Ah merde! J’ai tellement mal à ma vie. Je n’ose même pas ouvrir les yeux. J’ai mal, j’ai peur. J’ai le cerveau qui veut s’étendre dans ma tête, j’ai peur de ne pas être en terrain connu. Bon sens, qu’est-ce qui s’est passé encore? Doucement l’ouïe revient, les sons sont familiers, je reconnais mon environnement, mon lit, je suis chez moi, j’ouvre les yeux, doucement, trop doucement… j’ai vraiment mal à ma vie. Ça y est, je me disais bien que ça arriverait, je ne vois pas clair, ce n’est pas le soleil, c’est l’alcool d’hier, je crois, je ne sais plus, je ne me souviens plus. Je sais un peu quand tout s’est évaporé, les souvenirs, la soirée, mon retour et une partie de ma vie. Maintenant, après toutes ses années, ça y est, l’alcool à toucher à mon système, trop en profondeur, affectant ma vue, je cherche à reconnaitre ce qui m’entoure, point de repère, je me lance. J’atteins le verre d’eau sur la table de chevet et je le dirige à ma bouche, des fois je dis que je prends quand même soin de moi en me laissant de l’eau avant de m’endormir, allez hop, d’un coup, comme si j’étais dans le désert. La surprise, je ne vous raconte pas, quand dans ma bouche ça c’est mis a bougé, à se débattre, j’ai recraché la masse informe que je ne saurais décrire, j’ai renvoyé le verre sur la table, arrêt, respire, ah oui, mes lunettes, j’en porte, elles sont dans mon tiroir, je ne suis donc pas en train de devenir aveugle. Tout ne devient pas clair, sauf l’image reçue de mes yeux. Dans ce qui se trouve à ne pas être mon verre, une petite carpe rouge, blanche et noire se débat pour sa vie, je la regarde avec un certain souvenir, le sushi-bar, hier, les amis, le souper, des commandes interminables de poissons crus, un délice dans la bouche, c’est frais, c’est gouteux, c’est épicé, c’est gluant. La bouffe, c’est tellement sexe, les filles qui mangent du bout des doigts, pour ne pas se salir, ça faisaient aussi partie de nos discussions d’hier. Le point tournant, si ce n’est que ça avait l’air si pur, si blanc, mais ce matin, quel trou noir, c’était la première fois que je buvais un truc japonais, je ne me souviens même plus du nom, Saku, comme le joueur de hockey, quelque chose du genre, ça fait partie du noir. Le reste, je ne m’en souviens plus.
Défi du jour : Un truc japonais