Peine lune

17 09 2014

T’as d’la peine Line, c’est la pleine lune
Tu rêves encore à l’une
T’as d’la peine Line, c’est la pleine lune
T’es vraiment prise avec l’autre

C’est un peu comme ça chaque soir
Entre le doute et le désespoir
Des fois c’est seulement un peu plus clair
Dans ce temps-là, tu te verses un verre

C’est la pleine lune, tu t’appelles Line
Ce soir tu te sens comme une hémophile
C’est la pleine lune, tu t’appelles Line
Sur ton bras, comme le temps, cette lame file

C’est toujours un peu plus noir
L’une t’appelle pas et l’autre te gave
Tu la verras encore ce soir
Et la blessure encore s’aggrave

T’as de la peine Line
Quand le glas sonne
Et l’une s’en étonne
C’est la pleine lune

 

Défi du jour : Pleine l’une





Le premier baiser

17 09 2014

Je t’ai vu avant de te connaitre, je t’ai entendu avant de te voir, j’ai rêvé de tes lèvres dès ton premier sourire. J’ai valsé sans toi, j’ai dansé autour de toi, j’espérais un signe de main, demain ne venait jamais assez vite. Je ai toujours cru en rien, je n’ai jamais pensé que ça arriverait, j’ai rêvé cent fois de cet instant, je me suis réveillé aussi souvent. Un jour nous yeux se sont emmêlés, une seconde nos lèvres se sont nouées, une heure au moins j’en ai profité, après j’ai simplement recommencé. Hier ton souffle m’a manqué, aujourd’hui ta chaleur ne me réchauffe plus, demain je me remets encore à rêver et toujours de tes lèvres pour un premier baiser.

 

Défi du jour : Aussi magique qu’une double rainbow





Comme dans une botte de foin

14 09 2014

Je me suis cherché, comme une aiguille dans une botte de foin, sans même me trouver. J’ai parcouru plus de mille kilomètres pour chercher dans un endroit où je ne suis pas. Je suis allé voir dans le bois, après des heures de marche, je suis revenu sur mes pas, bredouille je m’embrouille. Je me suis levé ce matin, j’ai eu envie d’autre chose, simplement parce que je ne me trouvais pas, j’ai pris mes idées au pied de la lettre et j’en ai écrit une, puis une deuxième, au bout de quelques lettres j’ai formé des mots délicieux à mon oeil, musicaux à mes oreilles, puis j’ai souri doucement. Ce matin je me suis trouvé, dans le plaisir d’écrire, quand j’ai appuyé sur Publier, ça a écrit que j’en avais 450 à mon actif, combien de mots te sont destinés? J’en suis vraiment désolé. Ce matin, j’ai eu envie de toi, différemment. Ce matin, j’avais envie de sentir la vie sur mon visage, j’ai refait le même parcours, j’étais là, partout et nulle part à la fois, une simplement envie transformée en désir d’être là, alors je suis revenu. Demain je rentre, rentre à ma base, retrouver mes bases, ma vie, mes mêmes envies. J’aurais fait plus de 1500 kilomètres pour me retrouver pareil, au même endroit, pareil, mais différent, parce que j’ai envie d’être simplement là, parce que je ne me suis jamais perdu, je me suis seulement oublié. J’ai pris ma peine, j’ai composé pour faire changement, faire autrement, transformer ma douleur en histoire d’amour, de transformer mon amour en inspiration, expiration, te transformer en muse. J’écoute une chanson des Counting Crows « Ghost Train », ça me fait pleurer un peu… mais je vais bien, on dirait qu’elle attendait avant de commencer. Je regarde l’heure et je patiente, doucement le calme en moi, j’espère déjà demain, le retour à la maison, l’envie d’être, comme une aiguille dans une botte de foin, peut être un peu perdu, mais bien là. Si jamais tu me cherches, je suis là, quelque part.





