Ensorcellement nocturne, réveil brutal. À quel moment tout est devenu fatal? J’ai regardé par delà la lumière de la lune, je n’ai trouvé aucune lacune. Que s’est-il passé au gré du vent, qui s’est joué de nous au fil du temps? Une mauvaise blague, une infortune, un souhait de plaie sur notre bonne fortune. J’ai dormi trop longtemps, pourrais-je t’embrasser à mon réveil? N’ai-je point la possibilité de tout rompre si seulement je te désire? Un baiser sur tes lèvres et nous serons le dire. Qui a voulu de ce malheur sur nous? La vie vile ou quelqu’un de plus jaloux. Les médisances, les insolences, les mots atroces sur ma fragile carcasse, n’ont eu qu’effet de me faire disparaitre de ton espace. Est-ce seulement à moi la faute, mon dieu, j’en doute, à la bonne votre. Se vautrer dans un discours, une pléiade, un balbutiement mondain, n’allège point la peine que j’ai chaque matin. On remâche, on recrache, les mots de travers, ceux mêmes qui s’étaient logés dans la gorge avant qu’on ne les boive par les yeux. J’ai à vomir bien plus qu’une remontrance, une histoire, une épopée, une belle romance. Mon coeur ensemencé d’un sentiment sur lequel je me penche. Abandonné l’idée simple qu’il existe, je boirais cet élixir, s’il te plait Panoramix. Je ne peux plus me sentir, je ne veux plus me mentir, j’aimerais que tout cesse, mais je connais déjà l’avenir. Laisse-moi y croire, un baiser, un seul, pour que s’évanouisse enfin, cet ensorcellement vain.