Je me souviens plus d’où c’est parti. La conversation allait bon train, on se racontait pas mal n’importe quoi sur n’importe quoi. Pour moi sa semblait banal, une conversation légerte, quand tu me ragarder pour me dire, viens pas de plaindre. Je me souviens bien c’était dans la cafétériat, je crois qu’on parlait de vacances, j’avais peut-être l’air dépasser par le fait que je ne sais pas où partir, que j’ocie entre deux ou trois choix, sur deux ou trois continents. Je sais pas si ça sonné comme une plainte, mais je te jure que si j’avais à recommencer, je crois que je choisirais d’autres mots. Quand tu m’as envoyer ces mots, tu avais les yeux plein d’eau. Je suis pas curieux de nature, mais quand t’as dit, tout de suite après que toi tes vacances commencaient jeudi prochain, que ça faisait un an déjà, que c’était difficile, j’ai au départ cru que c’était tes vacances précédentes qui était un peu loin. J’ai demandé, à tout hasard, qu’est-ce qui faisait un an, parce que tu sais, même après un an, peu de gens ont cet tristesse autant dans le regard et autant d’amertume dans les mots. Tu as commencé à me raconter ton histoire. Après ta première phrase, ça a raisonné très fort dans ma tête, « Viens pas te plaindre », car des fois on enlève le contexte collectif pour ne regarder que notre petit bout de nombril. Tu sais, ce n’était pas vraiment ma faute, tout est relatif comme on dit, je pouvais pas savoir et que probablement avoir su, j’aurais peut-être juste pas parlé. Tu peux en même temps pas m’en vouloir, tu peux pas m’en vouloir d’être seul et de me chercher quelque chose à faire. Toi, t’as une femme, qui t’aime. Moi je cherche simplement à vous épargner mon malheur, à l’apporter loin de vous, de tous, je suis pas non plus en train de dire que je suis complètement malheureux là. Je peux comprendre que tu ne peux pas comprendre, probablement que ta charge est difficile à porter, peut-être plus difficile que la mienne, en fait je souhaite ne jamais faire de transfert de poids avec toi. J’imagine oui, que c’est pas plus facile pour ta femme, elle est prise là dedans, elle aussi avec toi, c’est probablement autant plus difficile pour elle. Dans la vie on cherche souvent nos mots, les tiens m’ont fait réfléchir sur mes plaintes inutiles, j’ai tellement plus à apporter, probablement même à toi. Tu sais, quand tu m’as dit que t’avais perdu ta petite fille de 18 mois l’an passé, j’ai vraiment laissé petit bobo derrière moi pour t’écouter, pour être là pour toi, pour les autres.
Défi du jour : Viens pas te plaindre
[…] là que je me suis senti vraiment vieux/vieille Lui Elle 2014-08-06: Viens pas te plaindre Lui Elle 2014-08-07: Objets perdus Lui Elle 2014-08-08: Suicide Lui Elle 2014-08-09: Superstition […]