Tu vas t’y retrouver ma chérie

14 09 2014

J’ai creusé ce grand trou en pensant à toi, dans la cour, pendant que tu me regardais, il faisait noir et tu ne voyais que les reflets de la pelle dans l’éclair de lune qui surplombait la nuit. Il faisait vraiment chaud, mon t-shirt était trempé, un mélange de sueur et de pluie d’automne qui ressemblait bien à la fin de l’été des Indiens. Ce n’était pas mes larmes qui mouillaient mon t-shirt, bien que nombreuses, elles mouraient sur les coins de ma bouche, je savais parce que c’était salé. La pelle était lourde, bien plus lourde encore quand elle était vide, que je l’élevais dans les airs pour la planter toujours un peu plus creux en terre, pour finir enfoncée par mon pied. Le grand trou jamais assez grand pour toi, jamais assez grand pour moi. Tant d’énergie je dépensais pour enfin me reposer, tant d’énergie je dépensais, simplement pour oublier le passé, le présent. Tu buvais doucement une tisane, je voyais ton ombre devant les rideaux, puis tu t’évanouis doucement dans la noirceur bleuâtre du salon, projetée par la télévision. J’avais l’impression de faire un pèlerinage immobile, dissocié les images, les sensations entre ce qui s’en venait et le passé, ce que les gens appelaient l’avenir. Peut-être est-ce pour ça que tu as quitté la fenêtre, pour ne pas voir l’avenir, ce qui s’en venait pour toi et moi, ce qui nous réunirait enfin. J’en avais encore pour quelques jours, quelques jours à creuser encore, je brûlais bien rapidement mon énergie, je me fatiguais bien rapidement, surtout après des journées de travail bien chargées. J’arrêtais toujours vers minuit, histoire d’éviter les questions des voisins, on ne leur parle pas de toute façon, mais ils ont le nez long, un rien ne les fait parler de nous, parler de tout.

Trois jours déjà, je croyais en avoir terminé, mais ça avance, moins rapidement que je le pensais. J’ai fini ta partie, tu voulais vraiment ne pas avoir la partie la plus profonde, moi j’y tenais, on a fait un compromis, en fait, tu m’as sauvé un peu de travail. C’est vraiment plus grand que je pensais, c’est vraiment très humide. C’était aussi une bonne idée, de ne pas taillader les haies, ça couvre mon travail, notre futur lieu de détente, paisible enfin. J’aurais vraiment pu donné le travail a n’importe qui, mais tu sais, depuis qu’il est mort, j’ai besoin de penser à autre chose, toi aussi, probablement pour ça que tu passes clairement tes journées devant la télé, la regardes-tu vraiment? Clairement que l’assurance qu’on a reçue aurait pu couvrir tout ça, mais c’était insupportable, de ne rien faire, de rester là, loin de toi sur le divan, les yeux toujours un peu dans le vide, comme ce trou qui ne fait que grandir, comme l’espace qui nous sépare, bientôt réduit, j’y crois.

J’ai les mains bien pleines d’ampoule, une semaine de pelle, terminer enfin. Je sais, ça aurait été bien plus rapide avec une pelle mécanique, j’aurais même pu m’amuser à la faire. Je sais qu’au cimetière ça doit n’avoir pris que deux ou trois coups de pelle pour faire le trou de la petite. Ça fera un an déjà dans quelques jours, six pour être précis, je devrais avoir terminé pour nous d’ici là, ne restant de la finition. Tu ne viens même plus me voir à la fenêtre, tu ne viens même plus me rejoindre dans le lit, tu restes à des milles de moi, jusqu’à ce que la mort nous sépare, je croyais qu’on parlait de la notre, pas celle d’une autre personne, de notre enfant. La bute de terre qui est juste a coté, je ne sais pas ce que je vais en faire, je n’en ai rien à faire vraiment, le dernier de mes soucis pour le moment, je veux en terminer avec la date de son anniversaire.

