Je conjuguerai tes silences, entre la voir et être, je préfère être. Je ne sais plus ou je n’ai jamais vraiment su comment briser ce mur qui me sépare simplement de comprendre un peu. Je tente de m’occuper, à faire n’importe quoi. Je fais n’importe quoi, comme si je me cherchais, ou te chercherais-je toi. Je n’ai plus l’énergie, mais combien la patience, d’attendre, de toujours m’attendre à rien de toi. Dans l’heure, je suis triste, perdu, en colère. Mes sentiments se succèdent sans succès de se stabiliser. Si seulement. Si seulement j’accrochais ce qui me reste d’orgueil, le petit bout donné, mal ordonné par mon père. Celui qui ferait de moi un être un peu plus rancunier, avec des airs d’indépendant obstiné prêt à t’oublier. Si je ne parlais simplement plus de toi, comme si tu n’avais jamais existé, que ma tête te traite avec cette force qu’il a de refouler ce qui ne nous plait pas, simplement pour que l’on continue notre mission bonheur. Pourquoi je ne suis pas capable de faire comme toi, te terrer dans l’oublie, aux oubliettes, avec ce qui reste d’une enfance décomposée par trop d’adulterie. Si je pouvais rembobiner, simplement pour enregistrer par dessus, pour ne plus entendre ta voix qui raisonne quand il fait trop noir autour de moi. Raconter des histoires qui ne parlent plus de toi, effacer celles qui le faisaient. Attendre que tout passe, que la maladie de ma grand-mère me rattrape et s’occupe de mes souvenirs à sa façon. Que la machine, d’Eternal sunshine of the spotless mind existe pour vraie, pour simplement oublier. Pas parce que je regrette, parce que j’ai le mal du souvenir, en voiture, Je me souviens, ça me suit partout, tout le temps, même l’alcool n’y fait plus, ça ne dure jamais assez longtemps et ça m’endommage… Dommage. Je tente de penser à autre chose, de faire autre chose pour ne pas penser, de penser à moi, quand je fais ça, je pense à toi. J’erre, je crie de guerre, je me tue à vouloir qu’un son, une note. J’écris pour rien, pour toi, pour que t’entendes. Tu restes muette.
Conjuguer le silence
11 04 2016Commentaires : 2 Comments »
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Un livre
10 04 2016Je me suis demandé un instant ce que tu sentais, j’ai manqué d’aller acheter ton parfum, celui que tu mettais quand je t’ai connu, celui qui t’appartient dans ma mémoire, ça sent toi. J’ai pensé en mettre sur ton côté de lit, celui qui t’appartenait du moins, celui où on ce n’est vraiment jamais chicané, c’était chacun son côté, jamais le même dépendant du lit, ça se choisissait par la force des choses, dans le mien c’était le coté est. En faisant ça, je sais que je dormirais mieux, mon sommeil serait probablement plus paisible, mes réveils probablement plus difficiles, accompagnés de tes vieux silences. J’ai tenté de m’imaginer, me réveiller à tes côtés, encore un moment, simplement pour te regarder, parce que je te trouve belle, parce que j’ai toujours été fier d’être là, à tes côtés, parce que j’aurais bougé mer et monde pour te le signifier. Aujourd’hui, je ne sais pas, je ne sais plus qui tu es, j’ai l’impression que t’es qu’un vieux rêve que j’ai fait à répétition, trop souvent, simplement par habitude, remplacer par un trou béant dans ma poitrine. La douleur vive ne cesse pas, ne diminue pas, j’ai envie de crier, simplement pour éteindre le mal. Si mon coeur est un livre sur lequel de belles histoires se sont écrites, aujourd’hui j’en suis à la dernière page. Je ne comprends pas pourquoi je suis là, je ne comprends pas pourquoi ça s’est passé comme ça. Le texte s’est estompé ne donnant même pas une odeur de fin.
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Repère
4 04 2016Je les ai perdus en tout point, égarés dans l’appartement quelque part. Je vais à la recherche histoire de retrouver un petit côté stable en moi, mais je me perds chaque fois. J’ai l’impression d’être saoul même à jeun, j’ai l’impression d’être endormi même réveiller. Un mauvais rêve… c’est surement un mauvais rêve. Je cherche un mot, un regard, je n’obtiens que le silence. Je cherche à savoir si tout va, si tu souviens de moi, je ne sais plus à quelle porte frappée, la tienne me semble verrouillée, sans comprendre mon crime, sans savoir pourquoi. Je tourne sur moi même à la recherche d’une issue, je m’étourdis, je m’assois, je ne bouge plus. Si j’arrête de bouger assez longtemps, peut-être reverrais-je mes points de repère. J’aimerais lancer mon amour ailleurs, n’importe où, simplement pour m’en débarrasser, pour ne plus le sentir pour toi, ça ne marche pas. Je n’aime que toi, depuis bien trop longtemps, depuis bien trop fort, depuis bien trop souvent. Je ne sais même plus comment m’aimer tellement je t’aime, je me suis peut-être oublié, mais je t’aime quand même. Je sais qui je suis, je sais que les pieds ancrés dans le plancher je suis le plus fort qui est, mais plus là, là mon centre d’attraction se limite à mon lit, mon divan, mon lit, mon divan, aussi souvent que possible. Je me terre dans mon repère, à la recherche de tout, de rien, de ce que je ne comprends pas, je bouscule le silence autant que tu me signales ton indifférence dans chacun de tes silences. J’essaie d’exister, mais pas trop fort, parce que ça fait mal. J’ai l’impression d’avoir été un mauvais rêve que l’on tente d’oublier qu’on a mis de coté après tant d’années, remisé en silence, avec la poussière, les araignées. Avec seule réponse que l’écho de mon pourquoi. Je respire, péniblement, je souffre, abondamment, en silence, avec le bruit de chaque touche que je touche. Qu’ai-je fait pour passer au trou? J’y contemple la pierre, en m’y inventant de nouveaux repères.
