La brume et le vide

27 06 2011

Ça fait plusieurs jours que j’ai la tête dans la brume. Je tente doucement de la chasser, mais sans trop savoir par où commencer. Il manque quelque chose, quelque part. Je me suis mis à chercher, ici, là, rien n’y est. J’ai tenté de tout remplir, mais je me suis rendu bien compte qu’il y avait des fuites, la mienne la première. On a beau pointer du doigt les gens qu’on croit en mouvement, mais on a l’air un peu débile quand on se rend compte que c’est eux en fait qui sont immobiles. Je me suis donc arrêté, sans constat et sans mouvement constant. J’ai eu envie de ça, de toi, de tout et je me suis rendu compte que je ne voulais rien. Je ne veux rien que j’ai en fait. Drôle de sentiment de ne pas avoir besoin de ce que l’on a quoi qu’on peut trouver cela bien normal dans certain cas. Je n’ai vraiment rien choisi dernièrement dans ma vie, me laissant imposer chaque petite pulsion par la vie apportée. On peut dire que je piétine cette même merde, que je mâche cette vieille gomme, pourquoi je ne la jette pas… on sait jamais, des fois qu’il resterait encore un peu de goût que je n’aurais pas encore gouté. Ma vie elle, elle goute quoi? Ma vie goutte la brume, une sorte d’amertume insipide, c’est comme de l’eau, mais sans le coté rafraichissant. Tout cela parce que je n’ai pas choisi, j’ai laissé allez parce que j’ai eu à un certain moment peur d’avancer, de changer, de m’écrier de tout mon être la folie que j’étouffe doucement en vieillissant, ce coté enfant, passionné, insouciant. À force de m’être exploser le coeur, le corps à aimer, j’ai plus voulu réessayer, écraser dans mon coin, je garde le silence, je regarde mon existence et je me dis simplement qu’il serait temps que je me lève, mon corps réclame le droit de se tenir droit et ma tête celui de tout simplement s’abandonner.





C’est quoi déjà…

11 01 2011

J’hachure des lettres dans un grand cahier. Des lettres que j’ai écrits que tu m’as écrites par le passé, un travail ridicule qui ne pourrait rien changer. Je lis, je me souviens, je m’ennuie. Je ne m’ennuie pas de toi, non, je m’ennuie de cela. Tu te souviens, ou peut-être pas… Peut-être ne te souviens-tu plus de comment c’était, peut-être le vis tu encore et ne le voit plus, déjà. Mais moi, je suis là, la mine tranquille, à trouver la télé insupportable d’y voir afficher dans chaque scène que je peux regarder, ça me rappelle encore ça. Je ne me souviens plus où s’était parti, où c’était rendu, maintenant je sais que c’est là, ça revient doucement, la solitude n’aidant qu’à me souvenir de ce que c’était, je me souviens. Même mes oreilles chantent de l’intérieur, comme pour faire fuir la peur et on dirait que lentement le silence s’efface. Ce silence dans mon isolement qui prenait son temps, comme pour me laisser croire que plus jamais, je n’allais avoir envie de tout cela. À l’aube d’un plancher même pas dégeler mon coeur tente de se supporter dans cet espace trop grand. Mais je sais qu’il n’est pas le temps, que je n’ai pas la chance, que j’ai besoin de cet espace. Je me souviens maintenant que ça existe, encore, quelque part et que j’y mordrai encore à pleines dents.





Il y a longtemps

19 12 2010

Je me suis réveillé sur ton sein, ça n’aurait jamais dû arriver, me réveiller, à quoi j’ai pensé.





J’ai arrêté de fumer…

19 12 2010

Je n’ai pas eu vraiment le choix, c’est arrivé comme ça, sans que je demande rien à personne, il faut dire que la grippe n’a pas aidé. C’était un mardi, j’avais de la fièvre et je voyais bien que je ne pouvais pas continuer à m’envenimer l’existence avec ces petits bâtons chimiques. Y a des fois, on ne se bat pas, même si c’est pas un choix qui a entrainé la décision, la résultante ne reste sans qu’on ait vraiment besoin d’y revenir.

J’ai aussi arrêté d’aimer. Ça aussi ce n’était pas un choix, c’est arrivé comme ça, au lendemain d’un cauchemar trop longtemps mâchouillé. Comme ces bâtons surmontés d’un bonbon, une espèce de papier bien enrouler sur lui même, qu’on garde bien humide entre nos mandibules, jusqu’à ce qu’on se rende compte que finalement ce n’est pas bon, qu’on le recrache et qu’on recommence.