Il a vraiment fallu que je t’y prenne de force, il approchait minuit quand j’ai vraiment tout terminé, le minuit qui nous faisait tant peur. Tu sentais l’humidité, la sueur collée à ta peau, combien de jours sans que tu aies pris une douche? Peu importait, je t’ai enlevé ta si confortable robe de chambre qui te faisait office de seul vêtement depuis des semaines. Tu es belle malgré l’odeur, toujours comme le premier jour. Tu ne voulais plus y aller, tu disais que c’était ridicule, que j’avais tout fait ça pour rien, de te laisser tranquille. Je ne t’écoutais pas, j’étais fatigué de cette distance, je voulais te retrouver, je voulais t’avoir près de moi, jusqu’à ce que la mort nous sépare, nous n’étions pas morts, un peu de nous oui, une partie de nous avait disparu subitement, une nuit où tout était si beau, c’était l’été des Indiens, je crois, on rêvait de demain sur la terrasse, on rêvait de voyage, de vent de mer, de s’embrasser en ne comptant plus le temps, tu te souviens comme quand on était adolescent. On avait un demain ensemble il me semble. On avait hâte de savoir s’il allait dire papa, ou maman, rêver de sa première journée d’école, son premier amour, son départ de la maison, que tu ne voulais pas trop tôt, on allait trop vite, tu nous voyais vieux, tu nous voyais heureux, avec une piscine dans la cour, vieillir comme des sachets de thé dans cette eau chauffée.

Je l’ai creusé notre piscine, notre nid d’amour, notre sanctuaire, notre endroit pour nous retrouver enfin. Ne t’inquiète pas l’eau est bien confortable et a cette heure pas vraiment besoin de nos maillots. Quand ta peau a touché l’eau, t’as eu un sanglot instantané, je t’ai déposé doucement dans l’eau, dans la marche qui menait à la partie pas creuse de la piscine, tu m’as regardé, comme pour la première fois depuis un an, réalisant que j’étais encore bien vivant. Ému je me suis mis à pleurer aussi, je t’ai prise et serrée dans mes bras, tu m’as serré si fort, je sentais tes larmes sur ma joue. Tes lèvres se sont mises à m’embrasser le cou, comme si tu avais soudainement faim de moi, comme pour signaler un peu la fin de tout ça, comme si l’envie de continuer de vivre te parcourait le corps. Tu m’embrassais maintenant avec rigueur, comme si tout venait de changer, comme si de rage tu te lançais sur moi, prenant mon membre déjà bien prêt à te retrouver, pour le glisser en toi. Tu étais animale, tu n’avais jamais été de la sorte, comme si l’eau t’avait réveillé en un instant. J’étais heureux d’être là, lorsque tout stoppa, brusquement. Tu glissas doucement dans mon oreille en t’agrippant très fort à moi de me retourner doucement. Ce que je fis, te gardant collé à moi. Je fis graduellement le monticule, la haie qui n’avait pas tenu sous le poids de la terre, les voisins qui tenais à leur main un verre, nous regardant fixement, comme deux jeunes amants, éclairée par la pleine lune de septembre.

 

