Rejouer en boucle

16 03 2023

On a parlé de tout, sauf de nous. Le périmètre qui nous entourait, s’éloignant lentement du centre, plus les mots défilaient. On était là, pas très longtemps, six heures à peine, pour une toute première fois. On s’est dit ce que l’on fait, d’où on vit, de qui nous entourent, de qui est disparu. Disparus non sans laisser de trace dans nos vies, mais sans faire de blanc non plus dans nos conversations. On s’est parlé de musique, de cinéma, de voyage, de bouffe. Comme tout le monde. On s’est parlé de tout et de rien. On s’est regardé en silence. Tu m’intimidais. L’intensité de ton regard perçait cette coquille de mon coeur fragile. Je te laissais faire, tout en te dévoilant l’effet que tu avais sur moi. Je te regardais en retour, intensément, avec ce désir puissant d’arrêter le temps, cet instant. Suspendre le temps, pas le moment, qu’il dure pour toujours. Toi et moi, là. Nos conversations n’ayant plus vraiment d’importance que de combler ici et là le vide incontrôlable de nos regards déjà bien remplit. On a caressé nos âmes en douceur, sous le regard d’une clientèle qui n’existait pas pour nous. On a parlé de tout, sauf de nous, parce que l’on se connaissait déjà.





Attendre

16 03 2023

Attendre le bus, le métro, la première rencontre d’une journée. Attendre le diner, son retour, la fin de cette journée. Attendre le métro, attendre le bus, attendre pour rentrer. Attendre sa douce pour souper, attendre pour souper avec sa douce. Attendre le livreur. Attente peut-être trop haute sur le goût du repas vu que l’on a attendu beaucoup trop longtemps. Attendre que l’émission commence, en choisir une autre. Attendre d’aller dormir, attendre son tour pour la douche et attendre de s’endormir.

Attendre son amour, attendre un enfant, attendre un appel qui ne viendra peut-être pas. Descendre ses attentes, mais continuer à le faire quand même. Attendre. Attendre de vivre parce que maintenant on travaille, on élève, on apprend, on s’occupe, on ramasse, on refait, on bâtit quelque chose, pour quelqu’un, pour nous, pour soi. Attendre des autres qu’ils lisent nos pensées, rester déçu. Ne pas attendre de leur communiquer notre déception.

Attendre que tout soit parfait, le timing, la femme, le boulot, le texte que j’écris, que je réécris pour la centième fois, qui fini pas ne plus être ce premier texte qui m’avait poussé à écrire, inspirer. Le revoir cent fois pour être certain que vous aimez ça. Attendre encore et encore de le publier.

Ne vous attendez pas à le lire, je l’ai effacé. En fait, je suis en attente de vider la corbeille. Expirer. Simplement parce qu’il n’y a rien de plus vrai que l’instant. Ce moment où s’ouvrent nos yeux pour la première fois, devant notre mère, notre soeur, notre première copine, nos premiers amis, notre premier emploi, l’amour d’une vie, nos enfants, une nouvelle destination, que l’on visite pour la troisième fois. Voir chaque fois, pour la première fois. S’émerveiller de chaque instant. S’éblouir encore et encore. Cesser d’attendre. Regarder. Aimer. Inspirer!

Ne jamais attendre sa mort.

Mourir.

Expirer.





Le retour à la normale

14 03 2023

Où est rendu le monde? Vraiment, il est où? La fin d’une pandémie, le début d’une vie normale, rien ne l’est plus, rien n’est revenu comme « avant ». Certains travailleurs n’ont pas vu de changement, que ce soit sur les sites de construction, suite au retour en classe des étudiants et bien d’autres milieux. Un peu différemment, pas totalement. Les bureaux déserts du centre-ville hantent Montréal. La diplomatie est de mise, le manque d’employés et le manque de preuve que c’est mieux ou pire de travailler de la maison ou pas. On ne froisse pas les uns pour garder les compétents, on ne froisse pas les autres simplement par équité. La panique s’installe quand l’entreprise parle d’un 40% de retour au travail, 2 jours par semaine, les employés demandent des paiements pour les lunchs, le transport, les vêtements, le temps que l’on perd de l’autre. La guerre de l’efficacité déclarée. Les uns réclament la collaboration inefficace, les autres, une perte de temps, de leur temps, parce que le trente, quarante-cinq, soixante ou quatre-vingt-dix minutes, deux fois par jour, d’improductivité personnelle est gravement touchée par le retour au travail et avec raison. Le milieu des uns ne fait pas le bonheur des autres. On s’enlise dans ces discussions sans décision. On recule quand la masse quitte le navire parce que le voisin offre aujourd’hui ce que l’on avait hier.

