Les bras d’une autre

31 08 2014

Je n’avais pas envie d’y aller, pas parce que c’est lui, mais parce que c’est là. On ne peut pas manquer l’anniversaire de quelqu’un que l’on apprécie, sauf quand on ne va pas vraiment bien, je me suis dit cela quelque part dans la soirée. Je suis arrivé quand presque tout le monde était là. Je n’ai jamais été fan des petites conversations de routine, comme si j’avais quelque chose de plus important à dire, mais ce n’est pas le cas, je suis un peu silencieux. Le suis-je devenu? Je crois que je me suis simplement amélioré avec le temps. Les 35 « Salut, ça va? » ça peut allez. Pour les plus intimes, « Alors le boulot, ça va? » qui passe encore, j’aime vraiment mon boulot. Et les 7 autres qui demande, comment ça va avec la blonde, comment vont les amours, la chasse est bonne, si tu ne sors pas, tu ne rencontreras personne. J’évite, à gauche, à droite. À la blague, quand on me demande comment vont les amours, je réponds que le travail va vraiment bien. Mon coeur se noue doucement, violemment même le DJ est en retard dans les nouvelles, d’habitude elles voyagent vite, je suis seul, pas besoin de me faire jouer la chanson de mon dernier voyage avec elle, mes yeux se remplissent d’eau, j’avale ma salive, il parait que c’est un truc pour ne pas pleurer. Je sors prendre l’air, seul, je ne suis vraiment pas bien, ça doit être à ce moment que je me dis que je n’aurais pas dû être là. Ça passe un peu, je rentre à nouveau. Beaucoup de gens que je n’ai pas vus depuis longtemps, comment je vais, comment vont les amours. Qui les a payés pour me faire violence? Non, je ne suis pas à la chasse, non je ne sors pas, je n’ai pas envie de sortir, non je ne veux pas rencontrer quelqu’un d’autre. Pourquoi c’est si difficile à comprendre de vouloir être un seul un moment, de vouloir cuver sa peine en silence, de ne pas avoir envie de tourner la page maintenant, d’avoir simplement envie de courir dans ses bras à elle et pas ceux d’une autre, parce que c’est frais, c’est douloureux et que je voudrais faire subir à personne la douleur qui m’habite. J’imagine que ça passera, un jour, pour l’instant, j’aime mieux garder mes derniers souvenirs d’elle au fond de mes bras, les serrer fort et attendre que l’on soit demain.

 