Défi du jour : C’est là que j’ai remarqué que mes voisins voyaient tout





Ainsi soit-il

14 09 2014

Je ne sais pas pourquoi je me suis retrouvé là, ça faisait vraiment longtemps que je n’y avais pas mis les pieds, peut-être que j’avais froid, peut-être que j’avais simplement un manque d’inspiration et je savais plus où aller la trouver. La dernière fois j’étais là, j’étais seulement perdu, perdu dans Montréal, se perdre de l’intérieur, j’avais besoin d’un espace tranquille et je sais que très peu de gens fréquente cet endroit maintenant, alors je savais que j’allais avoir la paix, c’est un peu l’endroit où on la trouve d’ailleurs, certain y repose même. Le dimanche par contre, c’est un peu plus achalandé, en matinée, mais bon, j’avais besoin de sermon, d’entendre où de me souvenir ce qui me déplaisait dans cette institution, parce que les fondements logiques et basés sur des valeurs fondamentales sont correctes, comme la majorité des religions qui existent en fait, mais j’ai toujours été pour l’équité et je m’intéresse de la même façon à toutes ces religions. Je suis rentré en même temps que plusieurs personnes, en même temps que toi. Je me suis avancé, en milieu d’allée, celle où on peut être invisible, on ne connait pas toutes les paroles, les gens autour marmonnent pour nous, on peut rester assis tranquille, contempler l’architecture qui nous entoure. C’est dans les églises que je trouve les plus belles réalisation, des choses qu’on ne crée plus aujourd’hui, parce qu’on se concentre sur le carré, le rond, le moderne. Je suis donc là, à regarder les gens autour, à ne pas écouter le prêtre qui commence sa cérémonie. Toi tu t’es assise dans les dernières rangées, celle où les retardataires s’assoient, les itinérants, les gens qui viennent simplement se reposer, se réchauffer, voir. Tu es seule dans les dernières rangées, tu me regardes te regarder. Je retourne timidement la tête et continue mon parcours d’observation, à la gloire de dieu, tout puissant, Amen. Je sais maintenant ce qui me déplait, j’ai l’impression d’être dans une séance de lavage de cerveau, où la place à la liberté de penser n’existe pas, un peu comme la politique quoi, deux domaines où si on pense un peu différemment, on est excommunié, on est bani, on est regardé de travers. J’aime tout de même le son dans cet endroit, on dirait que ça été construit pour simplement promener la voix sans arrêt dans tous les sens, j’aimerais être seul, vraiment seul et faire porter ma voix, « Écho000! » et compter le temps que ça prend avant que le son ne revienne plus. Je suis tiré tout à coup de ma rêverie quand j’entends à travers des paroles du curé, un son qui ne lui appartient pas, on son qui se met à tourner autour de moi, qui me donne des frissons. Ma tête tourne vers toi, qui as toujours la tête vers moi, la tête oui, mais tes yeux semblent disparaitre sous tes paupières, encore plus au moment où mes yeux se posent sur toi. Tu sembles pris dans un exorcisme que tu te provoques, je t’entends encore gémir au même moment où je te vois trembler, ton corps ondule, douleur ou plaisir, probablement un peu des deux. D’une vague de chaleur, je dois avoir le visage rouge comme l’enfer, je ne me sens plus à ma place avec des pensées très peu catholiques. Les mains moites, je m’essuie sur mes pantalons, je tire un peu mon chandail vers le bas pour cacher cette protubérance naissante. Je n’ai maintenant qu’envie de quitter cet endroit, je cherche le moment, le silence naissant avant une autre parole divine pour m’éclipser, pour t’enlever de cet endroit avant que tu ne brûles seule sur place. J’ai encore l’impression que ton gémissement a préséance sur l’orgue qui vient de s’éteindre, comme si ton plaisir était parfait dans cet endroit divin. Le moment est enfin propice, je me lève et m’esquive doucement à ce supplice, arrivé à ta rangée tu t’es volatilisé, disparue, consumée. Je continue ma route jusqu’à l’extérieur où le froid me rappelle que la saison tournera bientôt à l’hiver. Je m’assois sur le perron de l’église, la tête entre les mains me demandait si j’ai rêvé ou si je suis simplement devenu fou, tu ne pouvais pas vraiment être là.