Quelqu’un a éteint le feu, cette petite flamme qui doucement brûle, qui doucement consume la rencontre la plus simple que l’on peut faire. La seule chaleur qui me reste, mes mots, bien souvent oublié un a un dans ma tête, dans l’espoir de plus revisiter ce qui a déjà été. Pourquoi ai-je fait payer les autres de ce que j’ai souffert? Bien contre mon gré, j’ai essayé, mais essayer ce n’est pas naturel. Quand j’ai atteint la fin de la mèche, personne ne m’en avait parlé, personne n’avait vendu la mèche, quand c’est terminé, on revient plus en arrière. J’ai l’impression que mon coeur libre de tout s’est simplement fait emboiter le pas dans du cannage, sinon il n’a pas survécu à ce carnage. Des mille coups d’épée aléatoirement donnés, Goliath est décédé, du moins je le crois sincèrement, depuis deux ans je cherche son corps pour m’en assurer. Peut-être je me le suis caché pour simplement le laisser récupérer.

Je suis dans le vide, le vide dans moi, le vide comme si je ne connaissais plus ce qui avait déjà existé, que je devais tout réinventé. Dans cette solitude, je ne peux plus chercher ce que je ne connais pas. Ni heureux, ni malheureux, mon coeur suit simplement mon corps, ma tête a tué mon coeur, mon coeur où es-tu? Livide dans ce froid qui s’étend autour de moi, seuls mes pieds se réchauffent, un peu, quand doucement d’une main, on touche mes cheveux. Cette main connue, celle qui me rendait me même réconfort les années où j’étais enfant. Je laisse tout allez, tout s’en aller, s’en m’en occuper.

À l’aube d’une année 2011 différente, je regarde ce qu’il me reste, les rêves que je caresse ne font pas partie de toi, ne font pas partie de cette nature qui doucement se dénature avec le temps, l’usage, le vent et ce que j’ai déjà appelé l’amour. Blasé dans mon blazer, coude sur table et mains sur joues, je n’ai même plus de larme pour exprimer ce que chez moi on a brimé. J’ai laissé m’emporter mon être parce que je me suis oublié. Je tente maintenant de me souvenir, de me soutenir.





Je, tu, le nous

25 09 2010

Quand le temps passe et que je pense à toi, à nous… Je me rends compte que le nous n’existe que pour moi. Le temps que tu passes à te pousser de moi est plus grand que celui où tu as envie de moi. J’observe et me dit que c’est peut-être mieux ainsi. Dans ta vie, il n’y a pas de place pour moi, pas la place que j’aimerais avoir, la place que je souhaiterais. J’aimerais tant partagés ton soleil et ces jours de pluie où le temps gris ne fait que confirmer que je suis bien avec toi. Je me mens à moi même en m’inventant des histoires, en me créant des attentes envers toi. Tu n’es pas prête, pas prête à passer ta vie avec moi et moi non plus en fin de compte. Tous ces mots que tu me lances tour à tour dans les jambes m’empêchent d’avancer, d’être bien, d’être heureux. À mot couper pour ne pas te contrarier je suis plus ce que j’aime être. Où dans tout ce bal d’événements je me suis oublié simplement pour t’aimer? Est-ce que je t’aime vraiment? Est-ce que cette envie d’être à tes côtés n’est pas seulement devenue qu’une triste habitude où ton confort d’être avec moi n’est la résultante que de tout ce temps passé à mes côtés. Je n’ai rien à t’offrir, rien de plus que ce que je suis, mais tu ne prends que ce que tu as envie. C’est dans mon entièreté que je veux être aimer. C’est dans ton entièreté que je veux t’aimer. Il m’épuise de voir que je crois encore à nous comme un vieux rêve que l’on caresse depuis longtemps. Un nous qui me fait peur aussi, mais qui est irréel puisque tu n’y crois pas! De tes reproches je ne peux plus vivre, accrochée au passé tu ne peux t’empêcher de me le rappeler, comme un gout amer dans ta bouche, les seules paroles à mon sujet ne sont pas sur l’avenir, mais sur le passé. Je suis là simplement à attendre que le temps passe, à attendre que tu penses. Tu ne veux rien rater de ce que t’offre la vie et même si moi je suis là tu me gardes près simplement pour te rassurer que tu ne manques pas ta chance. Pourquoi le temps ne change rien à la chose? Pourquoi n’écoutes-tu pas cette petite voix qui crie en toi que tu n’es pas où tu voudrais être? Est-ce que je me trompe? Je ne crois pas. Est-ce que je me trompe? Oui, chaque fois que je crois que tout cela peut changer. Inconfortable dans cette situation je deviens de plus en plus amer à mon tour. Et de te faire que l’amour devient une corvée qui n’en finit plus. Je n’ai pas envie que de ça, j’ai envie que de toi, entièrement. Je m’accroche, encore un peu, pour ne pas tomber de haut. Tu es unique, pour moi. Tu es la seule personne qui m’a traité ainsi, pas comme un ami, mais comme celui que l’on cache en silence. Je suis fatigué de tout ça, de l’attente, de l’espoir, faux espoir. De ces yeux qui me regarde à moitié. J’ai des rêves et tu n’en fais plus partie, car tu ne veux pas être dans ma vie.