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T’avais peut-être raison…
1 04 2016T’avais peut-être raison.
Moi je garde tout, longtemps, un conservateur de la plume, du mot, du vêtement, de tout ce que j’ai, peut-être même toi. Je garde tout, longtemps parce que j’aime ce que j’ai, j’y fais attention, j’en prends soin, tout le temps. Je crois que j’ai aussi fait ça avec toi, j’ai pris soin de toi. Je suis conservateur, je respecte tout ce qui m’entoure, je suis le plus fidèle des hommes que je connaisse, en fait je ne crois pas connaitre d’homme qui ne s’est jamais égaré un jour, parce qu’il faisait soleil et que le vent soulevait trop la robe sous son regard distrait. Je suis comme ça, je donnerais tout ce que j’ai, trouverais tout ce que je n’ai pas, pour faire plaisir aux gens que j’aime. Parce que mes parents étaient comme ça, parce que j’ai grandi dans ça, chaque jour de ma vie. J’ai toujours voulu donner le beurre, l’argent du beurre et j’ai même probablement préparé une petite recette avec les restes, juste pour être sûr que personne ne perde rien.
Hier, pour me consoler, j’ai lu des vieux mots, des mots d’amour, des mots des autres qui avaient des mots pour moi, de mot beau « Tu me manques déjà », « J’ai déjà hâte de te revoir », « Mes vêtements portaient ton odeur, c’était hallucinant! » des mots qui sont d’un passé décomposé, d’un passé avant toi où ce que je faisais plaisait, où ce que je faisais m’était rendu. Des « Je pense à toi », « tu me manques » et même jusqu’à « PS. Je t’aime! », bien avant que le film sorte. Des mots qui sont morts, que je me suis rappelé hier, en fouillant dans ce que je gardais, simplement pour me rappeler que ces mots-là existent pour moi aussi, mais pas avec toi, t’avais raison.
Après pour comprendre, j’ai regardé les mots entre nous, les mots qui ont existés parce qu’il y en a eu. Nos premiers échanges, futiles, sur le sexe, ça oui il en a eu, ils sont morts avec notre consommation, on a plus eu besoin de dire, on faisait. Après, ce qui se rapprochait le plus de tes mots d’une marque d’affection ressemblait à un jeu de tic-tac-toe.
Puis, des mots durs, des mots qui m’ont fait arrêter de pleurer, presque instantanément, parce que j’ai comme compris, que t’avais raison. Des mots qui arrivaient toujours de la même façon, quelques mois après un voyage, quelques semaines avant ta fête. Il y a deux ans, je ne comprenais pas ces mots, j’ai tenté d’essayer, de voir, de pousser ma luck. Après la première fois, on s’est laissé, on s’est retrouvé, ça avait changé. Les mêmes mots, tu pourrais probablement me les dire aujourd’hui, du moins c’est tout ce que je peux imaginer.
Et encore, j’ai remarqué qu’il était plus facile de réutiliser mes mots plutôt que de comprendre ce qui se passait chez toi « t’a raison, je sais pas ce que je veux », « Je suis pas certaine de l’avoir jamais su ». « Je suis une éternelle insatisfaite! », avec moi en arrière-plan, qui rame pour tenter d’atteindre ton ile. Moi qui tentais de combler chaque petit vide que je saisissais au vol, histoire de garder ton sourire. Ça marchait, ça marchait toujours, un moment, puis, de moins en moins longtemps, jusqu’à ce que tout revienne, comme il y a deux ans.
Maintenant, je vais arrêter d’être fâché après moi, pensant qu’il y a quelque chose que je n’ai pas fait, de toute façon, tu ne me l’aurais pas dit. Je suis pris dans un tourbillon d’émotion qui change depuis trop longtemps. T’as même décidé de me tuer, quelque part entre décembre et maintenant, quand on avait tant de complicité. Aujourd’hui je n’existe plus, alors je m’écris à moi-même, pour simplement me soulager des maux que je gère en silence.
Ce qui reste de nous se déconstruira avec le temps. Là je suis trop fâché, fâché après moi, fâché d’être encore capable de t’aimer, d’avoir envie que tu sois heureuse, de te souhaiter toujours le meilleur. Chaque jour est lourd, de moins en moins, surtout ce matin. On ne peut se battre contre le vent. Personne ne pourra jamais te donner totalement ce que tu désires, et ça, c’est vrai pour tout le monde, t’apprendras peut-être un jour à faire avec.
T’avais peut-être raison, mais je me souviens plus vraiment à quel sujet cette fois-ci.
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