 

Défi du jour : C’est écho, je t’ai entendu gémir





Hier

13 09 2014

Hier en me levant, j’étais vraiment pareil à la veille, rien n’avait changé, sinon que la date et la température à l’extérieur. Je ne sais pas si je souhaitais vraiment autrement, mais je me suis réveillé comme ça, rien de différent, même pas cette envie de toi. J’aurais pu être un corbeau, un arbre ou une femme, mais probablement que j’aurais été lesbienne simplement à ta vue, simplement parce que tu m’aurais surement aussi plu. J’ai eu un instant, envie d’écrire drôle ou absurde, mais mes doigts sur le clavier affligé par cette vieille habitude d’écrire des mots qui parle plus de mon ennui que de mes nuits. J’aurais peut-être pu être un grand écrivain au réveil, mais j’ai choisi l’ombre de mon arbre, j’ai choisi de me rendre invisible, ne savais tu pas que j’avais ce pouvoir magique à l’occasion, je disparais, subitement, personne ne me voit ou m’entend. Hier quand je me suis réveillé, je me suis rendu compte que ma quête à je ne sais quoi ne menait nulle part, j’ai soudain eu envie de rentrer, alors je suis sorti, je suis allé me balader en ville, je suis allé dans un restaurant que je ne connaissais pas, mais qui me rappelait toi, j’ai même à un certain moment, senti ta main sur la mienne, ça m’a fait sursauté, à en renverser ma bière. Quand on m’a demandé si ça allait, j’ai répondu simplement que ça allait. Hier en me levant, j’aurais voulu partir immédiatement, me retrouver chez moi, me retrouver dans ce qui me manque depuis dix jours, me réveiller dans ce qui me manque depuis déjà trop longtemps.

 

Défi du jour : Quand je me suis réveillé hier matin, j’étais devenu un/une …





Vent porte moi

11 09 2014

Le vent veut tout arracher dehors. Je suis sorti juste pour voir, comme tu peux le remarquer ça n’a pas marcher. J’ai pourtant attendu, j’ai même un peu sauté, juste pour voir tu sais. Qui sait où il aurait pu me mener, ici, juste un peu plus loin ou simplement plus près de toi. C’est avec mes yeux d’enfant que j’ai regardé dehors ce qui était en train de se passer. J’ai vu comme les balles de foins dans les films, je me suis dit que c’était le moment, si dehors c’était comme dans les films, je pourrais surement m’envoler jusqu’à toi. S’il avait fait un peu plus noir, j’aurais même battu des ailes, mais tu sais, même si autour il y a peu de gens, ils peuvent tout de même me voir, quoi que si ça avait fonctionné, ça aurait été que pour un instant. J’ai décidé de rentrer, je me suis dessiné sur un bout de papier, dessiné comme avec mes mains d’enfant, un peu allumette mais avec un grand coeur pour que tu puisses me reconnaitre, puis je suis sorti. J’ai eu peur un moment, avant de me lancer dans le vent, des fois que ce soit comme les appareils photo et que mon âme parte sur le petit morceau. J’ai ouvert mes petits doient pour me laisser aller, bercer par le vent, un instant ou le temps qu’il faudra, parce que tu sais, mon âme j’en ai plus vraiment besoin sans toi.





La soupe tiède

11 09 2014

Il pleuvait sur la montagne et j’ai décidé de faire de la soupe, pas trop chaude, je trouve que ça ne goûte rien quand elle est trop chaude. Rien d’exceptionnel là, une soupe en conserve, que je fais chauffer un peu sur les derniers tisons qui ont déjà cessé de chauffer mes pieds qui commencent à geler. Mes pieds qui deviennent rouge quand les tisons eux deviennent noirs, comme quoi rien ne se perd, rien ne se crée. Le rouge du tison vers le chaud de ma soupe.

La soupe c’est plus long de passer de froid à tiède que de tiède à chaud, j’imagine que c’est un peu physique, mais ça m’importe peu, je l’ai juste remarqué, comme je remarque toujours plein de choses qui ne font pas vraiment de sens pour personne, mais qui m’impressionne toujours vachement quand j’y pense. Il est vraiment 14h30 et je me dis qu’en attendant, la soupe, parce que toi je sais que tu ne reviendras plus, je devrais m’ouvrir une bière, simplement parce que je n’ai pas de sablier pour passer le temps, une bière c’est comme un sablier, t’as déjà remarqué? Ça passe toujours à une certaine vitesse et ça dépend vraiment d’un tas de facteurs.

