Aux plats

30 09 2014

Elle n’aimait pas ça qu’on en parle. Madame parfaite, jamais un plis de travers, toujours le sourire, pas besoin de maquillage, toujours impeccable. Le temps que je la découvre et qu’elle le couvre. J’ai rarement vu des gens ne pas avoir aucun complexe, en fait je n’en ai jamais vu, il y a toujours un truc qui dérange, au moins un, des fois subtiles, mais des fois tellement douloureuses pour l’autre. Elle, elle savait y faire, savait dissimuler, cacher, omettre de le présenter. Ça oui elle avait le talent d’une prestidigitatrice pour le faire disparaitre sans que personne ne s’en rendent compte. On ne dévoile jamais les trucs des magiciens, elle ne dévoilait pas le sien. Parfois on dirait que les choses nous rattrapent, que l’on est pris au dépourvu, que l’on arrive sans que l’on s’aperçoive et que l’on nous pousse, au bout du mur. Pour elle, c’est un peu arrivé comme ça, pas de détail sur le shooting qui allait se faire. Rendue sur place, elle paniqua rapidement, tout le monde déchaussé sur le plateau, elle pensa à s’enfuir, avec ses souliers, sans rien dire. Ça aurait fait tant de bruit, sur le plateau, mais surtout dans le monde qui flashe. Elle avança timidement quand le photographe lui cria « Montrer ce pied que je ne saurais voir! ».

 

Défi du jour : Ce(s) pied(s)





La route

30 09 2014

William marchait sur le bord de la route, vers le soleil, il le sentait sur son visage, mais moins dans ses yeux, car ses lunettes le protégeaient un peu. Le ciel peignait des couleurs magnifiques, il allait bientôt perdre sa lumière, mais rien ne perturbait la marche de William, il avançait d’un pas décidé, sans vraiment savoir où il allait finir. Ça faisait déjà au moins quatre heures qu’il marchait, il se savait sans même regarder sa montre qui avait sonné quatre fois depuis son départ. La fatigue se faisait sentir, mais il n’arrêtait pas. Le village d’où il partait était vraiment tranquille, il avait compté huit voitures sur la route, deux qui allait d’où il venait et les autres s’enfuyait elles aussi comme lui. Il savait qu’il atteindrait son but, il se coucherait enfin en même temps que le soleil. Il trébucha de fatigue, une auto qui allait en sens contraire ralenti près de lui lui demanda s’il avait besoin d’aide, William demanda simplement si le conducteur avait croisé le pont sur sa route et s’il était encore loin. Moins d’un kilomètre, c’était plutôt encourageant, il refusa l’aide du passant et continua sa route, laissant ce dernier un peu inquiet.

Quand la police arriva au pont, il était déjà trop tard, la voiture que William avait croisée avait appelé les secours, trouvant l’homme mal en point. Il était étendu sur le sol, gémissant, l’air un peu amoché, pleurant de ne pas avoir réussi pour une fois ce qu’il avait entrepris. La police lui porta assistance, attendant l’ambulance. William avait entendu plusieurs fois que des gens s’étaient suicidés en sautant en bas de pont, ça lui semblait une bonne idée, mais son expérience fut douloureuse et périlleuse, car sauter par dessus le parapet d’un petit pont sur une route de campagne pour un aveugle n’était pas une chose facile.

 

Défi du jour : Le pont (couvert ou pas)

 





À l’abordage!

29 09 2014

Je t’ai enlevé, dimanche soir, mais tu ne t’en es pas encore remise. Ça me tentait, comme ça, par amour, par égoïsme. Je t’ai apporté sur mon bateau, celui que j’ai volé, comme tu sais que rien ne m’appartient vraiment, j’haïs tellement le matériel, le propriétaire du voilier devrait pas trop m’en vouloir, je lui ai laissé mes clés d’appart dans une enveloppe, pis le frigo est plein. Je ne sais pas trop ce qui m’est passé par la tête, y avait rien à la télé, là je me suis dit, je l’aime vraiment et elle a toujours aimé l’aventure. C’est certain que ça pas été chose facile, surtout quand je suis rentré dans la maison pendant que tu prenais ta douche et que ta soeur c’est mis à crier, elle a pas crié longtemps, je pensais jamais frappé une fille, mais bon, je ne sais pas vraiment si c’est vraiment différent de frapper un homme, ça ne m’est jamais arrivé. Quand t’es sortie de la salle de bains nue, tu ne m’as pas vu qui te suivais, je me suis dit que j’en avais assommé une, la deuxième était plus facile, comme quoi on s’habitue à tout. Après c’était comme dans les films, t’enrouler dans un tapis, te mettre sur la banquette arrière, conduire. Je me suis dit que quand ta soeur se réveillerait, on serait déjà loin, si elle se réveille en fait, j’ai peut-être frappé un peu fort. J’étais tanné d’être loin, je me disais qu’ici, le nous n’était plus possible, alors j’ai pensé qu’on pouvait être nous ailleurs. Je me trompe surement, je verrai quand tu reprendras conscience, j’espère que tu reprendras conscience, j’ai tapé fort, mais moins que sur ta soeur. Ça fait un petit bout qu’on est à la dérive contrôlée de moi-même, du GPS, du sud. Je me suis dit que le sud c’était une belle place pour commencer de quoi de nouveau, on va surement naviguer tout la nuit, en fait moi oui, toi attachée au cordage, j’imagine que tu te réveilleras à l’aube, je le souhaite, parce que me débarrasser de toi une deuxième fois, je ne serais vraiment pas capable de le supporter.

