge qui était assis à côté aussi.

Maintenant, sa main sur ma cuisse, il s’était passé plus de trente ans, trente années où le temps à passer, où il a fait de nous les adultes que nous sommes. On venait de reparler de l’événement du camion, on était sur mon divan, il était tard et le vin avait eu raison de nous. Bob Dylan chantonnait derrière nous, guitare à la main, il nous disait simplement « Nobody feels any pain » et elle me regardait. Sa proposition était claire, aussi claire qu’à l’époque du camion, un camion qui avait eu du millage, un camion tout rouillé qui ne tenait plus la route, trente ans, c’est vieux pour un camion. Aujourd’hui, elle était femme, j’étais un homme, on dirait que rien n’avait changé dans son regard curieux, désireux de connaitre encore et toujours ce qu’il ne connait pas. Une vieille promesse qu’elle n’avait par contre pas tenue. J’avais peut-être l’occasion de me rattraper, c’était encore elle qui m’en devait une. J’approchai ma tête d’elle, frôlant sa joue, me causant à moi même un frisson, d’un mélange de chaleur, d’envie de cette situation, d’alcool pris en abondance. Je lui dis doucement à l’oreille « Fais-le avant et promis je le fais après! », en reculant, j’ai frôlé ses lèvres des miennes. Je sentais l’envie monter, ses yeux me dévoraient. Elle attacha ses cheveux, déplia sa jambe sous sa cuisse, puis se pencha, doucement je sentis cette aspiration croissante, puis plus rien, sinon que des petites particules blanches qui trainaient sur la table. Elle me tendit le billet enroulé, je lui répondis « non merci ».

 

Défi du jour : Fais le avant et promis je le fais après!





Je pouvais juste penser à partir

28 07 2014

Comment je peux transpirer autant sans rien faire? Je suis assis là depuis un moment, le coeur me pompant à vouloir me sortir du corps, c’est comme quand je fais mes crises d’angoisse en fait, c’est pareil, mais au moins là j’ai une raison. Je ne comprends pas qu’avec le temps ça ne passe pas, ça ne change pas, c’est toujours la même intensité, inspiré, expiré, inspiré, expiré. C’est probablement aussi le seul moment que ma tête ne pense pas à autre chose, le seul moment où je ne suis pas lunatique, trouble d’attention. Tout ce que je pense en moment se déforme. Attention aux troubles pauvre lunatique, tu n’auras même pas le temps d’expirer qu’encore une fois tu seras inspiré. La défaite, comment puis-je encore l’avoir en tête, comme quoi, après toutes ses années, je n’ai pas compris. Adversaire, partenaire, je ne sais même pas qui je suis, mais je sais que je sus. De l’eau, j’ai besoin d’eau, j’ai l’impression de me vider sur place, on va me retrouver sec et seul ici. C’est pourtant simple, je regarde les mouvements, je fais abstraction des mots, j’esquive l’attaque en gardant l’oeil toujours dans celui de l’autre. Il me semble que c’est simple, mais ça n’a pas marché, chaque fois. C’est peut-être ce fait de m’adapter trop rapidement à l’autre, je deviens l’autre, il finit donc par se reconnaitre, certaine personne se connaisse bien, connaisse bien leurs faiblesses qui deviennent les miennes. J’ai réussi, quelquefois, mais c’était rapide et c’était même dans la majorité des cas même pas un échange intéressant, les plus beaux, je les ai perdus. Encore de l’eau, je vous dis, je vais mourir ici, c’est ridicule. C’est clair que je suis intimidé, c’est clair que je n’ai pas encore décidé comment j’allais commencé le tout, mais j’ai plus le choix, le temps passe, je regarde ma montre, je regarde la porte qui s’ouvre dans ce restaurant, la voilà, tout peut commencer maintenant.

 

Défi du jour de retard : Comme avant un combat





Pour toi, je me ferais rebâptiser

26 07 2014

 

Anita, très chère Anita,

Depuis que tu m’as invité à ton émission de télévision, ce jour de hasard à la St-Valentin, j’ai voulu me faire renommer Destin, mais j’aurais été infidèle à ce que je suis. Sur la guitare de maman, j’ai composé des mots pour décomposer notre histoire. T’es un nouveau rêve pour moi, je me prépare un album qui se nommera comme ton nom pour ton honneur, À Anita Lafleur, d’un amour fidèle. Dans mon coeur il pleut, il pleut souvent, de te savoir loin de moi, de te savoir dans ton studio. J’aimerai faire un coupe avec toi, c’est très important dans ma vie, depuis que ma femme est partie. Je suis content de te savoir ma fan maintenant, j’ai vraiment senti ton amour pour la musique, la mienne. J’aimerais te montrer mon talent de routier, si tu passes par St-George, je pourrais arrêter ta voiture. J’ai d’ailleurs écrit une chanson à cet usage… « Ton visage me crée des embouteillages! »

