C’était un matin où je me suis levé beaucoup trop tôt par rapport à l’alcool que j’avais ingurgité la veille et le nombre de coups de reins que je t’avais donnés juste avant de tomber dans les bras de Morphée. La tête me bourdonnait, ta chaleur me réconfortait un peu, juste un peu, j’étais plus mal que bien, pas par ta faute, j’ai vraiment trop abusé. Ta main est venue se poser sur mon sexe qui n’avait rien à raconter, encore endormi, simplement épuisé. T’as pas insisté, comme si t’avais simplement fait le geste par habitude. Je me suis levé après un bon quart d’heure d’essais, j’avais mal un peu partout, mais en même temps l’étrange besoin de me nourrir. Je n’ai même pas eu besoin de te convaincre, t’as suivi. Je me suis préparé un peu, juste un peu, de toute façon ça allait paraitre dans ma face que j’étais lendemain de veille, les dessins de draps, les ombrages de cernes, l’écume d’un refoulement de ronflement au bord des lèvres, j’avais le paysage facial d’un accident d’aquarelle. On est allé au resto sur la grande rue, celle où tous les gens dorment jusqu’à penser qu’ils ont fêté sans lendemain et se réveiller aujourd’hui, en compagnie du dernier con qu’ils auraient pu choisir dans leur journée. On est allé s’assoir à l’ombre, commandé machinalement un café et ce qui venait avec, on a attendu, en silence, les yeux mi-fermés dans ceux de l’autre. Quand mon plat est arrivé, je me suis un peu réveillé, mais pas à temps pour arrêter la serveuse. J’avais dans mon assiette des œufs, tout visqueux, que j’ai regardés un moment dans le jeune des yeux, même le blanc avait l’air visqueux. Je n’étais vraiment pas sûr, même si tu m’as regardé en riant, sachant très bien que je n’avais jamais mangé autre chose que les yeux brouillés, maintenant, j’avais vraiment les yeux clairs. J’ai joué un peu de ma fourchette, pensant de commettre le crime de les crever, comme sans, sans même les connaitre, mais je me suis résigné, j’ai découpé chirurgicalement un petit morceau de blanc, juste pour voir, ou gouter sous tes yeux maintenant bien entier. Ce fut vraiment le début de la fin, mon visage qui perdait dix ans, un sourire, puis tu t’es renseignée. J’avais déjà englouti le premier quand tu m’as demandé comment c’était, j’ai répondu simplement une chose, la bouche encore pleine, que c’était vraiment trop sexe. J’ai eu vraiment envie de m’acheter un poulailler à cet instant présent, mais à l’instant où j’ai vu que t’avais fini ton assiette, je me suis levé pour payer, je t’ai pris pas la main et on est retourné sous la couette où j’ai continué mon repas, ça m’avait vraiment allumé, ça t’apprendra à me faire gouter de nouvelles choses!
Défi du jour : C’est visqueux, je ne sais pas si j’aime ça