Je n’ai pas reçu ta dernière lettre, j’imagine que le facteur ne l’a peut-être pas livrée encore. Je sais que tu as cette rigueur d’écrire toujours les mardis, on est cyclique tu sais, même si on tente de faire tout pour s’en séparer de cette routine, on revient à ce qu’on est au plus profond de nous. Des fois je me demande si je n’ai pas été juste trop dure dans la dernière lettre que je t’ai fait parvenir. En fait, je sais aussi que tu n’as pas toujours reçu mes lettres quand tu composes les tiennes, j’attends toujours d’avoir un mot de toi, d’habitude. J’ai remarqué que tu n’écrivais jamais en fonction de mes lettres, parce que tu me parlais de ce que tu vivais, peu de toi, que tu répondais que très rarement aux questions que je te posais, je me suis dit que c’était pas grave, parce que tu m’écrivais tout de même, comme si ça me consolait toujours un peu de te lire, même si je te sais si loin.

C’est comme pour la soupe tiède, une minute de trop et c’est chaud, je suis obligé de la laisser reposer, parce qu’elle s’échauffe rapidement, après le tiède. Une seule minute suffit, pour être insatisfait maintenant. Un seul mot écrit un peu de travers et notre requête est rejetée. La vie aujourd’hui, ne tiens qu’à une minute, une seule où le vent tourne, où les yeux se ferment et où tu disparais comme la montagne, simplement parce que le vent a rempli la vallée de nuages et refroidira aussi ma soupe.

Je sais que le vent qui aura fait tiédir ma soupe emportera avec lui les nuages et je te retrouverai, toujours là, toujours aussi vivante. Je sais que les minutes continueront de s’enfuir et comme toi me glisseront entre les mains, mais j’aurai essayé de te retenir un peu, mais maintenant, j’ai vraiment les pieds trop froids pour courir encore une fois.





Oui, j’écoute

11 09 2014

– Bonjour, je me suis proposé porte parole pour ton intervention, parce qu’on croit vraiment que tu devrais faire attention à toi, sinon faire attention à nous. J’ai réuni quelques gens que tu connais, ou qu’en fait eux te connaissent peut-être même mieux que toi même, en passant, c’est moi qui vais diriger ton intervention, c’est moi le Cerveau de l’organisation.

Cerveau: T’as juste à t’assoir là, et tu écoutes, compris?

Moi: J’écoute!

Cerveau: Bon alors, qui veut commencer, je vais me garder pour la fin, le meilleur pour la fin comme ils disent.

Tout le monde parle en même temps, c’est un vrai chaos.

Cerveau: D’accord du calme, toi, tu commences, je pense que t’en as gros sur le coeur!

Un autre: Très drôle, mais je crois que j’en ai plus sur le foie, Scarecrow, je suis ton foie.

Je me contente de garder le silence.

Foie: Bon, par où je commence… LÂCHE-MOI UN PEU, non, mais tu trouveras pas ça drôle si c’est moi qui te lâche, je travaille trop souvent en surtemps et j’ai l’impression de ne jamais prendre de vacances. Et je n’appelle pas des vacances le fait de me donner deux semaines pour tout digérer ce que j’avais en retard là, une vraie pose, un travail léger, sinon je tombe en burn-out, tu vas la trouver moins drôle. J’ai beau t’envoyer de petits signes, j’ai même été obligé de demander au cerveau de venir me donner un coup de main, mais je sais qu’il n’aime pas ça te laisser sur le pilote automatique bien longtemps, en plus tu ne te souviens de rien quand t’es sur le pilote automatique. Faut voir, moi tu m’as déjà usé à une cadence effroyable, j’ai probablement fait le travail d’une vie en la moitié d’une vie. Pense à toi un peu, pense à moi au mieux.

