Et si on s’était rencontré ce soir-là. Ce soir où je t’attendais, billets en main, tête dans les nuages, je ne savais même pas à ce moment ce que tu faisais comme travail, mais j’y étais déjà. Je ne crois pas que toi et moi, le couple, toi et moi, ça aurait fonctionné, toi trop belle et moi trop solitaire. Même mon nom, destiné à l’avant du bateau ne serait pas pour toi une façon de poser pied à terre. Ça aurait fait tellement de vague, mais j’y ai souvent pensé, tête reposer, après t’être pardonné d’avoir laisser mon honneur sur le bord d’un trottoir de la Main, je suis un peu comme ça, aucune rancune. C’est drôle comme la vie, nous ramène les gens qu’on a vu, fréquenté, que même aujourd’hui, après tant d’années, on discute encore toi et moi, de chose qu’on aurait surement discuté. C’est fou, le temps qui sépare les gens qui ne séparent jamais non plus. As tu déjà compris pourquoi on est encore là, toi et moi. Ça serait pourtant si simple, mais je crois que le temps t’as blasé face à moi, celui à qui tu avais demandé le numéro, dans le temps tu te rappelles, un soir d’été. Aujourd’hui tout est bien loin, tout est bien fini. Je te conseille de grand-mère alors que je te dis que tu es incroyable. Le temps a passé et certaine chose le temps ne change pas. On est encore là, à ne pas regarder le même horizon parce que c’est plus facile comme ça. Je souhaite peut-être qu’un jour, ma patience ait sa récompense.
Défi du jour: Récompense