Ce qui est venu en premier…

10 09 2014

C’était un matin où je me suis levé beaucoup trop tôt par rapport à l’alcool que j’avais ingurgité la veille et le nombre de coups de reins que je t’avais donnés juste avant de tomber dans les bras de Morphée. La tête me bourdonnait, ta chaleur me réconfortait un peu, juste un peu, j’étais plus mal que bien, pas par ta faute, j’ai vraiment trop abusé. Ta main est venue se poser sur mon sexe qui n’avait rien à raconter, encore endormi, simplement épuisé. T’as pas insisté, comme si t’avais simplement fait le geste par habitude. Je me suis levé après un bon quart d’heure d’essais, j’avais mal un peu partout, mais en même temps l’étrange besoin de me nourrir. Je n’ai même pas eu besoin de te convaincre, t’as suivi. Je me suis préparé un peu, juste un peu, de toute façon ça allait paraitre dans ma face que j’étais lendemain de veille, les dessins de draps, les ombrages de cernes, l’écume d’un refoulement de ronflement au bord des lèvres, j’avais le paysage facial d’un accident d’aquarelle. On est allé au resto sur la grande rue, celle où tous les gens dorment jusqu’à penser qu’ils ont fêté sans lendemain et se réveiller aujourd’hui, en compagnie du dernier con qu’ils auraient pu choisir dans leur journée. On est allé s’assoir à l’ombre, commandé machinalement un café et ce qui venait avec, on a attendu, en silence, les yeux mi-fermés dans ceux de l’autre. Quand mon plat est arrivé, je me suis un peu réveillé, mais pas à temps pour arrêter la serveuse. J’avais dans mon assiette des œufs, tout visqueux, que j’ai regardés un moment dans le jeune des yeux, même le blanc avait l’air visqueux. Je n’étais vraiment pas sûr, même si tu m’as regardé en riant, sachant très bien que je n’avais jamais mangé autre chose que les yeux brouillés, maintenant, j’avais vraiment les yeux clairs. J’ai joué un peu de ma fourchette, pensant de commettre le crime de les crever, comme sans, sans même les connaitre, mais je me suis résigné, j’ai découpé chirurgicalement un petit morceau de blanc, juste pour voir, ou gouter sous tes yeux maintenant bien entier. Ce fut vraiment le début de la fin, mon visage qui perdait dix ans, un sourire, puis tu t’es renseignée. J’avais déjà englouti le premier quand tu m’as demandé comment c’était, j’ai répondu simplement une chose, la bouche encore pleine, que c’était vraiment trop sexe. J’ai eu vraiment envie de m’acheter un poulailler à cet instant présent, mais à l’instant où j’ai vu que t’avais fini ton assiette, je me suis levé pour payer, je t’ai pris pas la main et on est retourné sous la couette où j’ai continué mon repas, ça m’avait vraiment allumé, ça t’apprendra à me faire gouter de nouvelles choses!

 

Défi du jour : C’est visqueux, je ne sais pas si j’aime ça





C’est comme un rêve

10 09 2014

Je ne prends plus beaucoup mon ordinateur portatif, probablement parce que la technologie fait que je fais la même chose, avec plus petit, plus cher, plus élégant. Aujourd’hui j’ai pris l’ordinateur portatif, parce que je le traine quand même, même s’il est gros, vieux, qu’il chauffe s’il est allumé plus d’une heure, je me sens simplement plus à l’aise, position naturelle, ergonomique, c’est confortable. Je me suis souvenu aussi que c’était un peu long en l’allumant, il faut croire que je perds un peu mon temps, ou patience, qui sait. L’avantage maintenant, c’est que quand j’attends, je tourne ma tête et je vois l’eau, le fleuve, le petit étant entouré de pierre, la petite colline où je vais marcher pour ne pas rester immobile, j’en serais bien capable ces derniers jours. J’avais besoin d’être loin de moi, de la ville, je sais que je viens souvent me rattraper rapidement, c’est pour ça que je bouge un peu, histoire de brouiller les pistes. Je me suis levé fatigué, je me suis levé un peu terne, après dix heures de sommeil, je ne fais pas ça moi dormir dix heures, six tout au plus, quand je dors dix heures, c’est que j’ai bu la veille, mais pas hier, peut-être c’est juste le temps qui me rattrape, qui me signifie que je dois dormir. Ici, je tente de ne pas avoir le contrôle sur lui, sur moi, ça ne donne rien, je suis en vacances. Sur le fleuve, quand on regarde de ce côté, il y a comme un voile qui rend moins clair la rive opposée, une rive comme un rêve, un peu floue. J’ai pris le temps, mes céréales, j’ai laissé le café de côté, le bon café qui brûle l’énergie que je n’ai plus, je ne suis pas encore sorti, je n’ai pas encore pris ma douche, comme si mon corps se solidifie lentement, je crois que j’arrive, je me rattrape doucement, peut-être devrais-je retourner en ville, je ne me croiserais pas nécessairement en chemin. J’ai beau essayé de ne pas penser à toi, mais t’arrives toujours de nulle part, comme une surprise, comme là sur mon laptop, une photo sur le bureau de toi, une photo que j’ouvre, tu es comme un rêve, un peu flou. C’est comme une chambre d’hôtel, c’est probablement l’an passé, à pareille date, parce qu’il y a la bouteille brune et jaune à la banane sur le bureau un peu plus loin. Je m’ennuie tout à coup terriblement, ça doit être de te voir là, de te savoir si loin. Un demi-sourire, une crinière de lionne, une camisole rayée et ton regard sur moi, le poids de ton regard sur moi me manque, c’est lourd de ne plus le sentir. Je crois que je vais aller sur une Isle, histoire de me fuir un peu plus. Je ne comprends pas trop pourquoi tu es là, comme si tu venais de te lever avec moi, mais j’aime ça.