Un peu de réconfort

19 06 2016

Les cloches sonnent, pour appeler les fidèles en ce dimanche où les rues sont encore vides. Je me suis levé trop tôt, trop tôt pour bouger, pour écrire, mais jamais pour penser. Dans ma tête raisonne mes idées, déraisonne le passé, le présent, l’avenir qui n’existe plus. Je tente d’entendre ta voix, elle n’est plus là, que le corbeau qui croasse depuis toujours. Les journées sont longues, interminables et lourdes. Je ne crois plus à rien. J’en ai besoin pourtant, comme jamais, comme une preuve que tout ceci existe toujours. Je ne bouge plus, où à peine de la maison, si j’y entre je n’en sors plus, simplement pour attendre que tout passe. Je cultive le silence dans un jardin démoli par le temps. Mes idées se rassemblent, une à une, simplement dans un désordre total et me font toujours aussi mal. J’ai le vide douloureux, celui qui traine en longueur, qui m’empêche d’être, qui n’a envie que de s’embrouiller quand la fatigue le gagne. Je ne veux pas être triste, je ne veux pas être triste, je ne veux pas être triste. Un mantra qui ne fonctionne plus, je suis triste, je dois laisser me transpercer ce sentiment, le laisser passer à travers moi pour que demain il soit derrière moi. Je suis fâché, déçu, désillusionné, amer. Je reste seul, pour ne pas contaminer les autres autour de moi, pour ne pas a avoir à jouer la comédie du gars qui se colle un sourire de bonhomme patate dans le visage. Je ne peux plus faire semblant. J’aimerais avoir la grosse main lourde de mon père sur la tête, réconfortante. « Pleure pas mon grand » comme seule parole de réconfort. Ça serait bien assez. Juste une seconde ou deux, pour enlever une partie de la lourdeur que je traine depuis longtemps. J’ai besoin de légèreté, de faire attention à moi, de me refaire une vie.