Défi du jour : Retard





Bon appétit

30 08 2014

Marie venait de servir le repas à son mari, la main un peu tremblante, la voix aussi. Elle l’appela doucement et l’entendi s’en venir au loin. C’était jeudi, on mangeait du spaghetti. Marie se sentait bien seule depuis quelques mois, Jean, son fils, parti en appartement à Sherbrooke, faisait qu’elle était seul avec André. Avant quand Jean était là, elle avait un peu de repos, maintenant, elle n’arrête pas. Elle a placé de façon impécable tout ce qui se trouvait autour de l’assiette, dont le verre de vin vraiment trop plein de son mari, celui qu’il le voyait toujours à motié vide. Il faut dire qu’André n’avais pas trop de difficulté à s’emporter, pour un oui ou pour un non, pour des pâtes vraiment trop froide, un vin trop chaud, où le fait que ça femme s’habillait comme une pute à l’occasion, jupe trop courte, camisole trop serrée laissant sortir ses seins un peu trop à l’air libre, ou même un col peut-être un peu trop roulé à l’occasion. Elle connaissait bien les habitudes de son mari, elle savait que la journée du spaghetti, c’était toujours une difficile journée, elle savait que c’était pas a cause des pâtes mais bien plus à cause de ce vin rouge bon marché qui tâchait les levres. Il arriva et s’assi sans un mot, commença à boire le premier verre, la bouteille était prête, Marie vint remplir à nouveau. Il piqua dans son assiette avec sa fourchette, fit des ronds pour enrouler le spaghetti, se rendi compte que Marie avait couper les spaghettis en deux, ce qui lui rendait la tâche bien plus difficile, il grogna, reprit du vin. Quand Marie eu rempli le troisième verre, vidant la bouteille, il l’agrippa par le poigna, celui qui avait encore les trâces de sa main, il commenta l’état du spaghetti, il lui donna un coup de poing sur la cuisse, lui rendant la marche pour le cellier beaucoup plus difficile. Dans le cellier, Marie pensa, fatiguée, qu’elle aurait aimé avoir une vie différente, elle aurait aimé toujours avoir son fils, mais surement avec un autre homme, elle regarda la bouteille, qu’il réservait pour leur vingt-cinquième aniversaire de mariage, un an encore, ils l’avaient reçu lors de leur mariage. Un larme coula sur sa joue, elle l’essuya rapidement, il lui était interdit de pleurer. Machinalement, elle prit une bouteille, revenu dans la cuisine, en avançant dos à son mari, l’idée lui venu de l’assomer, de s’enfuir, mais elle savait bien qu’elle ne pourrait rien faire pas la suite, fugitive, elle ne pourait pas vivre ainsi. Elle ouvrit la bouteille, se retourna vers André, il remettait du parmesan pour une troisième fois sur ses pâtes. Son verre vide, il leva les yeux vers Marie qui le servi. Il porta rapidement la coupe à sa bouche et ses yeux s’illuminèrent, il savait. Marie lui a servit de cette bouteille qu’il gardait pour leur aniversaire, Marie ne buvait pas. Il toussota un peu, grogna, sa tête commença a enflée. Il tenta de dire quelque chose à sa femme, rien de sortait de sa bouche, rien ne rentrait dans ses poumons. Elle lui dit qu’elle avait oublié de faire l’achat qu’il lui avait demandé, son Epipen pour ses allergies. Marie ouvrit l’armoire, saisi un petit verre à vin, se versa un verre en regardant son mari tomber la tête dans son assiette. Elle porta le verre à ses lèvres et bu, trouva ça divin, attendit un instant encore, André ne boubeait plus, elle le renversa par terre de sa jambe qui faisait mal, pris le téléphone, sa voix paniquée et appela aux urgences.

 

Défi du jour : Spaghetti





J’ai vraiment envie

30 08 2014

Je crois que je suis passé à côté de moi hier sans le savoir, quand je me suis vu, je ne me suis même pas reconnu dans la glace. Il semble que j’ai un besoin de partir, de m’enfuir, de m’isoler, simplement pour me retrouver. vingts jours, vingt nuits, vingt textes qui ne parlerons que de moi, que de ce qui me manque, que de ce que la vie m’a laissé. J’ai besoin de faire le point, la barre, un trait. J’ai besoin de nouveau, de vieux, de moi et mes trente-sept ans. J’ai besoin de trouver un sens, une raison, des mots qui me réconforteront. J’ai envie de me retrouver, d’arrêter de m’oublier, de sentir mon coeur battre jusqu’au bout de mes doigts. J’ai envie de vivre, heureux, amoureux, je ne sais plus comment faire, je ne sais plus comment rire. Dans vingt jours je reviendrai changer, mais surtout moi-même.

 

Défi du jour : Oublier





Mauvais goût

27 08 2014

Je suis amer, manque de sucre, manque de douceur.

 

Défi du jour : Limonade





C’est tout, je le jure, juste une dernière fois

25 08 2014

Je pourrai pas toujours te dire que je t’aime

 