Anita, voudrais-tu que je sois ton poney bien aimé? Ton Fidel à toi-même, simplement parce que je t’aime. J’aimerais être célèbre à tes côtés, toi qui m’as tant aider. Qui sait, peut-être que le futur nous fera ensemble maire et mère dans la Beauce que j’aime juste un peu moins que toi. J’aimerais ça être ezatement où tu voudrais être en même temps. Je sais que je ne serais plus capable d’écrire d’autres albums après, parce que mes jours de pluie, mes jours de quand je suis triste seraient finis à jamais avec toi dans ma vie.

Je m’ennuie ce soir. Je te sifflerais des mélodies, comme le fait un harmonica, simplement pour te garder près de moi. Nous pourrions ensemble écouter mon album, Fidèlité, sans arrêt sur le bord de ma job, sur le bord de ma Beauce, de ta Beauce, de notre Beauce. On vit tous d’espoir Anita, on vit tous d’amour et de moment où on est heureux. Permets-moi de te rendre heureuse, avec ma guitare et ma voix, mon dossard et ma croix.

Je te laisserai avec ses simples paroles, parce que c’est déjà beaucoup pour une femme.

Je t’aime Anita

De ton Fidel fidèle.

Défi du jour: Lettre d’amour – À la façon Fidel Lachance

Réf:
https://www.youtube.com/watch?v=WIB-YZ3m4wA
https://www.youtube.com/watch?v=_tnXo13dsgE





Ce n’était pas sa faute

25 07 2014

Ce n’était pas de sa faute. Élevé de bonne famille, les valeurs à la bonne place comme on dit. L’école normale, du primaire à l’université, de la gouache à la comptabilité. Vie rangée, vêtement ranger, par catégorie, par couleur, par jour, comme pour son lavage. Rien n’était chaleureux, rien n’était non plus froid, toujours température pièce, comme il aimait sa bière, elle goutait toujours plus qu’il disait. Il était connu, mais pas reconnu, surtout quand il la rencontra pour la première fois, il s’était égaré dans un bar, après le boulot, avec des collègues, comme il avait l’habitude de le faire une semaine sur deux. Il était dehors, trop tard pour être raisonnable, une bière en trop, ça ne lui arrivait jamais, presque jamais. Elle avait des yeux de cendre, qui s’arrêta sur lui, une bouche de feu, qui lui en demanda un peu. Elle sentait le danger, elle sentait la fin d’un cycle, d’une vie, d’une soirée qui était pour lui inconnue. L’alcool réduisait le temps à néant, les paroles de Perséphone brûlant chacune de ses bonnes intentions. Quand il décida de rentrer, elle le retint par un bras, approcha ses lèvres des siennes, détourna la tête au dernier moment, pour lui glisser à l’oreille de ses lèvres écarlates la promesse que ce n’était pas encore terminer. Ses seuls mots de sa muse lui resta en tête, il entra dans le bar, n’ayant plus aucune idée de leur précédente conversation, qu’une promesse de rendez-vous. Les yeux enfumés, l’esprit ivre de l’homme, à rendre aveugle un moment, ne retrouvant plus ses comparses avec qui il était venu. L’envoutante l’avait ensorcellé, son âme ne lui appartenait plus. Il ressortit, en un instant, vision stroboscope de la suite, la belle, un taxi, des escaliers, de l’air frais. Il s’ouvrit les yeux, la tête au-dessus de l’eau froide de la cuvette, rien autour ne lui appartenait. « Ça va? » d’une porte qui ne lui était pas familière. « Ça va! » de répondre, se relevant, reprenant un peu ses esprits. Miroir, eau, dentifrice, gargarisme, encore de l’eau, grand respire, go! L’ivresse ne l’ayant pas quitté, mais une lucidité qui le rendait en contrôle de ses mouvements. Immobile devant la porte, il se lança dans ce qui devait être pour certain l’enfer, pour d’autre le paradis. La porte s’ouvrit sur une chambre, remplie de feu, rempli des yeux voraces d’une bête assoiffée. Langoureusement vers lui, son corps voluptueux se déplaça devant lui. Des mains agiles lui retirèrent ses pantalons, il gardait le silence, il ne comprenait pas ce qui se passait, ce n’était jamais arrivé ainsi, ce n’était jamais arrivé en fait. Muet, il ne repensait pas au mariage, aux valeurs, aux sacrements, à ce qui avait fait de lui un homme droit. À ce qui avait fait de lui un homme nu, le temps d’une pensée, le temps d’avoir un choc dans tout son corps quand, à genou devant lui, elle fit disparaitre toute sa virilité dans l’abime de sa bouche avide. Comme une électrocution, en quelques secondes, il fut foudroyé par quelques choses qu’il ne connaissait pas, qu’il n’avait jamais vécues jusqu’à maintenant. Il pensa s’excuser, mais ne savait pas si c’est ce qu’il devait faire, la chose seule qu’il fait un instant, c’est tremblé. Le reste, ce n’était plus lui, c’était un mélange d’idée qui ne lui appartenait plus, qu’il eût vu, une fois ou deux, par jour, parce qu’il était curieux, sur internet, depuis déjà des années, simplement pour voir, pour comprendre, pour apprendre, parce qu’il était incapable de s’en passer. Il releva la bête sur ses pieds, elle vu dans ses yeux ce qu’elle n’avait pas vu avant, elle eut peur, il était trop tard, elle l’avait amené dans son entre, son jeu était devenu le sien. Il l’embrassa à pleine bouche avant même qu’elle eu le temps de terminer ce qu’elle avait commencé. Les langues, les lèvres, les morsures, il lui cracha dans la bouche, la retourna et la pris comme il avait vu. Perséphone et Belzébuth, un savant mélange d’époque et de croyance, un mélange de mal, un retour en arrière impossible, la fin de l’innocence.