Défi du jour : Cordage





Or pris

29 09 2014

Je sais, ce n’est pas pareil, mais bon, c’était pour te faire plaisir. On s’entend que la ligne est mince, or blanc, argent, or jaune, on est pas à un ton près. T’as vu le diamand au moins? L’as-tu porté? T’es vraiment alergique ou c’est vraiment juste un caprice pour me faire chier? Comme si c’était la première fois que ça t’arrivait. Ta chaine que tu portes dans le temps des fêtes, c’est pas de l’or jaune? Ce n’est pas pareil, je comprends, ta grand-mère, c’est vieux, c’est plus pur, c’est vrai que j’ai l’habitude de t’acheter des trucs de merde, mais oui je comprends jamais rien. C’est ça ou c’est autre chose, t’es peut-être jamais satisfaite, t’as déjà compris pourquoi? Moi j’ai juste faite ça pour bien faire, mais t’inquiète, j’ai la facture, tu feras bien ce que tu veux avec après. Après quoi? Après quand je serai parti, peut-être pas ce cadeau là, peut-être le prochain. Tu sais, chez moi on faisait juste se contenter de ce qu’on nous donnait. Mes parents étaient pas pauvre, mais ils étaient pas riche non plus, on a jamais manqué de rien. Quand on nous donnait un cadeau, on le prenait, on était heureux, on fermait notre gueule. On pensait pas à ce que les autres pouvaient recevoir, on se contentait de ce qu’on recevait, simplement parce qu’on savait que ça venait du coeur. C’est vrai que c’est peut-être de pas être critique, c’est vrai que j’ai attentu qu’on soit juste toi et moi pour de l’offrir, mais bon, semble que j’aurais pas dû, j’aurais jamais rien dû en fait, comme si chaque fois la hache allait tombée, sur mon cou, mais t’ose jamais terminer la motion. J’ai eu beau attendre d’être seul, de mettre mon genou par terre, c’était pas encore assez, de l’argent… pas de l’or blanc. C’est triste quand même que tu vois pas vraiment la valeur de la chose et je parle pas du prix, parce que tu te souviens même pas que cette bague, c’est toi qui m’en a parlé, tu la trouvais magnifique, tu l’avais essayé, elle t’allait comme une bague, mais pas dans un gant. Comme chaque fois j’ai pas écouté, peut-être que si c’est pas moi qui te l’avais donné, ça aurait changé quelque chose. Je l’ai fait, parce que oui je t’aimais, même si tu te lèves pas toujours avec le sourire, même si parfois, la vie t’emporte tes petites joies, moi je reste là à coté, la main dans ton dos, juste pour te montrer que je suis là. Je suis toujours là, même quand t’ai malade, je te fais la soupe jaune, je suis même là pour moi après, quand toi t’es ok, avec les amis, que j’ai attrapé ta grippe, pis que cloué au lit je te dis simplement bonne soirée. J’ai peut-être juste pas pensé à moi quelque part, dans la bague, dans la vie, dans l’action que je mets de l’avant pour que tu sois heureuse. Peut-être que je devrais aussi te dire que le comptoir de la salle de bain, c’est pas du marbre, c’est de la pierre, du simple granite, mais ça… ça change rien.

