Ça a sonné. Non pas à la porte, à la cuisine. Non pas le four, la cafetière, elle te dit qu’elle est fatiguée d’être chaude pour toi. Pourquoi tu y vas sans tasse. Tu vas juste la rallumer? C’est pas un peu agace ça? Un clic est c’est terminé pour elle, rien de plus, pas plus d’attention. Tu lui fais comme tu fais avec moi souvent. Tu n’as pas de coeur de la laisser seule comme ça. Et tu dis que tu fais ça pour moi? Je n’en bois même pas de café, en fait je n’en bois même plus, j’ai arrêté, comme quand j’ai arrêté la cigarette, mais pour vrai, sans retour en arrière, sauf un samedi de temps en temps au brunch, le bol de café au lait, tu ne peux quand même pas m’en vouloir. Tu te souviens, j’ai arrêté quand on était au pays de l’espresso, parce que j’avais le vertige, d’arrêter m’a suffi. Depuis, j’ai recommencé quelques samedis par mois, et quelque dimanche à la maison. Ce n’est pas vrai que c’est comme une drogue, j’aime vraiment le goût, la preuve c’est que je bois que le décaf. En fait je buvais que le décaf, la dernière fois j’ai acheté un kilo de Sumatra parce qu’il était à rabais, il faut que je pense aussi à faire des économies. Tu me rapporterais une tasse? Non, non pas une petite, une normale de tasse là. T’en as besoin? Non, non, n’en refait pas, donne-moi ce qui reste alors. Pourquoi suis-je rempli de contradiction? Je ne dis pas tant une chose et son contraire, pourquoi tu dis ça. D’accord ça m’arrive parfois. Ok, ok assez souvent… Mais j’ai ben le droit de changer d’idée. Et ton café c’est pourquoi? Oui, mais bon, je n’aime même pas ça le dessert moi. Je sais bien qu’on ne peut pas recevoir sans dessert, ça ne fait pas chic. Quel genre de dessert fais-tu? Ha… ouin… ben ça j’aime ça par exemple.
Défi du jour: Tiramisu
Beau texte et pour moi très réconfortant