À l’abordage!

29 09 2014

Je t’ai enlevé, dimanche soir, mais tu ne t’en es pas encore remise. Ça me tentait, comme ça, par amour, par égoïsme. Je t’ai apporté sur mon bateau, celui que j’ai volé, comme tu sais que rien ne m’appartient vraiment, j’haïs tellement le matériel, le propriétaire du voilier devrait pas trop m’en vouloir, je lui ai laissé mes clés d’appart dans une enveloppe, pis le frigo est plein. Je ne sais pas trop ce qui m’est passé par la tête, y avait rien à la télé, là je me suis dit, je l’aime vraiment et elle a toujours aimé l’aventure. C’est certain que ça pas été chose facile, surtout quand je suis rentré dans la maison pendant que tu prenais ta douche et que ta soeur c’est mis à crier, elle a pas crié longtemps, je pensais jamais frappé une fille, mais bon, je ne sais pas vraiment si c’est vraiment différent de frapper un homme, ça ne m’est jamais arrivé. Quand t’es sortie de la salle de bains nue, tu ne m’as pas vu qui te suivais, je me suis dit que j’en avais assommé une, la deuxième était plus facile, comme quoi on s’habitue à tout. Après c’était comme dans les films, t’enrouler dans un tapis, te mettre sur la banquette arrière, conduire. Je me suis dit que quand ta soeur se réveillerait, on serait déjà loin, si elle se réveille en fait, j’ai peut-être frappé un peu fort. J’étais tanné d’être loin, je me disais qu’ici, le nous n’était plus possible, alors j’ai pensé qu’on pouvait être nous ailleurs. Je me trompe surement, je verrai quand tu reprendras conscience, j’espère que tu reprendras conscience, j’ai tapé fort, mais moins que sur ta soeur. Ça fait un petit bout qu’on est à la dérive contrôlée de moi-même, du GPS, du sud. Je me suis dit que le sud c’était une belle place pour commencer de quoi de nouveau, on va surement naviguer tout la nuit, en fait moi oui, toi attachée au cordage, j’imagine que tu te réveilleras à l’aube, je le souhaite, parce que me débarrasser de toi une deuxième fois, je ne serais vraiment pas capable de le supporter.

Défi du jour : Cordage





Or pris

29 09 2014

Je sais, ce n’est pas pareil, mais bon, c’était pour te faire plaisir. On s’entend que la ligne est mince, or blanc, argent, or jaune, on est pas à un ton près. T’as vu le diamand au moins? L’as-tu porté? T’es vraiment alergique ou c’est vraiment juste un caprice pour me faire chier? Comme si c’était la première fois que ça t’arrivait. Ta chaine que tu portes dans le temps des fêtes, c’est pas de l’or jaune? Ce n’est pas pareil, je comprends, ta grand-mère, c’est vieux, c’est plus pur, c’est vrai que j’ai l’habitude de t’acheter des trucs de merde, mais oui je comprends jamais rien. C’est ça ou c’est autre chose, t’es peut-être jamais satisfaite, t’as déjà compris pourquoi? Moi j’ai juste faite ça pour bien faire, mais t’inquiète, j’ai la facture, tu feras bien ce que tu veux avec après. Après quoi? Après quand je serai parti, peut-être pas ce cadeau là, peut-être le prochain. Tu sais, chez moi on faisait juste se contenter de ce qu’on nous donnait. Mes parents étaient pas pauvre, mais ils étaient pas riche non plus, on a jamais manqué de rien. Quand on nous donnait un cadeau, on le prenait, on était heureux, on fermait notre gueule. On pensait pas à ce que les autres pouvaient recevoir, on se contentait de ce qu’on recevait, simplement parce qu’on savait que ça venait du coeur. C’est vrai que c’est peut-être de pas être critique, c’est vrai que j’ai attentu qu’on soit juste toi et moi pour de l’offrir, mais bon, semble que j’aurais pas dû, j’aurais jamais rien dû en fait, comme si chaque fois la hache allait tombée, sur mon cou, mais t’ose jamais terminer la motion. J’ai eu beau attendre d’être seul, de mettre mon genou par terre, c’était pas encore assez, de l’argent… pas de l’or blanc. C’est triste quand même que tu vois pas vraiment la valeur de la chose et je parle pas du prix, parce que tu te souviens même pas que cette bague, c’est toi qui m’en a parlé, tu la trouvais magnifique, tu l’avais essayé, elle t’allait comme une bague, mais pas dans un gant. Comme chaque fois j’ai pas écouté, peut-être que si c’est pas moi qui te l’avais donné, ça aurait changé quelque chose. Je l’ai fait, parce que oui je t’aimais, même si tu te lèves pas toujours avec le sourire, même si parfois, la vie t’emporte tes petites joies, moi je reste là à coté, la main dans ton dos, juste pour te montrer que je suis là. Je suis toujours là, même quand t’ai malade, je te fais la soupe jaune, je suis même là pour moi après, quand toi t’es ok, avec les amis, que j’ai attrapé ta grippe, pis que cloué au lit je te dis simplement bonne soirée. J’ai peut-être juste pas pensé à moi quelque part, dans la bague, dans la vie, dans l’action que je mets de l’avant pour que tu sois heureuse. Peut-être que je devrais aussi te dire que le comptoir de la salle de bain, c’est pas du marbre, c’est de la pierre, du simple granite, mais ça… ça change rien.

 

Défi du jour : La pierre c’est pas du marbre