 

Défi du jour : La pierre c’est pas du marbre





Joue avec moi

28 09 2014

Hier j’ai joué à la roulette russe, j’étais vraiment seul et je me disais que ça ajouterait un peu de fantaisie. Un révolver comme outil, une balle pour la quincaillerie et une bouteille de whisky, pour l’anesthésie. J’ai inséré la balle dans le barillet, je l’ai refermé, je l’ai fait tourner puis le révolver j’ai déposé. J’ai ouvert la bouteille, j’ai jeté le bouchon, je me suis dit qu’il n’avait plus sa raison, un peu comme moi quoi. J’ai pris une grande rasade, un grand respire, l’arme, un grand respire, une autre gorgée, puis j’ai tiré, clic. Je ne tremblais même pas, faut croire que je n’ai pas vraiment peur de mourir, peut-être parce que je sais qu’un jour ça m’arrivera. J’ai pris une lampée, j’ai déposé l’arme sur la table, un instant. Je me suis dit que j’avais rarement pesé le pour et le contre quand il s’agissait de coup de tête, quand il s’agissait d’aimer, quand il s’agissait de toi, peut-être simplement parce qu’il n’y avait pas de raison. J’ai repris l’arme, j’ai fait tourner le barillet, je l’ai mis sur ma tempe, j’ai bu un peu, les yeux fermés, sans vraiment me poser de question, comme quand j’ai actionné la gâchette. Clic. Je crois que je commence à apprécier, peut-être le trop bon whisky, peut-être cette sensation qui me rappelle l’amour, le coeur qui palpite, l’inconnu, l’acceptation soudaine d’être impuissant devant ce qui se passe. La seule chose que je contrôle, c’est le débit d’alcool et le mouvement que mes mains font sur l’arme, passant de ma tête à la table, faisant tourner le barillet. Tu sais, j’aurais pu m’interroger sur le pour et le contre, tenter de comprendre si ma décision faisait du sens, si je vivais bien de cette dépendance, mais à quoi bon, qu’est-ce que ça aurait changé? Sinon que je ne serais pas là à boire une autre gorgée, à me faire tourner, à continuer à me viser, à me tirer, à me manquer. Il y en a qui appellerait ça le destin, moi je me dis que c’est seulement le hasard, un peu comme quand je t’ai rencontré, t’aurais pu être là, ou pas. J’aurais pu te peser le pour ou le contre, chercher ce que j’aimais, ce que je détestais, mais bon, à cause de mes parents me je suis retrouvé à aimer les gens tels qu’ils sont, à la perfection. La perfection de ce qu’ils sont, avec les imperfections, ce qui fait de toi la femme exactement humaine, exactement comme je l’aime. J’ai pris une autre gorgée, c’est ma tête qui commençait à tourner, j’ai fermé les yeux, une dernière fois, j’ai pris l’arme entre mes doigts, je n’ai pas fait tourner le barillet, devant ma tempe qui doucement battait, j’ai pris un grand respire, puis j’ai tiré. J’ai tiré en prenant soin de pointer l’arme vers la bouteille qui a rendu l’âme, se vidant de toute sa vie sur la table, les os brisés, mort instantanée. J’ai vraiment fait comme avec toi, j’ai juste senti qu’il fallait arrêté de jouer tout seul, parce que ça pourrait vraiment mal tourné.

 

Défi du jour : Le pour et le contre





L’essence du bonheur

28 09 2014

L’ouie

Ton rire
La musique
Mon chat qui vient me réveiller
Entendre le pop-corn qui se transforme
Les bruits que tu fais quand on fait l’amour

La vue

Ton sourire
Les contrastes que donne la lumière à la nature
La pluie
La brume sur le lac
Le vent qui fait tourner les feuilles
Le vent qui souffle une jupe quand je lui demande
La descente du cou qui rencontre la clavicule
Un sein ou un décolté qui plonge sans prévenir
Quelqu’un qui tombe
Ton dos quand tu dors

L’odorat

Ton cou
Le gazon frais coupé
L’essence à la station service
Le goudron d’un toit qu’on refait
Le Bounce des sorties de sècheuse dans la rue
Le camfre
La pluie l’été
Ton sexe quand entre tes jambes je m’engouffre
Ce que les voisins se préparent à manger, tenter de le deviner
Le mélange que font nos corps à force de s’enlacer

Le toucher

Ton dos quand tu dors
Ton dos quand tu dors pas
Mon chat quand il me réveille
Certain vêtement
Tes seins
Me sentir en toi, doucement
Tes mains sur moi

Le goût

Toi
Le chocolat
La poutine
Le vin
La bière
Le bacon
Le sushi
Ce que maman prépare

Autre

Les surprises
Les rêves
Apprendre
Écrire
Écouter
Aider
La famille
Les amis
Aimer
Vivre
Espérer
Travailler