Défi du jour : J’te l’dis en dix mots





Juste un soir

24 08 2014

Je savais que je t’oublierais facilement, dès que je t’ai vu, t’es le genre d’une seule soirée et après, on se rappelle plus, ni l’un ni l’autre. Je me souviens seulement de t’avoir vu arrivée au bar et de quand je suis parti. Tu avais l’air un peu vidée à mon départ, couchée sur le côté, face à moi. Quand j’ai demandé au serveur, il m’a dit que tu étais la meilleure, c’est à cause de lui que t’étais au bar avec moi. On n’a pas échangé beaucoup de mots, on se regardait, parfois moi dans mes pensées, parfois simplement à te voir là, si près et en même temps si loin. J’ai vu que tu ne buvais pas quand tu étais l’autre côté du bar, je n’ai pas trop demandé pourquoi, peut-être parce que tu remplissais toujours mon verre, je me suis dit que ça ne te dérangeait pas, t’as bien vu que je n’étais pas à ma première, que tu n’étais pas la dernière non plus. C’est important choisir avant d’être ivre, toi tu ne peux pas comprendre, au départ, t’as encore du goût, après quelques verres, tout devient flou. D’habitude, je les ramène à la maison, plus simple, plus expéditif, on ne se raconte pas d’histoires. Ce soir, plus la soirée avançait, plus je me disais que j’aurais pas du venir ici, pas à cause de toi, en fait, pas juste à cause de toi. Quand je suis parti à la toilette, de peine et de misère, j’étais sur qu’à mon retour tu serais partie, que le barman t’aurait fait déguerpir, parce qu’il me connait le barman, il sait de quoi je suis capable, mais non, tu étais toujours là, bien droite, qui m’attendait. J’ai tenté de regarder le barman pour lui faire un clin d’oeil de remerciement, mais je ne l’ai comme pas vu, peut-être parce que tout était trop flou, ou parce qu’il était simplement plus là. J’en ai profité pour te ramasser au passage et partir en douce. Je sais ce matin que je devrai aller payer ma facture, j’avais hâte de sortir de là, j’avais envie de prendre l’air, alors on a marché jusqu’au parc. Quand on s’est étendu dans l’herbe, sous les étoiles, j’aime tellement les étoiles, j’avais l’impression qu’elles étaient toutes filantes, je t’ai passé le commentaire, t’as rien dit. Je te gardais près de moi, je ne voulais pas te perdre, comme si avec le temps qui passait, je me suis attaché, je suis comme ça, c’est souvent pour ça que je pars d’ailleurs, ça fini toujours par me faire mal c’est histoire là. On est resté là un bout de temps, je me suis endormi, t’étais toujours là à mon réveil, tu n’avais pas bougé en fait, couchée sur le côté, face à moi. Je voyais que même de face tu ne me regardais pas, je me suis levé, je ne prends pas de chance d’être déçu demain, je te laisse même là, seule, dans le parc, c’est presque le matin, il t’arrivera rien. En sortant du parc, j’ai été malade dans une poubelle, ça fait toujours mal, content que ce n’était pas à côté de toi. On va peut-être se recroiser au bar, mais tu sais très bien que je ne te choisirai pas deux fois, tu me connais trop déjà.

 

Défi du jour : Bouteille de Vodka





C’est un peu vague

24 08 2014

Je t’ai écrit hier sur le sable brulant, je ne me souviens plus quoi et pourquoi, les mots sont disparus durant la nuit, sans faire de bruit. Je me souviens d’hier encore un peu, je me souviens de tes yeux, je ne me souviens plus très bien comment je me suis rendu à aujourd’hui, pourquoi tu n’es plus ici. Quand je me suis levé, les yeux mouillés au matin, j’avais rêvé de toi, je ne comprends pas pourquoi j’ai pleuré, il me semble que ça allait bien encore cette fois. C’est bien moi qui est parti, un beau jour ou bien une nuit, est-ce vraiment moi qui ait décidé ou toi que j’ai laissé parce que tes actions m’y ont poussé. Je me souviens bien que je t’ai aimé, je le sais parce que je le sens encore et puis quoi encore, et encore. Je me souviens du bruit des vagues, de ses immenses terrains vagues, qu’à ta main j’aurais mis une bague, qu’avec la fatigue je divague. Pour les mêmes raisons, hier j’avais envie de demain et demain j’ai toujours envie d’hier, un peu comme aujourd’hui. Je n’ai pas souvenir que ça me soit arrivé, je n’ai pas souvenir de ça comme ça, comme toi comme moi, de juste m’enfuir à l’opposer quand j’aurais envie de faire le contraire. Je me souviens des gestes, je ne me souviens pas des mots, je ne me souviens plus pourquoi, mais je me souviens de toi, comment je pourrais oublier.

