J’ai les mots morts en moi, comme ces morceaux de casse-tête seuls sur cette table. Comme un mobile immobile, je reste là suspendu dans l’air, au milieu de toi avec toujours cette même impression que rien a changé, tout est pareil, je suis toujours là pour toi, simplement parce que j’en ai envie. Je suis incapable de passer à autre chose, de penser à autre chose, de faire autrement. Je suis surement capable, mais je n’en ai aucune envie. Je suis comme un vieux film qu’on a mis sur pause, comme ce jouet dans le bac à sable, espérant qu’on vienne le retrouver. Le temps passe, mais jamais l’envie de te serrer, toujours et encore dans mes bras, une autre fois. Sans que les gens soient tristes, sans qu’il y ait de raison, sinon simplement que c’est bon. Je me suis tue à tue-tête, simplement parce que personne ne voulait m’entendre, simplement parce que je ne voulais pas le voir. Chaque matin est lourd, comme le précédent, rien ne grandit, rien ne diminue, tout reste immobile dans le temps. Mes sentiments restent là, ils ne savent que faire, ils ne savent comment se consoler, car ils ne savent pas pourquoi on les a abandonnés. Ils ont gelés, comme si on leur avait annoncé la mort d’un trop proche pour être vrai, ils n’ont pas compris, parce qu’il n’y avait pas de mots. Je ne parle plus de bonheur, de rêve ou de fantasme. Je ne parle plus. Ce matin, je me suis obligé ce matin à vomir des mots qui me paraissent inconnus, qui me font pleurer, car ils me semblent tout de même vrais. Tu es partie et depuis ce temps, j’ai arrêté.
Le grand froid
12 09 2016Commentaires : 2 Comments »
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