Juste un soir

24 08 2014

Je savais que je t’oublierais facilement, dès que je t’ai vu, t’es le genre d’une seule soirée et après, on se rappelle plus, ni l’un ni l’autre. Je me souviens seulement de t’avoir vu arrivée au bar et de quand je suis parti. Tu avais l’air un peu vidée à mon départ, couchée sur le côté, face à moi. Quand j’ai demandé au serveur, il m’a dit que tu étais la meilleure, c’est à cause de lui que t’étais au bar avec moi. On n’a pas échangé beaucoup de mots, on se regardait, parfois moi dans mes pensées, parfois simplement à te voir là, si près et en même temps si loin. J’ai vu que tu ne buvais pas quand tu étais l’autre côté du bar, je n’ai pas trop demandé pourquoi, peut-être parce que tu remplissais toujours mon verre, je me suis dit que ça ne te dérangeait pas, t’as bien vu que je n’étais pas à ma première, que tu n’étais pas la dernière non plus. C’est important choisir avant d’être ivre, toi tu ne peux pas comprendre, au départ, t’as encore du goût, après quelques verres, tout devient flou. D’habitude, je les ramène à la maison, plus simple, plus expéditif, on ne se raconte pas d’histoires. Ce soir, plus la soirée avançait, plus je me disais que j’aurais pas du venir ici, pas à cause de toi, en fait, pas juste à cause de toi. Quand je suis parti à la toilette, de peine et de misère, j’étais sur qu’à mon retour tu serais partie, que le barman t’aurait fait déguerpir, parce qu’il me connait le barman, il sait de quoi je suis capable, mais non, tu étais toujours là, bien droite, qui m’attendait. J’ai tenté de regarder le barman pour lui faire un clin d’oeil de remerciement, mais je ne l’ai comme pas vu, peut-être parce que tout était trop flou, ou parce qu’il était simplement plus là. J’en ai profité pour te ramasser au passage et partir en douce. Je sais ce matin que je devrai aller payer ma facture, j’avais hâte de sortir de là, j’avais envie de prendre l’air, alors on a marché jusqu’au parc. Quand on s’est étendu dans l’herbe, sous les étoiles, j’aime tellement les étoiles, j’avais l’impression qu’elles étaient toutes filantes, je t’ai passé le commentaire, t’as rien dit. Je te gardais près de moi, je ne voulais pas te perdre, comme si avec le temps qui passait, je me suis attaché, je suis comme ça, c’est souvent pour ça que je pars d’ailleurs, ça fini toujours par me faire mal c’est histoire là. On est resté là un bout de temps, je me suis endormi, t’étais toujours là à mon réveil, tu n’avais pas bougé en fait, couchée sur le côté, face à moi. Je voyais que même de face tu ne me regardais pas, je me suis levé, je ne prends pas de chance d’être déçu demain, je te laisse même là, seule, dans le parc, c’est presque le matin, il t’arrivera rien. En sortant du parc, j’ai été malade dans une poubelle, ça fait toujours mal, content que ce n’était pas à côté de toi. On va peut-être se recroiser au bar, mais tu sais très bien que je ne te choisirai pas deux fois, tu me connais trop déjà.

 

Défi du jour : Bouteille de Vodka





C’est un peu vague

24 08 2014

Je t’ai écrit hier sur le sable brulant, je ne me souviens plus quoi et pourquoi, les mots sont disparus durant la nuit, sans faire de bruit. Je me souviens d’hier encore un peu, je me souviens de tes yeux, je ne me souviens plus très bien comment je me suis rendu à aujourd’hui, pourquoi tu n’es plus ici. Quand je me suis levé, les yeux mouillés au matin, j’avais rêvé de toi, je ne comprends pas pourquoi j’ai pleuré, il me semble que ça allait bien encore cette fois. C’est bien moi qui est parti, un beau jour ou bien une nuit, est-ce vraiment moi qui ait décidé ou toi que j’ai laissé parce que tes actions m’y ont poussé. Je me souviens bien que je t’ai aimé, je le sais parce que je le sens encore et puis quoi encore, et encore. Je me souviens du bruit des vagues, de ses immenses terrains vagues, qu’à ta main j’aurais mis une bague, qu’avec la fatigue je divague. Pour les mêmes raisons, hier j’avais envie de demain et demain j’ai toujours envie d’hier, un peu comme aujourd’hui. Je n’ai pas souvenir que ça me soit arrivé, je n’ai pas souvenir de ça comme ça, comme toi comme moi, de juste m’enfuir à l’opposer quand j’aurais envie de faire le contraire. Je me souviens des gestes, je ne me souviens pas des mots, je ne me souviens plus pourquoi, mais je me souviens de toi, comment je pourrais oublier.

Défi du jour : Vague