J’ai marché seul le long de cette longue route de terre, car on m’avait dit qu’elle menait à la mer. J’ai ramassé tout au long de ma route, de petits cailloux pour me rappeler qui sur ma route j’avais rencontré. Je regardais la ligne d’horizon et marchait dans cette direction. J’étais seul, avec mes souvenirs pleins les poches, j’étais lourd, et marchais sans reproche. Quand la solitude me gagnait, souvent en même temps que la nuit, je glissais une main dans ma veste pour revivre un peu ce qui était parti. La main dans la poche, la roche dans la main, je caressais ce souvenir de mon pouce, l’usant doucement, faisant disparaitre le temps. Mes pas accompagner d’un petit claquement constant, j’étais jamais totalement seul sur ce chemin solitaire. J’ai marché, des jours et des nuits, n’ayant plus de place pour ajouter, les nouveaux petits cailloux que j’avais ramassés, j’ai du faire de la place et jeter les moins usés, ce qui ne me rappelait plus le temps où une autre route j’avais croisé. Parfois je jetais les plus coupantes, ceux à la lame tranchante, qui me blessait chaque fois que mon pouce glissait sur la paroi. J’étais lourd, mais continuait ma route, j’avais envie d’arriver au bout, laisser derrière moi les arbres et cette terre pour simplement poursuivre la mer. Je la voyais se rapprocher, quelques jours encore et je pourrais m’y baigner. Avec un certain songe, je décidai de m’arrêter pour me reposer, car demain la route serait longue. Je me suis endormi, adossé à ce grand chêne qui trainait là, un chêne centenaire qui me protégerait pour cette fois. Au matin dans le brouillard je me réveillai, ma main sur l’herbe la rosée balaya. Je devais reprendre ma route, j’arriverais ce soir à la plage, j’en doute. Le brouillard était épais, je marchais en regardant où mes pieds je mettais, car la blancheur de ses nuages me cachait le paysage. Je stoppai ma marche brusquement, quand sur ma route une brèche apparut, une fente dans le chemin qui ne continuait plus. Je me suis arrêté, pour évaluer par où j’allais passer, marchant d’un côté, puis de l’autre, cette fente dans la terre n’ayant pas de début ni de fin. Quand je revins près de ce ravin, sur la route qui m’avait accompagné, j’eu l’idée d’utiliser une roche simplement pour sonder la profondeur ce cet obstacle, rien ne m’empêchera de poursuivre mon pèlerinage vers cette eau salée. Je choisis dans ma poche, une pierre de couleur blanche, une pierre me rappelant mon enfance, en fait ce qui m’en séparait, je la jetai dans ce canyon, pour voir où j’allais finir si je manquais ma chute. Cette pierre perdue ne fit pas de bruit, j’en pris une plus grosse pour être sur que sans fond était ce puits. Silence. La frousse me prit, dans c’est bras pour la première fois. Je ne pouvais pas retourner en arrière, ça ne donnait aucun sens à ma vie, même si, tout au long de ma route j’ai appris. Je décidai de prendre une autre roche, une roche bleue, je fis un voeu, la balançant vers l’autre côté, espérant qu’elle trouverait une autre paroi à percuter. Je l’entendis, loin, mais pas inatteignable, une tranchée qui n’était pas insurmontable, je pris mon courage à deux mains, recula et m’élança. Sur le bord du précipice, je m’arrête, mais mes pieds glissent jusqu’à ce que je perde pied et que dans le vide je me vois pendouiller et une de mes poches fut vidée. Agripper sur le rebord, je remonte difficilement sur la route, n’ayant plus aucun doute, je ne peux traverser avec tout ce poids que je peux porter. Je pris un à un mes souvenirs, leurs dis adieu et les vit partir, jusqu’à je tombai sur la dernière pierre, est-ce le destin ou un hasard certain. Cette pierre en forme de coeur, un coeur de pierre, l’ironie et mon amour certain, accompagné un questionnement soudain. J’ai laissé tout s’envoler, je suis près a traversé, est-ce qu’une seule pierre pourrait m’empêcher, d’atteindre le but que longtemps j’ai recherché. J’ai pensé, une larme sur ma joue a roulé, sachant que je ne pouvais pas prendre cette chance, le moindre poids sur mes épaules pourrait me faire perdre ma confiance. J’étais triste de te laisser derrière, des souvenirs, mais surtout des sentiments sincères. Cette douleur qui nous sépare et maintenant, cette obligation de t’oublier. La deuxième fois que je me suis élancé, c’était pour te catapulter de l’autre côté. Je me suis finalement dit que cette distance n’était pas infranchissable pour toi non plus, je t’ai donc lancé de l’autre côté. Quand je me suis élancé pour la dernière fois, la mer et toi devant moi, le corps et le coeur plein de détermination, le rêve soudain que tout irait bien.
Défi du jour : La brèche et le saut
C’était le dernier sujet qu’on avait pour les défis du jour, je le fais un peu en retard, parce que j’avais l’inspiration noyée, les doigts engourdis, la tête ailleurs.
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