Cerveau: Bon tout ça est bien vrai, mais je crois qu’on est plusieurs à passer alors je vais donner la parole à ton voisin.

Estomac: Moi je n’ai pas vraiment rien à dire, j’ai juste vu le tout passé, c’est toujours trop vite pour moi, pis c’est pas vraiment ma job, j’ai bien beau essayer, mais il y a des affaires que je digère pas. Déjà que je me tape la job des gras, moi ce n’est pas compliqué, si ça rentre trop en même temps, c’est toi qui écope, une couche de plus, j’ai juste l’impression qu’au rythme où tu vas, tu risques de plus avoir de place, quoi que c’est élastique cette peau-là.

Peau: Faut bien croire que j’ai le dos large, mais en essayant de contenir les allergies au pollen, pis les montées d’eczémas dus au stress du manque de vacances, je peux être partout à la fois, mais je peux pas géré, alors les nerfs, laissez-moi faire ma job.

Nerfs: Heu, j’aimerais ça qu’on ne nous implique pas là-dedans SVP, moi je ne suis pas trop contre le fait dû petit verre de fin de soirée pour nous relaxer un peu. Vrai qu’il est du pour des vacances, on dirait que ça pète de partout…

Son sourd: hmmmpf hmmpf

Cerveau: Tu peux te lever un peu?

Fesse: Laissez-nous en dehors de ça, fait chier!

Nerfs: Bon, Bon, c’est correct. On ne rentrera pas dans un cercle vicieux!

Pénis: On parle de moi? On parle de moi maintenant? Ce n’est pas ma faute si le cerveau pense toujours à ça, c’est lui qui me dirige, qu’il se calme et je me calme!

Cerveau: OK on n’est pas venu ici pour parler de moi là!

Pénis: Oh non on n’est pas venu!

Cerveau: C’est ce que je disais, alors les nerfs t’as fini?

Nerfs: Moi j’aimerais ça que tu te calmes et je pense que si tu travailles les muscles, tu risques de trouver un bon terrain d’entente pour tout le monde.

Muscle: Moi j’attends rien que ça, regarde avant hier, 10 km, ça ne t’as pas tué, loin de là.

Moi: Ouais je sais.

Poumon: Nous aussi on a besoin d’air, on ne te demande pas le marathon, juste de nous sortir de temps en temps, on est tanné de rester en dedans.

Cerveau: Bon, qui est-ce qui pleure maintenant?

Coeur: C’est moi, j’ai juste trop mal, j’ai l’impression de ne servir à rien.

Poumon: Mais la course ne vient pas me dire que ça ne t’a rien fait, je t’ai entendu tout le long!

Coeur: T’as raison, j’ai besoin de ça, mais j’ai aussi besoin que le cerveau arrête un peu, c’est bien beau tout tenter de contrôler, mais c’est quand même lui qui donne les ordres, pis on réactionne en chaine tout un chacun quand il se met à penser à elle.

Cerveau: Bon c’est encore de ma faute, c’est quand même moi qui ai organisé s’t’affaire là!

Coeur: Oui, mais ça m’a tout l’air que t’es le grand responsable en fin de compte.

Pénis: Moi je ne cracherai pas sur cette idée-là.

Foie: T’en profites peut-être pour venir te reposer avec moi une fois que t’as lancé le coude en l’air à quelques reprises.

Cerveau: …

Coeur: Bon le voilà sur silence, monsieur contrôle tout mon cul oui!

