Joue avec moi

28 09 2014

Hier j’ai joué à la roulette russe, j’étais vraiment seul et je me disais que ça ajouterait un peu de fantaisie. Un révolver comme outil, une balle pour la quincaillerie et une bouteille de whisky, pour l’anesthésie. J’ai inséré la balle dans le barillet, je l’ai refermé, je l’ai fait tourner puis le révolver j’ai déposé. J’ai ouvert la bouteille, j’ai jeté le bouchon, je me suis dit qu’il n’avait plus sa raison, un peu comme moi quoi. J’ai pris une grande rasade, un grand respire, l’arme, un grand respire, une autre gorgée, puis j’ai tiré, clic. Je ne tremblais même pas, faut croire que je n’ai pas vraiment peur de mourir, peut-être parce que je sais qu’un jour ça m’arrivera. J’ai pris une lampée, j’ai déposé l’arme sur la table, un instant. Je me suis dit que j’avais rarement pesé le pour et le contre quand il s’agissait de coup de tête, quand il s’agissait d’aimer, quand il s’agissait de toi, peut-être simplement parce qu’il n’y avait pas de raison. J’ai repris l’arme, j’ai fait tourner le barillet, je l’ai mis sur ma tempe, j’ai bu un peu, les yeux fermés, sans vraiment me poser de question, comme quand j’ai actionné la gâchette. Clic. Je crois que je commence à apprécier, peut-être le trop bon whisky, peut-être cette sensation qui me rappelle l’amour, le coeur qui palpite, l’inconnu, l’acceptation soudaine d’être impuissant devant ce qui se passe. La seule chose que je contrôle, c’est le débit d’alcool et le mouvement que mes mains font sur l’arme, passant de ma tête à la table, faisant tourner le barillet. Tu sais, j’aurais pu m’interroger sur le pour et le contre, tenter de comprendre si ma décision faisait du sens, si je vivais bien de cette dépendance, mais à quoi bon, qu’est-ce que ça aurait changé? Sinon que je ne serais pas là à boire une autre gorgée, à me faire tourner, à continuer à me viser, à me tirer, à me manquer. Il y en a qui appellerait ça le destin, moi je me dis que c’est seulement le hasard, un peu comme quand je t’ai rencontré, t’aurais pu être là, ou pas. J’aurais pu te peser le pour ou le contre, chercher ce que j’aimais, ce que je détestais, mais bon, à cause de mes parents me je suis retrouvé à aimer les gens tels qu’ils sont, à la perfection. La perfection de ce qu’ils sont, avec les imperfections, ce qui fait de toi la femme exactement humaine, exactement comme je l’aime. J’ai pris une autre gorgée, c’est ma tête qui commençait à tourner, j’ai fermé les yeux, une dernière fois, j’ai pris l’arme entre mes doigts, je n’ai pas fait tourner le barillet, devant ma tempe qui doucement battait, j’ai pris un grand respire, puis j’ai tiré. J’ai tiré en prenant soin de pointer l’arme vers la bouteille qui a rendu l’âme, se vidant de toute sa vie sur la table, les os brisés, mort instantanée. J’ai vraiment fait comme avec toi, j’ai juste senti qu’il fallait arrêté de jouer tout seul, parce que ça pourrait vraiment mal tourné.

 

Défi du jour : Le pour et le contre





L’essence du bonheur

28 09 2014

L’ouie

Ton rire
La musique
Mon chat qui vient me réveiller
Entendre le pop-corn qui se transforme
Les bruits que tu fais quand on fait l’amour

La vue

Ton sourire
Les contrastes que donne la lumière à la nature
La pluie
La brume sur le lac
Le vent qui fait tourner les feuilles
Le vent qui souffle une jupe quand je lui demande
La descente du cou qui rencontre la clavicule
Un sein ou un décolté qui plonge sans prévenir
Quelqu’un qui tombe
Ton dos quand tu dors