Le réel impact est difficile à saisir. Mon réel impact s’est fait sentir plus vite que je ne le croyais. Tenir le fort, être présent, savoir que certains souffrent de cette solitude prolongée, être là. Bien que la majorité d’une équipe de plus de quinze employés ne souhaite pas tant retourner au travail, certain le font par « obligation », pour faire plaisir, mais se rendent compte rapidement de l’efficacité de mettre cinq développeurs dans une salle pour la priorisation, la ségrégation des tâches, le mentorat, le coaching, la démo des tâches réalisées, la planification du prochain cycle. Un jeudi après-midi, une fois par deux semaines. Que ce soit cette personne vivant seule, à plus de trente minutes de Montréal, vivant des moments difficiles, le plaisir de retrouver ses collègues, au moins deux fois par semaine, si vous y aller, faite lui signe, elle ira vous tenir compagnie pour la journée. La solitude et les événements de la vie, votre présence sera simplement de mettre un baume sur un vide que plus personne ne soupçonne. Sinon que ce soit pour changer d’air, pour finalement organiser un lunch avec un collègue que l’on n’avait pas vu depuis longtemps (surement avant la pandémie), chose que l’on faisait avant, régulièrement. Ceux qui l’essaie, y trouve que du positif, même si le train n’est pas passé, si le bus a fait fausse route ou si quelqu’un c’est lancé devant un métro, ce qui retarde leur arrivée.

Tout coûte plus cher avec le retour au travail. C’est un peu une roue dans laquelle on est prise. Le coût de transport, de vêtement, de nourriture, mais surtout de temps. Passer par exemple d’un coût de transport de 0$ vers 95$ par moi (meilleur des cas sur l’ile de Montréal). Les restos ayant été désertés, les prix ont augmenté pour survivre, mais pour s’adapter aussi à l’inflation. On s’habille plus de la même façon quand on sort en ville pour aller travailler, en fait on ne s’habillait plus tellement. Le temps que l’on « perd » à écouter un collègue nous raconter sa vie, sa veille, son weekend. Le coût du temps, pour les familles avec des enfants. Comme si, l’avant n’avait jamais existé. L’avant cette peur qu’on avait d’envoyer tout le monde à la maison. L’avant où j’ai dit à mon patron, ça sera beaucoup plus difficile de ramener les gens au bureau.

Et moi? Moi j’ai perdu beaucoup de repères dans cette expérience. J’ai tenu mon équipe le plus possible ensemble pendant la pandémie. J’espérais un retour, pour moi, pour mon équipe. Ils ont la chance de ne pas avoir un patron dans leurs chaussures et un patron bienveillant. Avant, en un coup d’œil, je décelais cette petite veine dans le front qui signifiait un stress peut-être un peu trop grand, le temps d’aller leur pousser une blague ou de les sortir de là pour relativiser la situation et leur apporter mon aide. Je ne peux plus le faire aussi facilement, les caméras souvent fermées ou les sourires, le temps d’une caméra et la quantité phénoménale de rencontres qui s’enchainent sans arrêt. Avant, je croisais les gens qui avaient le même rôle que moi, on pouvait comparer et se consoler, notre réalité était bien souvent très similaire, on pouvait faire front commun. J’étais aussi un de ces solitaires un peu introvertis qui prenait plaisir à croiser les collègues passés ou présents. Aujourd’hui, quand je fais ce trajet de trente minutes qui me sépare de mon boulot, c’est pour y trouver des étages bien vides, je dirais même par moment désert, qui étrangement me laisse croire que je suis tout seul dans cette expérience qu’est le travail. On ajoute à ça un patron qui n’est pas le spécialiste de la tape dans le dos, on obtient un cocktail un peu nocif pour la psyché qui se fracture doucement, fatigue qui augmente avec la motivation qui diminue. Et ça, c’est moi… mais quand tout lâche, on se rend compte que beaucoup sont dans la même situation. Ma solution? Du moins une partie… C’est de l’essayer… collectivement, d’être là, pour nous, pour les autres.





Phénix

13 02 2023

J’ai commencé à mourir quand je suis né, je me suis dit que c’était la meilleure façon de ne pas procrastiner. Je suis mort bien des fois depuis. Sans comprendre toujours pourquoi ces petites parties de moi me quittait doucement. Amour, d’un jour, d’une vie. Voir son amour, sa grand mère ou son père mourir me causait à chaque fois ces petites morts desquelles je me relevais souvent, tout le temps. Imbibé de ce que tout ça m’avait laissé comme marque, apprentissage, m’aidait à être ce que je suis.

