De tout mon être, je suis. Je suis seul et las. Je suis déçu et fatigué. Je suis triste. Je suis tout ce que j’ai souhaité être sans être ce que je n’ai pas voulu. J’ai été sûr de moi, sûr de mes valeurs, sûr de mes convictions et de mes motivations. J’ai toujours été comme ça. J’ai toujours dit les choses, sans voile, sans ombre, brut. Je ne suis pas une brute, mais je suis brut. Je suis toujours dans une certaine vérité, une vérité certaine, à me demander si je fais la bonne chose, si je ne fais pas fuir les gens, parce que je suis, par qui je suis. Je n’ai pas l’ombre d’une malice, pas l’ombre d’un opportuniste, je ne fais qu’être ce que je suis. Je suis un passé, un présent et un futur. Un passé décomposé, un présent indulgent, un futur imparfait. Je suis né hier, vivant aujourd’hui et mort demain. Je suis chaque jour ce que je peux de mieux. Je prends les uns comme ils sont et les autres, je ne les connais pas. Je rêve de pouvoir être sans avoir à me soumettre. Je rêve de ne pas avoir à changer pour ne pas échanger. Je reste convaincu, mais encore vaincu de ne pas pouvoir être pour l’autre ce que je suis. Je reste insatisfait, suis insatisfaisant face à celui que je ne suis pas. Je reste. Seul à me demander si un jour je pourrai, simplement être, qui je suis, car je ne suis rien d’autre que cet être, là et maintenant las.