 

 

Défi du jour : perdition





C’est jamais ça

24 07 2014

Bon, je tente pour une dernière fois, ça fait déjà plusieurs semaines que j’essaie, il reste plus grand jours avant que tout ça soit du passé, fini, disparu, derrière moi. Par chance, parce que si je m’écoutais, je le ferais disparaitre avec la tronçonneuse, c’est toujours un peu dangereux, mais dans ce cas si, j’ai juste l’impression que ça ne ferait pas vraiment bien bien plus de dégât. Les premiers jours ce n’était pas si pire, la peau est encore toute belle, ça sent même pas mauvais. Avec le temps, je me rends compte que je ne peux pas laisser ça comme ça, pas pour les autres là, parce que les autres je m’en fou un peu, c’est surtout pour moi, pour l’odeur, pour cette sensation que je ressens, qui est tout simplement présente. J’ai commencé par me dire que j’essayerais avec mes mains, mes doigts, pour me rendre compte que je ne rendais pas dans certain endroit, puis après, discrètement, j’écoutais ce que les autres disaient, à la télé, en vrai, en posant des questions détournées un peu, simplement pour savoir ce qu’eux feraient. Certaine idée était pas mal, j’en ai même essayé quelques une, le tournevis, la broche à tricoter, même la fameuse règle en bois, avec le petit bord de métal. Je vous jure que ça vous malmène une peau, ça fait pour l’odeur non plus. Le dernier soir, quand je suis allée dormir, toujours la même sensation, toujours la même odeur, insupportable, j’ai envie d’utiliser la hache, un scalpel pour enlever le tout, couper le bras au coude pour commencer, voir si ça passe, m’occuper du reste si ça ne fonctionne pas, je n’en peux juste plus. J’ai même essayé avec une pince, en enlever des morceaux, des petits morceaux, un par un, j’en viendrai à bout. Je regarde l’exacto sur la table du salon, je ne m’en sers pas pour cet usage d’habitude, mais là il me semble que ça serait parfait. Finalement, je prends deux pilules pour m’endormir, demain j’en aurai fini avec tout ça. Quand j’ai vu l’expert à l’oeuvre, il était outillé, même dans mes meilleures idées, je n’arrivais pas proche de ce que lui était capable, un mélange de scie ronde et de scie sauteuse, je vous le dis, un expert. Il a commencé doucement par la couche plus dure, celle qui moi m’empêchait d’avancer, puis il a fini le travail aux ciseaux. Je vous le dis, un plâtre sur un bras, c’est vraiment emmerdant se gratter sous, quand l’humidité a faite sont travail, ça pique, à vous en arracher le bras. C’est un peu ce que j’ai fait en me grattant avec tout mon attirail.