Aujourd’hui, plus mort que jamais. STOP. Je suis partagé entre un bonheur que je croyais impossible et cette incapacité de bouger. STOP. Ma tête a lancé un signal au reste de mon être. STOP. Tout a arrêté d’un coup. STOP. Brusque comme un télégramme. STOP. En fait ce n’est pas une mort, mais une pause. STOP. Une pause. STOP. Une pause. STOP. Je n’étais pas bien. STOP. Je ne suis pas bien. STOP. Je m’excuse à ma douce. STOP. Elle me dit de cesser. STOP. J’aime ma douce. NONSTOP. Ma capacité à prendre des décisions m’a quitté. STOP. Mon sommeil m’a quitté. STOP. Mon docteur m’a mis en arrêt. STOP. Les pilules ont parlé avec mon insomnie. STOP. Mes idées ne font que tourner. STOP. Se bousculent. STOP. Je suis fatigué. STOP. Je ne trouve pas de solution. STOP. Je sais simplement que je ne veux pas que ça s’arrête. STOP. Je dois laisser le temps coulé. STOP. Le temps guérit tout. STOP. Le passé me l’a démontré. STOP. Je devrais renaitre quelque part au printemps. STOP. Comme la nature suit son cours. STOP et FIN.





Pour moi

20 09 2020

Briser mon cœur, j’ai brisé mon cœur mainte et mainte fois simplement par amour pour moi. L’idée que je m’en faisais, l’idée simplement de l’amour m’enivrait, aveugler par le fait que tout ça n’était pas vraiment vrai. J’ai baissé les bras, la tête haute, simplement par amour pour moi. Je me suis fermé, je me suis enfermé, comme le coffre d’une banque, le cœur trop fragile. L’idée d’être, demain dans un futur proche, dans un avenir qui m’était impossible aujourd’hui, hier en fait, mais aussi impossible demain. Diseur de bonne aventure, je lisais leur avenir, pas le mien. Je me suis immunisé, « equalizer » sur une fréquence que même moi je ne pouvais plus ressentir. Cassé, déçu, désabusé, désamusé, je me suis perdu sans même savoir pourquoi.

Guéri par une sorcière du sommeil éveillé pour ne plus me rappeler ce que c’était d’aimer. Elle m’a, en fait, brisée encore plus que je ne l’étais et le temps pour guérir ne fut que trop long. Je suis un persévérant, un battant et je guéris avec un peu de temps parfois plus que je ne le souhaiterais.

Pour moi, j’ai décidé d’arrêter de me protéger, de cesser de m’en faire, sans jamais arrêter de m’écouter. La douceur est arrivée, la douceur m’a complètement enveloppé, enfin, irréelle, bien présente. Parce que c’était comme pour elle, mais pour moi, le synchronisme enfin parfait, le temps se suspendant à nos lèvres laissant peu de mots pour se dire : je t’aime.





Où suis-je?

24 09 2019

Je m’embrouillonne plus souvent qu’autrement. Je remplis ma tête de vide, de Netflix, de mots d’autres, parce que j’aime lire leur tournure de phrase, leur tournure de temps qui me fait rêver parce que moi aussi un jour j’ai eu des idées. Je me trouve des raisons pour expliquer pourquoi j’ai écris que 3 textes depuis le début de l’année, ma procrastination aigue fait que je n’écris plus, c’est pas la faute de mon ongle que je trouve trop long quand je tape parce que je ne sens que lui, c’est toutes ces petites raisons qui existent juste pour m’oublier. Hier en allant dormir, je me suis souvenu de moi, celui qui seul comprenait ce qui se passait, comprenait ce qu’il vivait. J’ai mis l’auto pilote sans mettre de destination. Je déraille ou dérape de toute façon. Malgré tout, j’ai les mêmes repères, ma mère, ma soeur, mon chez moi, mon gros chat qui traine un peu comme moi entre le divan et le matelas sans vraiment comprendre pourquoi. Le bruit m’énerve, le silence m’effaie, le juste milieu, je le cherche un peu. J’ai vu Netflix deux fois au complet, je n’ai rien accompli. Je me lance dans des passions qui sont bien loin de moi, pour apprendre, j’apprends. J’apprends tout sur les rudiments du crayon, qu’il soit électronique ou de carbone, de feutre ou d’encre. J’essaie de faire vivre ce que j’ai mis de coté, mes mots, les remplacer par des images. On dit qu’une image vaut mille mots, je suis rendu bien paresseux. J’ai cessé d’écrire en même temps que j’ai cessé d’aimer, je sais pas vraiment dans quel ordre ça c’est produit. Je suis pas complèment dépourvu, j’éprouve une affection profonde pour les gens qui m’entoure, mais pas l’amour, le vrai, celui qui a fait naitre ce blog et combien d’autre régurgi de matière d’âme sur des médiums parfois oublié et mort. Combien de lettre, de mot, de phrase j’ai écrit à travers le temps à ce sujet. Où on achète des « refills » pour ça? J’ai parfois une illumination, un mirage, un rêve éveillé qui fait que je sors un bout de papier, de téléphone cellulaire et j’écris une petite note pour me souvenir de l’étincelle, quand je la relis, plus tard, il n’en reste plus rien, que les mots noirs sur blanc, que les formes sans sens. Je pourrais écrire pour informer, pour communiquer mes passions devenir un influenceur, avoir des likeux, des hateux qui me suivent parce que je dis des choses ou leur contraire qui rejoint des gens parce que je parle comme eux. J’ai pas envie d’être comme eux, d’être commun, d’être critique ou simplement émotif parce que quelqu’un a parlé de moi à Thor ou à Traverse. J’ai pas envie d’être émotif sur un livre, sur un show, sur un vidéo que j’ai vu, parce que pour moi, ça fait parti des conversation que je veux avoir avec les gens que j’aime vraiment, pas a sens unique entre moi et les commentaires que je lirai ou pas. Ce que je vomis ici, c’est ma simple compréhension de ce qui m’habite, c’est brut, c’est indiscutable parce que même si j’ai l’air d’un drama king, d’un dépressif, d’un homme rose, d’un romantique fini, ça reste que des miettes de ce que je suis au moment ou je l’écris. J’aime mon petit blog tranquille un peu Emo qui me laisse le loisir d’inventer une vie qui est pas la mienne, ou de m’écrire à moi même une lettre que je me lirai demain à tête reposée, en me disant que c’est bon mais plein de faute parce que je me relis jamais, j’ai pas le temps parce que les mots arrivent bien plus vite que le dictionnaire lui même. Je n’ai pas envie de voir mourir Scarecrowworld parce que ça serait un peu d’avouer ma mort à moi, ma mort étant plus un échec sur l’amour avoué, qu’une mort physique confirmée.