L’odorat

Ton cou
Le gazon frais coupé
L’essence à la station service
Le goudron d’un toit qu’on refait
Le Bounce des sorties de sècheuse dans la rue
Le camfre
La pluie l’été
Ton sexe quand entre tes jambes je m’engouffre
Ce que les voisins se préparent à manger, tenter de le deviner
Le mélange que font nos corps à force de s’enlacer

Le toucher

Ton dos quand tu dors
Ton dos quand tu dors pas
Mon chat quand il me réveille
Certain vêtement
Tes seins
Me sentir en toi, doucement
Tes mains sur moi

Le goût

Toi
Le chocolat
La poutine
Le vin
La bière
Le bacon
Le sushi
Ce que maman prépare

Autre

Les surprises
Les rêves
Apprendre
Écrire
Écouter
Aider
La famille
Les amis
Aimer
Vivre
Espérer
Travailler

 

Défi du jour : Liste des petits bonheurs de tous les jours





Quatre pattes

28 09 2014

Tu m’avais dit qu’il n’y avait pas de date d’expiration dessus, j’ai regardé en arrivant et tu avais raison. Tu ne m’avais pas dit par contre que c’était fermé. Je sais que ça fait au moins deux ans que je le traine dans mon porte-monnaie, tu pensais que c’était le fantasme de tout homme de faire ça avec deux filles, tu t’es dit que c’était un terrain d’entente que tu étais capable de supporter que de m’offrir ça. L’idée n’était pas mauvaise, j’ai souri, un peu forcé en tournant la tête, pour prendre mon porte-feuille et y mettre le certificat, ainsi qu’une certaine déception. Je ne sais pas à quel moment t’as pu penser que ça me ferait plaisir, ai-je déjà démontré cette envie d’une autre quand mes yeux se tournaient vers toi? J’ai toujours rêvé d’une seule, depuis toujours, depuis que je me rappelle que je peux désirer une femme, j’en ai toujours voulu une seule, juste une, pour moi, la bonne, juste parce qu’autour de moi, tout était partagé, parce que les gens ne savent la différence entre conjuguer aimer et fourrer. Pendant qu’adolescent je conjuguais aimer à tous les temps, le temps allait plus vite que moi, plus vite que toi. J’étais un peu triste de voir que c’était de l’argent que t’avais un peu perdu en m’offrant un fantasme que je n’ai jamais eu. En arrivant à la maison, j’ai rayé une partie du bon pour changer quelques mots, j’aurais souhaité te le redonner par la suite, mais bon, le temps a encore passé, tu sais.

 

Défi du jour : Certificat cadeau pour une baise massage à 4 pattes  mains au Spa Le Paradis





Chemin

28 09 2014

Ce n’est peut-être pas aujourd’hui, peut-être même jamais que ce jour n’arrivera, mais laissez-moi-le chérir comme s’il arrivait chaque jour. Simplement pour un moment, simplement pour un instant avec celle, celle qui n’existe peut-être que dans mes rêves les plus doux. Les gens osent me dire de croire, la vie ose me dire de la laisser allée, comme l’automne qui prend la place de l’été. Je retiens le rêve comme une histoire d’amour que je n’ai jamais vécue, que je refais chaque soir, simplement pour que mon coeur batte encore un peu, aujourd’hui, demain. On devrait retenir les souvenirs, pas les gens. On devrait retenir le sentiment d’hier, comme on se souvient de l’odeur des matins d’hiver. J’aimerais marcher à tes cotés, pas comme le font les couples un peu blaser, qui passe leur temps à ce dépasser. J’aimerais marcher dans ces sentiers qui mènent où ni toi ni moi on ne sait. Simplement parce que ta peur entre mes mains trouve le réconfort et la force d’avancer, simplement parce que ma peur entre tes mains trouve l’assurance d’un lendemain. Et si nos chemins se séparaient, pour un instant ou un long moment, si ton coeur écoute la direction, nous finirions à même destination.

 

Défi du jour : Passe pas partout