Souvenir retrouvé de février





Cent nuits, amour, rire

23 09 2010

Je n’ai plus la force, je n’ai plus ma place, je n’ai plus ce que j’ai toujours voulu. Je n’ai plus l’essence, je n’ai plus de chance, je n’ai plus de sens. Je me suis enfoui derrière ce que je suis, ce que je veux, ce pourquoi je vis. Et cent nuits ne seront jamais assez pour me trouver, pour me retrouver. Cent nuits pour consoler ce qui est resté encore ouvert, encore blessé. Cent nuits qui m’ont transformé, qui m’ont informellement déformé simplement pour changer ce qui en moi est ancré. J’ai l’amour amer d’être souvent répéter et l’amour salé de ces chaleurs d’été. L’amour complètement gelé d’un passé écorché, j’apprends à petites bouchées, sans me précipiter, j’ai cette peur d’avancer et j’ai en même temps ce besoin de reculer. Reculer un tour, un jour, le temps d’un amour. Je n’aurai plus à partir, je n’aurai plus à mentir, je n’aurai qu’à sentir ce rire. Ce rire qui émerge de moi, encore une fois, car mon coeur retrouvera ces couleurs d’autrefois.





Le jour

15 08 2010

Les jours ne font que tourner les mois du calendrier, rien ne change, rien ne bouge, surtout pas moi. J’ose espérer que le temps passe plus rapidement, mais je n’embarque pas à son bord et je n’attends que toi. Comme le train qui s’arrête en gare, je le regarde passer encore. Pourquoi n’es-tu pas encore débarquer? Pourquoi ton corps, je n’ai pas encore vu déambulé doucement dans l’allée, comme cette chatte aux yeux de nuit, celle dont je m’ennuie. Mes yeux balaient doucement l’horizon, chacun des wagons à la recherche de toi. Ne m’en veut pas si tu me vois, mes yeux se noient doucement, de chaque pensée de toi, de chaque souvenir qui revient en moi. Mon sourire fendille doucement mon visage à chaque mirage de ton image, mais doucement dissipé quand mes larmes essuyées lèvent un voile qui ne te révèle pas. En désespoir de cause, je ne fais que boire, un verre de plus pour me noyer l’âme, temporairement car chaque fois tu reviens c’est évident. Tu reviens comme tu l’as toujours été, belle et passionnée, du moins de ce que j’ai conservé, de ce que je ne veux pas voir me quitter, chaque fois que la nostalgie se mélange à l’ennui. Le jour, comme la nuit, je reste las, je reste ici, j’ai l’impression que j’oublie ce que jour après jour j’ai instauré ici, quand mon coeur oblitéré c’est engagé à t’aimer.





