J’ai toujours cru que je serais bien, au chaud, dans le ventre de ma mère, jusqu’à ce qu’on m’expulse un jour sans que je n’aille rien demandé. J’ai toujours cru au père Noël, ce gros bonhomme rouge et blanc, tout joyeux, jusqu’à ce que l’éducateur saoul à la garderie mis un peu son costume de travers dû à son ivresse, ça a vraiment brisé la magie pour plusieurs enfants ce jour-là. J’ai toujours cru en Dieu, jusqu’à ce que j’ai eu des cours de philosophie, que mes parents voulurent m’envoyer en psychologie parce que je croyais plus, que mon père sur son lit de mort se mit aussi à ne plus croire. J’ai toujours cru que mes amis seraient là pour toujours, ceux de ma tendre enfance, jusqu’à ce que je déménage à seulement trente minutes d’eux. J’ai toujours cru que je ne quitterais jamais l’école, que j’étudierais toute ma vie, avant de me rendre bien compte que mon choix d’étude n’était pas le bon, n’était pas celui qui remplirait ma vie et que je décidai d’aller travailler et où j’appris les rudiments d’où je suis aujourd’hui. J’ai toujours cru que ma première relation sexuelle sera celle avec qui je me marierais, parce que mes parents ont été comme ça, parce qu’eux ça a duré 40 ans, parce qu’ils se sont aimés longtemps, parce que ça existait, je le savais. J’ai toujours cru que j’aurais des enfants en très jeune âge, me voilà 15 ans plus tard à la recherche de celle que je croyais ma première relation. J’ai toujours cru que le mariage c’était pour toujours, je n’avais pas lu les petits caractères, « jusqu’à ce que la mort nous sépare », il y a bien souvent juste un des deux qui meurt quand ça arrive. J’ai toujours cru que mon papa serait là toute ma vie. J’ai toujours cru que j’écrirais pour gagner ma vie, aujourd’hui j’écris pour me divertir, pour vous divertir, par plus plaisir de créer, parce que je n’ai pas non plus fait de bébé. J’ai toujours cru que quand tu frottais le bout de concombre sur le concombre avant de le peler, ça enlevait l’amertume, jusqu’à ce qu’un jour je demande à ma mère pourquoi elle faisait ça et que j’essaie finalement de ne pas faire ça. J’ai toujours cru que j’aurais ma famille, ma petite femme, des enfants, des réveils trop tôt remplis de rires trop aigus, de chatouille, de moment doux dans les rayons du soleil ou sur le son que fait la pluie sur la taule, je viens de faire le tour de mon appartement, j’ai juste un chat. J’ai toujours cru que tu serais là pour toujours, que ça n’arrêterait jamais, que demain soit beau même si hier était mauvais. J’ai toujours cru en le rêve. J’ai toujours cru en l’amour.
Défi du jour: Texte d’au moins 400 mots. Toutes les phrases commencent par: J’ai toujours cru