J’itinérance

20 06 2016

Je laisse trainer des mots vides, simplement pour ne pas oublier comment écrire. J’ai pensé utiliser ce livre où les idées ne manquent pas, mais je suis tombé au hasard sur un truc qui parlait de mariage, je me suis dit que c’était pas nécessairement bon pour moi de me décomposer là-dessus aujourd’hui, comme ce ne l’était pas pour moi hier et probablement demain non plus. Le plus près que je sois passé du mariage, c’était des fiançailles, peut-être beaucoup trop jeune, pour elle. Elle venait d’être libérée de son foyer parental et je lui laissais aussi sa liberté, elle c’est envolée. L’autre moment, c’était des femmes mariées, où on jouait de charme tant que la réalité ne frappait pas. Elle frappe toujours la réalité. Pour moi c’est toujours le matin, très tôt, en même temps que le soleil se lève sur une nouvelle journée. J’aime aimer, j’en suis peut-être amoureux de ce sentiment. Je choisis quand même qui j’aime, peut-être à tort, peut-être de travers. Trop de questions s’imposent à moi. Je suis maitre que de mes sentiments, me valeur, mes rêves. J’ai toujours rêvé d’enfant, de mariage, de famille. J’ai toujours rêvé, de passion, d’amour, d’amitié. Aujourd’hui seul devant moi, je me regarde, un peu triste de ce qu’il me reste, un peu nostalgique de ce qui est passé, qui ne repassera plus, des bribes de bonheur parfois plus longues les unes que les autres. Mon image se décompose dans la glace, la chaleur immense me fait perdre la tête. Je tournoie puis m’assois un instant pour penser à moi. Où me suis-je mis, dans toutes ses histoires. Je suis l’itinérant en quête d’amour et parfois, on me lance avec dégout une poignée de mécènes. J’ai la parabole agile, mais rien ne dure, tout s’envole, comme ce que je suis, j’oublie, j’oisive seul sur ma branche. La seule chose que je me souvienne, c’est que je n’arrête pas d’oublier, de m’oublier. J’hypothèque à frais virés ma conscience loin d’être tranquille, me disait que l’intérêt viendra plus tard, que j’en tirerai des bénéfices, qu’un jour je deviendrai un arbre fruitier. Tout le monde aime quand l’on fructifie. Je me réveille, souvent trop tard, au pied de l’arbre trop sec, trop vide, comme un arbre… bien trop seul.

 





Un peu de réconfort

19 06 2016

Les cloches sonnent, pour appeler les fidèles en ce dimanche où les rues sont encore vides. Je me suis levé trop tôt, trop tôt pour bouger, pour écrire, mais jamais pour penser. Dans ma tête raisonne mes idées, déraisonne le passé, le présent, l’avenir qui n’existe plus. Je tente d’entendre ta voix, elle n’est plus là, que le corbeau qui croasse depuis toujours. Les journées sont longues, interminables et lourdes. Je ne crois plus à rien. J’en ai besoin pourtant, comme jamais, comme une preuve que tout ceci existe toujours. Je ne bouge plus, où à peine de la maison, si j’y entre je n’en sors plus, simplement pour attendre que tout passe. Je cultive le silence dans un jardin démoli par le temps. Mes idées se rassemblent, une à une, simplement dans un désordre total et me font toujours aussi mal. J’ai le vide douloureux, celui qui traine en longueur, qui m’empêche d’être, qui n’a envie que de s’embrouiller quand la fatigue le gagne. Je ne veux pas être triste, je ne veux pas être triste, je ne veux pas être triste. Un mantra qui ne fonctionne plus, je suis triste, je dois laisser me transpercer ce sentiment, le laisser passer à travers moi pour que demain il soit derrière moi. Je suis fâché, déçu, désillusionné, amer. Je reste seul, pour ne pas contaminer les autres autour de moi, pour ne pas a avoir à jouer la comédie du gars qui se colle un sourire de bonhomme patate dans le visage. Je ne peux plus faire semblant. J’aimerais avoir la grosse main lourde de mon père sur la tête, réconfortante. « Pleure pas mon grand » comme seule parole de réconfort. Ça serait bien assez. Juste une seconde ou deux, pour enlever une partie de la lourdeur que je traine depuis longtemps. J’ai besoin de légèreté, de faire attention à moi, de me refaire une vie.