J’avais emballé le cadeau que j’avais pris tant de temps à te dévoiler. Déballer un à un mes sentiments, sans retenue, laissant en pile les papiers qui m’avaient servi à tout cacher. Mes sentiments en pile dans un coin noir d’une pièce où plus personne ne va, même pas moi. Une pièce où personne n’est passé ramasser simplement pour se rendre compte que tout était toujours là, intacte, exactement comme je l’avais laissé. Une montagne de mots, une bute de sentiment, on me disait de passer par-dessus, j’ai toujours eu peur des hauteurs. J’ai le vertige, la peur du vide, de la page blanche, d’une plage trop dense, d’un mot oublié ou mal orthographié simplement en pensant que tu ne le lirais pas, tu ne le lirais plus, tu ne le verrais pas de toute façon, même la poussière n’efface pas mon verbiage. Je me suis tenu responsable du ménage pas fait, même si je hais ça je déménage, à quoi bon rester dans cette pièce ou la vie n’existe plus, des mots morts qui n’ont de sens que pour celui qui les a écrits, un soir ou trop tard il s’était rendu compte que le temps filait, doucement, dans les lames du plancher, sans bruit. Un matin, chaque matin, quand ma main passe pour chercher une présence, juste une petite présence, mais de n’y découvrir que du froid. Me rendre compte simplement que je ne comprendrais pas, je ne comprendrais rien, je m’entêtais sans cesse à m’expliquer à moi même pourquoi j’étais là. Ne pas comprendre, avoir tout fait, trop fait, pas assez, juste un peu à droite, ah et puis dégage. Me retrouver, avec des gens qui me disent des choses qu’ils ne comprennent pas, qu’ils n’auront peut-être jamais sentis. Comparer, parce qu’eux c’était comme ça, c’est comme, c’était pareil, sans comprendre que c’était différent, ce n’était pas moi, ce n’était pas elle, ils en savent quoi. Demander le silence, le trouver insupportable, insurmontable, mais attendre un moment. N’être point en mesure de voir, de rencontre, d’embrasser la différence. Ne simplement pas en avoir envie, y être indifférent. Laissez le vent emporter une pile de papier qui trainait dans une chambre ou personne ne va, simplement parce que personne ne sait qu’elle existe encore, simplement parce qu’on n’en aime pas la couleur. S’acculer à un mur, en marché le long de la paroi, attendre toujours avant le prochain pas, puis dormir debout, encore un jour sans soleil, sans tes yeux cuisant sur ma peau. Espérer que demain sera différent, souhaiter que tout est pareil, avoir la simple amertume que tout est fini, ne pas vouloir en faire le deuil simplement parce que des fois que… s’en convaincre. Recommencer, encore. Oublié les mots qui ont du sens et en donner en ceux qui n’en ont pas. Attendre, toujours attendre, ce n’est pas fini, pas encore. Toucher le froid, encore. Laisser glisser une larme, laisser aller un soupir. Penser que l’on a tout fait, penser que ce n’était pas assez. Savourer les photos en tête comme des petits souvenirs laisser par millier. Regarder, espérer, aimer. Vide, naïvement, seul. Je m’agrippe, au néant, à l’infini, à toi. J’observe l’horizon sans en voir le bout. Parait que c’est normal, je m’en réjouis un peu. Bouger, mais pas trop, pas trop vite, pas trop loin, un pas à la fois, un à un, car semble t’il qu’il y en a des faux, j’en ai fait plus d’un. Revenir sur ses pas, ses décisions, ses idées. Les trouver toujours aussi bonnes, chaque fois. Être convaincu de ne s’être pas trompé, que tout ça valait la peine, que tout ça, je le referais cent fois. Être satisfait, heureux, amoureux. S’éteindre.
Le mouvement statique
8 12 2014Commentaires : Leave a Comment »
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