Défi du jour : Vague





Mon jardin

23 08 2014

Il faudrait que je sorte de la maison. Il est tard, je pense que je vais sortir demain. Hier j’étais trop fatigué, aujourd’hui, je n’ai pas vu la journée passée, sur le divan, le temps va vite, encore plus avec de la bave sur le coin de la bouche. Demain je vais aller dehors, je ne sais pas encore ce que je vais faire. Je fais toujours la même chose, je marche, je me rends au marché, j’achète trop de fruits, trop de légumes, je reviens trop chargé, j’ai mal aux mains rendu à la maison, je suis fatigué, je m’étends un peu. Je suis dû pour des vacances, je vais m’enraciner dans mon divan, dans mon lit, dans les deux. Je prends juste un peu de temps, pour garder l’appart en ordre, faire pipi, essuyer mon coin de bouche, prendre ma douche. Je ne sais pas où j’en suis, j’ai l’impression d’avoir fait machine arrière, de ne plus savoir où je vais. Il me semble qu’hier, je t’aimais encore, il semble qu’aujourd’hui, ça n’a pas changé, excepté le fait que je te dérange plus avec ça. Je fais voeu de silence, je ne peux pas juste être ton ami, ça ne fait aucun sens, c’est comme avant. J’essaie de fermer mon cerveau, off, légume, de préférence sous terre, j’ai pas trop envie de soleil. Grandir vers le fond, renforcir mes racines, m’ancrer. Croire que la terre et moi on ne fait qu’un, croire que c’est différent, croire que c’est possible, encore. Juste pour un moment, laisser l’été passé, une autre saison, une autre vie, la récolte. Sortir au grand jour, un soir, que ce soit différent, que je sois toujours moi, que j’en aille envie, envie de croire, de croître. Être désireux de simplement être. Être moi, le redevenir, l’avoir toujours été, sourire, penser à toi, être moi, t’aimer encore.

 

Défi du jour : Légume





R.I.P.

22 08 2014

Si je pars trop vite: Hey Bye!

Si je pars lentement: Il prit son temps jusqu’à la fin

Sinon: Proche de loin et de tout. Sensible. Mort seul

Ou encore: Simplement des notes de musique

 

Défi du jour : On lira sur ma pierre tombale…





Repos

22 08 2014

Il était seul, se sentait seul. Il a mis de côté bien des activités, bien des amitiés au profit de son étrange solitude. Peut-être est-ce qu’il n’était simplement pas bien avec les autres, trop bien avec lui-même, ou encore pire, bien dans rien. Il aimait les gens, les faire rire, les faire pleurer, les faire se sentir humain un par un, toujours donnant de sa propre humanité, littéralement. Le temps passait, il se décolorait, perdait de son charme, de son envie d’être, de son simple désir de désirer. Il avait renoncé à l’amour, même si dans ses yeux, l’espoir brillait toujours, au fond, quelque part, ensevelit sous une tonne de débris, laissant paraitre une main, un doigt, souhaitant que quelqu’un la sorte de là. Il savait qu’au fond, la seule main qui pourrait l’aider était sa propre main, mais confortable sous les décombres, il ne sentait plus le vent picoter sa peau quand il faisait trop froid, il ne sentait plus cette humidité quand le soleil se tenait très haut dans le ciel. Il n’avait que la force de rester là, se reposer, enfin, un instant, histoire de se refaire des forces, pour vivre, autre chose, quelque chose. Son coeur battait trop fort, son souffle était trop court, il s’était isolé simplement pour ne pas se faire blesser, il s’était exclu du monde, parce qu’il l’aimait trop.

Défi du jour : Exclusion