Conjuguer le silence

11 04 2016

Je conjuguerai tes silences, entre la voir et être, je préfère être. Je ne sais plus ou je n’ai jamais vraiment su comment briser ce mur qui me sépare simplement de comprendre un peu. Je tente de m’occuper, à faire n’importe quoi. Je fais n’importe quoi, comme si je me cherchais, ou te chercherais-je toi. Je n’ai plus l’énergie, mais combien la patience, d’attendre, de toujours m’attendre à rien de toi. Dans l’heure, je suis triste, perdu, en colère. Mes sentiments se succèdent sans succès de se stabiliser. Si seulement. Si seulement j’accrochais ce qui me reste d’orgueil, le petit bout donné, mal ordonné par mon père. Celui qui ferait de moi un être un peu plus rancunier, avec des airs d’indépendant obstiné prêt à t’oublier. Si je ne parlais simplement plus de toi, comme si tu n’avais jamais existé, que ma tête te traite avec cette force qu’il a de refouler ce qui ne nous plait pas, simplement pour que l’on continue notre mission bonheur. Pourquoi je ne suis pas capable de faire comme toi, te terrer dans l’oublie, aux oubliettes, avec ce qui reste d’une enfance décomposée par trop d’adulterie. Si je pouvais rembobiner, simplement pour enregistrer par dessus, pour ne plus entendre ta voix qui raisonne quand il fait trop noir autour de moi. Raconter des histoires qui ne parlent plus de toi, effacer celles qui le faisaient. Attendre que tout passe, que la maladie de ma grand-mère me rattrape et s’occupe de mes souvenirs à sa façon. Que la machine, d’Eternal sunshine of the spotless mind existe pour vraie, pour simplement oublier. Pas parce que je regrette, parce que j’ai le mal du souvenir, en voiture, Je me souviens, ça me suit partout, tout le temps, même l’alcool n’y fait plus, ça ne dure jamais assez longtemps et ça m’endommage… Dommage. Je tente de penser à autre chose, de faire autre chose pour ne pas penser, de penser à moi, quand je fais ça, je pense à toi. J’erre, je crie de guerre, je me tue à vouloir qu’un son, une note. J’écris pour rien, pour toi, pour que t’entendes. Tu restes muette.