 

Défi du jour : Liste des petits bonheurs de tous les jours





Quatre pattes

28 09 2014

Tu m’avais dit qu’il n’y avait pas de date d’expiration dessus, j’ai regardé en arrivant et tu avais raison. Tu ne m’avais pas dit par contre que c’était fermé. Je sais que ça fait au moins deux ans que je le traine dans mon porte-monnaie, tu pensais que c’était le fantasme de tout homme de faire ça avec deux filles, tu t’es dit que c’était un terrain d’entente que tu étais capable de supporter que de m’offrir ça. L’idée n’était pas mauvaise, j’ai souri, un peu forcé en tournant la tête, pour prendre mon porte-feuille et y mettre le certificat, ainsi qu’une certaine déception. Je ne sais pas à quel moment t’as pu penser que ça me ferait plaisir, ai-je déjà démontré cette envie d’une autre quand mes yeux se tournaient vers toi? J’ai toujours rêvé d’une seule, depuis toujours, depuis que je me rappelle que je peux désirer une femme, j’en ai toujours voulu une seule, juste une, pour moi, la bonne, juste parce qu’autour de moi, tout était partagé, parce que les gens ne savent la différence entre conjuguer aimer et fourrer. Pendant qu’adolescent je conjuguais aimer à tous les temps, le temps allait plus vite que moi, plus vite que toi. J’étais un peu triste de voir que c’était de l’argent que t’avais un peu perdu en m’offrant un fantasme que je n’ai jamais eu. En arrivant à la maison, j’ai rayé une partie du bon pour changer quelques mots, j’aurais souhaité te le redonner par la suite, mais bon, le temps a encore passé, tu sais.

 

Défi du jour : Certificat cadeau pour une baise massage à 4 pattes  mains au Spa Le Paradis





Chemin

28 09 2014

Ce n’est peut-être pas aujourd’hui, peut-être même jamais que ce jour n’arrivera, mais laissez-moi-le chérir comme s’il arrivait chaque jour. Simplement pour un moment, simplement pour un instant avec celle, celle qui n’existe peut-être que dans mes rêves les plus doux. Les gens osent me dire de croire, la vie ose me dire de la laisser allée, comme l’automne qui prend la place de l’été. Je retiens le rêve comme une histoire d’amour que je n’ai jamais vécue, que je refais chaque soir, simplement pour que mon coeur batte encore un peu, aujourd’hui, demain. On devrait retenir les souvenirs, pas les gens. On devrait retenir le sentiment d’hier, comme on se souvient de l’odeur des matins d’hiver. J’aimerais marcher à tes cotés, pas comme le font les couples un peu blaser, qui passe leur temps à ce dépasser. J’aimerais marcher dans ces sentiers qui mènent où ni toi ni moi on ne sait. Simplement parce que ta peur entre mes mains trouve le réconfort et la force d’avancer, simplement parce que ma peur entre tes mains trouve l’assurance d’un lendemain. Et si nos chemins se séparaient, pour un instant ou un long moment, si ton coeur écoute la direction, nous finirions à même destination.

 

Défi du jour : Passe pas partout





On joue

21 09 2014

Dans une marche où il faisait très froid, il n’y a pas si longtemps déjà, j’ai capturé un moment unique. Un moment comme on en voit peu, un hasard de vie, un hasard qui fait qu’à la seconde près, ce moment existe.

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Défi du jour : Fallait être là





Bimbo

17 09 2014

Bimbo, Bimbo
Petite fille facile-cile
Tu parais si agile-gile
Sous ta robe en lambeaux
Bi-bi-bi Bimbo

Bimbo, Bimbo
Et tes deux seins si fermemt-ferment
Tu m’retiens à ton aine-aine
Pour pas manqué l’morceau
Bi-bi-bi Bimbo!

Quand tu me reçois dans ta fleur
Ça fait boum-boum dans ton corps
Je m’affoles c’est fantastique
Et moi je viens
Bimbo magique!

Bi-bi-bi-bi-bi Bi
Bi-bi bi-bi

Bimbo, Bimbo
J’t’rammasse entre les colines-lines
Tu ondules et dandines-dines
Mais tu me joues dans l’dos
Bi-bi-bi Bimbo

Bimbo, Bimbo
C’est pas une nouvelle-velle
T’es vraiment infidèle-dèle
Les blus belle des Bimbo
Bi-bi-bi Bimbo
Bi-bi-bi Bimbo

Défi du jour : Sur l’air de Boumbo