Du sel à l’amer

17 07 2010

Je suis passé, du sel à l’amer, de l’hier au présent, douloureusement. Dans la nuit cent pourquoi et comment, pour faire passé le temps. Mes larmes ont séché à la chaleur de mes joues, ça me rend fou. Chaque mouvement, chaque souvenir me rendent fou. Je suis fou, de toi, de ça, de ce qui a été un jour quelque chose qui devait ressembler à l’amour, mais qui s’est épuisé, qui a brûlé comme une traînée de poudre, comme une traînée de toi. Dans chaque parcelle de temps qui passe trop lentement tu t’es quand même consumée, enflammée dans un instant de liberté qu’avec moi tu t’es accordée. Puis tout s’est envolé avec le temps, avec toi et une partie de moi ne le sais-tu donc pas? Que c’est t’il passé entre vendredi et vendredi, entre hier et aujourd’hui entre toi et moi? Adolescente inconsciente tu as commis cet homicide involontaire d’une partie de ce que je suis, de ce que l’on était. À ne rien vouloir manqué, à vouloir tout garder, mon coeur, mon coeur comme j’ai toujours envie de te retrouver, comme le premier jour où tes yeux se sont posés sur moi, dévorant d’une bouchée tout ce que j’avais à donner. Qui a commis le crime? Du sel à l’amer, il ne me reste que le doux goût de tes lèvres, je suis donc coupable.





Demain

27 06 2010

Dans mon coeur, une fleur jamais ne se meurt, doucement je l’arrose, elle se repose. Sans fin, sans faim, elle reste là, un instant, avec un sourire qui lui appartient, un sourire que je lui rends bien. Et doucement, l’ivresse d’un instant, un instant d’amour, un instant du jour, mon coeur palpite, il a ce qu’il mérite. Et encore, sans que je le voie, je suis rendu là, un jour où doucement le temps passe, d’une caresse sur ma joue. Ce que je pensais disparu reste, un instant seulement, comme planifier à l’avance, comme si je le savais, car je sais. Aujourd’hui à fleur de peau, j’aime, je sens, je vis. La vie me fait sourire, un instant, pour toujours. Je regarde au loin et je ne vois rien, pas l’ombre d’un hasard venimeux, pas l’ombre de ce sentiment amoureux, je mens un peu. Dans le vague je m’emporte, me transporte vers un confort isoloir, seul, et je ferme la porte. Les plaies guérissent plus rapidement humide, alors je pleure dans le vide, le vide que contient la place que tu as laissée. J’affecte à ces pages des mots qui sommeillent, qui dorment, qui mourront si je ne les laisse pas prendre phrase sur ce blanc de mémoire, sur ce banc de mémoire. La douleur disponible je la disperse dans le dédale de discours au diapason de ma déraison. Et je me donne la vie, comme l’a fait ma mère, pour encore une fois voir le matin heureux de lendemain pluvieux.





Paf Tik Pow

27 06 2010

Comme pris dans un étau, une enclume et un marteau, je sens chaque coup qui s’abat sur moi à chaque fois que mon coeur bat. Le tintement métal me brise les dents, me déchire en lamelles fines et douloureuses, chaque fois. Et je me sens déchirer, comme ce vieux papier ayant trop existé, ne résistant plus au pli qu’on lui a infligé. Pendant des heures qui tournent dans ma tête, la musique sur laquelle on m’a écrit, me consolant doucement. Je m’effrite peu à peu comme ce gros caillou fouetté par les vagues amères. Et le vent souffle peu à peu ce qui reste de moi. Existerai-je après, partout et nulle part à la fois, ou je n’existerai pas? Quand j’aurai cessé d’être cet être qui demandait simplement de te connaître et à qui t’as tout simplement demandé d’oublier, de t’oublier, t’ennuieras-tu de moi? Et je partirai doucement, sans regarder, simplement car j’en aurai eu assez, que m’as-tu demandé? Quand mon amour blessé ne pourra que les yeux fermer sur toi, comme cette poupée de porcelaine si fragile que l’on couche. Comme si le temps tardait doucement, simplement pour que je digère un à un ces mystères, mes mystères, mes pourquoi qui reviennent chaque fois, mais pourquoi ça revient chaque fois? J’existe, j’exorcise, j’inspire, j’expire et je respire encore, le temps que tu t’expires. À quand cette date où je verrai la possibilité de vider, de rincer, de jeter ou recycler. Demain un jour peut-être nouveau, un jour certain qui n’existe pas encore, je vivrai donc aujourd’hui. La tête dans tout ce qui existe qui ce trouve dans ma tête, j’arrête, je pause, je me repose. Donne-moi encore ce choix, me demandais-je à moi, donne-moi ce choix de rester ce passionné et non cette carcasse vidée par ce chasseur écervelé. Empalé, désemparé, dénudé, désarçonné, désarmé, il est grand temps pour moi de me relever.

Pour savoir si relever finissait par É ou ER j’ai dû dans ma tête le remplacer par battre.