 

 

Défi du jour: C’était vraiment pas le bon outil pour ça





J’ai mal

23 07 2014

Ah merde! J’ai tellement mal à ma vie. Je n’ose même pas ouvrir les yeux. J’ai mal, j’ai peur. J’ai le cerveau qui veut s’étendre dans ma tête, j’ai peur de ne pas être en terrain connu. Bon sens, qu’est-ce qui s’est passé encore? Doucement l’ouïe revient, les sons sont familiers, je reconnais mon environnement, mon lit, je suis chez moi, j’ouvre les yeux, doucement, trop doucement… j’ai vraiment mal à ma vie. Ça y est, je me disais bien que ça arriverait, je ne vois pas clair, ce n’est pas le soleil, c’est l’alcool d’hier, je crois, je ne sais plus, je ne me souviens plus. Je sais un peu quand tout s’est évaporé, les souvenirs, la soirée, mon retour et une partie de ma vie. Maintenant, après toutes ses années, ça y est, l’alcool à toucher à mon système, trop en profondeur, affectant ma vue, je cherche à reconnaitre ce qui m’entoure, point de repère, je me lance. J’atteins le verre d’eau sur la table de chevet et je le dirige à ma bouche, des fois je dis que je prends quand même soin de moi en me laissant de l’eau avant de m’endormir, allez hop, d’un coup, comme si j’étais dans le désert. La surprise, je ne vous raconte pas, quand dans ma bouche ça c’est mis a bougé, à se débattre, j’ai recraché la masse informe que je ne saurais décrire, j’ai renvoyé le verre sur la table, arrêt, respire, ah oui, mes lunettes, j’en porte, elles sont dans mon tiroir, je ne suis donc pas en train de devenir aveugle. Tout ne devient pas clair, sauf l’image reçue de mes yeux. Dans ce qui se trouve à ne pas être mon verre, une petite carpe rouge, blanche et noire se débat pour sa vie, je la regarde avec un certain souvenir, le sushi-bar, hier, les amis, le souper, des commandes interminables de poissons crus, un délice dans la bouche, c’est frais, c’est gouteux, c’est épicé, c’est gluant. La bouffe, c’est tellement sexe, les filles qui mangent du bout des doigts, pour ne pas se salir, ça faisaient aussi partie de nos discussions d’hier. Le point tournant, si ce n’est que ça avait l’air si pur, si blanc, mais ce matin, quel trou noir, c’était la première fois que je buvais un truc japonais, je ne me souviens même plus du nom, Saku, comme le joueur de hockey, quelque chose du genre, ça fait partie du noir. Le reste, je ne m’en souviens plus.

 

Défi du jour : Un truc japonais





Défi du jour

22 07 2014

C’est une nouvelle catégorie, c’est un défi par jour, simplement pour écrire. C’est un défi que je fais avec elle simplement pour s’amuser, entre ami, entre voisin de blog… Chaque Défi devrait avoir sa réponse chez elle aussi.

Si jamais vous en avez l’envie, laissez moi aussi le lien votre version de ce défi!

Ou aussi, suggéré nous en un vous aussi!

Merci!

 

2014-07-22: Je n’aurais jamais dû traverser cette rue! Lui  Elle
2014-07-23: Un truc japonais Lui  Elle
2014-07-24: C’était vraiment pas le bon outil pour ça Lui  Elle
2014-07-25: Perdition Lui  Elle
2014-07-26: Lettre d’amour – À la façon Fidel Lachance  Lui Elle
2014-07-27: Comme avant un combat  Lui Elle
2014-07-28: Fais le avant et promis je le fais après!  Lui Elle
2014-07-29: Bassesse  Lui Elle
2014-07-30: Ce que les chinois ont dérobé du centre de recherche canadien  Lui Elle
2014-07-31: Jour de paye  Lui Elle
2014-08-01: Texte d’au moins 400 mots. Toutes les phrases commencent par: J’ai toujours cru  Lui Elle
2014-08-02: Un slogan publicitaire  Lui Elle
2014-08-03: Récompense  Lui Elle
2014-08-04: Ça me tente pas  Lui Elle
2014-08-05: C’est là que je me suis senti vraiment vieux/vieille  Lui Elle
2014-08-06: Viens pas te plaindre  Lui Elle
2014-08-07: Objets perdus  Lui Elle
2014-08-08: Suicide  Lui Elle
2014-08-09: Superstition  Lui Elle