Fesse: hmmpf hmmpf…

Coeur: C’est moi qui parle, vos gueules! Si t’arrêtais de penser un peu à elle, ça ferait peut-être du bien à tout le monde! Va donc commander aux muscles de courir un peu! Fait d’autre chose, elle ne disparaitra pas, elle sait que tu l’aimes, le reste, je crois que tu peux plus ne rien faire avec ça. Laisse allez, je sais que ça va faire mal un peu au départ, mais je te garantie que c’est pas mal moi qui vais manger le coup, je ne suis pas à ma première fois. Arrête de te trouver mille défaites pour garder tout me monde immobile, je pense que c’est assez là.
Oeil: Ça m’émeut toujours quand tu parles de même Coeur, je ne suis pas capable de me retenir, je m’excuse d’avance aux joues.

Coeur: Si tu commandais aux jambes comme tu le fais aux mains, je crois qu’on serait un sacré athlète!

Cerveau: Ok… Vous avez raison, je crois… Je vais y penser!

Tous: NOOOOON ARRÊTE D’Y PENSER! VA COURIR!! Sinon c’est nous qui arrêtons!

 

Défi du jour : Si mon corps me parlait pour vrai





Ce qui est venu en premier…

10 09 2014

C’était un matin où je me suis levé beaucoup trop tôt par rapport à l’alcool que j’avais ingurgité la veille et le nombre de coups de reins que je t’avais donnés juste avant de tomber dans les bras de Morphée. La tête me bourdonnait, ta chaleur me réconfortait un peu, juste un peu, j’étais plus mal que bien, pas par ta faute, j’ai vraiment trop abusé. Ta main est venue se poser sur mon sexe qui n’avait rien à raconter, encore endormi, simplement épuisé. T’as pas insisté, comme si t’avais simplement fait le geste par habitude. Je me suis levé après un bon quart d’heure d’essais, j’avais mal un peu partout, mais en même temps l’étrange besoin de me nourrir. Je n’ai même pas eu besoin de te convaincre, t’as suivi. Je me suis préparé un peu, juste un peu, de toute façon ça allait paraitre dans ma face que j’étais lendemain de veille, les dessins de draps, les ombrages de cernes, l’écume d’un refoulement de ronflement au bord des lèvres, j’avais le paysage facial d’un accident d’aquarelle. On est allé au resto sur la grande rue, celle où tous les gens dorment jusqu’à penser qu’ils ont fêté sans lendemain et se réveiller aujourd’hui, en compagnie du dernier con qu’ils auraient pu choisir dans leur journée. On est allé s’assoir à l’ombre, commandé machinalement un café et ce qui venait avec, on a attendu, en silence, les yeux mi-fermés dans ceux de l’autre. Quand mon plat est arrivé, je me suis un peu réveillé, mais pas à temps pour arrêter la serveuse. J’avais dans mon assiette des œufs, tout visqueux, que j’ai regardés un moment dans le jeune des yeux, même le blanc avait l’air visqueux. Je n’étais vraiment pas sûr, même si tu m’as regardé en riant, sachant très bien que je n’avais jamais mangé autre chose que les yeux brouillés, maintenant, j’avais vraiment les yeux clairs. J’ai joué un peu de ma fourchette, pensant de commettre le crime de les crever, comme sans, sans même les connaitre, mais je me suis résigné, j’ai découpé chirurgicalement un petit morceau de blanc, juste pour voir, ou gouter sous tes yeux maintenant bien entier. Ce fut vraiment le début de la fin, mon visage qui perdait dix ans, un sourire, puis tu t’es renseignée. J’avais déjà englouti le premier quand tu m’as demandé comment c’était, j’ai répondu simplement une chose, la bouche encore pleine, que c’était vraiment trop sexe. J’ai eu vraiment envie de m’acheter un poulailler à cet instant présent, mais à l’instant où j’ai vu que t’avais fini ton assiette, je me suis levé pour payer, je t’ai pris pas la main et on est retourné sous la couette où j’ai continué mon repas, ça m’avait vraiment allumé, ça t’apprendra à me faire gouter de nouvelles choses!

 

Défi du jour : C’est visqueux, je ne sais pas si j’aime ça