La vague

6 10 2018

Bon matin,

Je t’écris parce que je t’aime, tout simplement. Je sais que tu me connais et que je ne dis pas les choses aussi simplement. J’ai vu samedi, tes yeux se remplir d’eau quand tu as vu mon tableau. Quand tu as vu « Bonne fête papa » en grosse lettre blanche sur mon tableau noir. Je voulais simplement que tu saches que lorsque je l’ai écrit, j’ai pleuré, ça m’a pris un temps fou à écrire ces treize petites lettres-là, pas par manque d’inspiration, mais parce que chaque lettre était aussi lourde que les quatorze années qui nous séparent de lui. Je sais que le temps passe et que les souvenirs semblent toujours aussi lourds pour toi. J’imagine que c’est normal à quelques parts, tu n’as pas vécu la même chose que moi, du moins pas de la même manière. Quand je te dis que la mort fait partie de la vie, simplement pour que toute cette expérience soit plus acceptable, plus douce, toi tu veux raccrocher, t’en aller, ne plus en parler. Je ne tente jamais de te retenir, je sais que ça fait mal, je ressens ce mal qui t’habite, c’est un peu pour cela que j’insiste pour alléger ta peine. Maintenant, tu essaies même de reproduire l’événement, en vrai, pas juste dans ta tête, encore et encore, tu entres dans cette croisade pour la vie en t’attachant à un autre qui disparait peu à peu. J’aimerais te prêter ma tête, simplement pour que tu puisses accepter qu’il soit parti, qu’il partira, qu’il ne s’en sortira pas, qu’il ne reviendra pas. Je vois toujours cette tristesse dans tes yeux, j’aimerais tellement la soulager, te donner un moment de répit, ne serait-ce qu’une minute. Je vois encore cette vague qui arrive, qui repartira avec celui que tu aimes, qui te laissera seule sur la rive, les yeux vers l’horizon, à chercher papa dans le creux d’une vague, en attendant qu’il refasse surface. N’oublie jamais que quand tu seras pris dans ce creux de vague, je serai là à côté de toi parce que je t’aime maman.





Chercher le trouble

22 07 2018

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer ? J’ai payé plus de trois cents dollars pour me faire démolir la gueule, je ne me suis même pas rendu au dernier round. Il m’a fallu seulement le 13e pour que je le sente profond, une boule dans la gorge, de l’eau dans le coin des yeux, un punch directement là où ça fait mal. Je le savais un peu avant même de me lancer dans l’expérience. Si j’avais à en choisir un, ça aurait été celui-là, celui-là même du pourquoi j’étais là, parce que c’est toi qui m’y as mené quelque part. J’ai quand même décidé de le faire, par nostalgie, par masochisme, par inconscience, pour prendre conscience. J’ai manqué partir, pour pleurer en boule dans un coin, mais je suis resté là au grand soleil à me calmer, à tenter de reprendre mon souffle, tenter de me convaincre que j’avais fait la bonne affaire. La bonne affaire… relativement j’ai surement raison, sur le coup, quel coup! J’ai voulu être sûr de mon coup, j’ai pris 31 représentations en 20 jours, rien de moins, que du bon cinéma sinon, que la fille qui se transforme en sirène, t’aurais vraiment aimé, plus pour la forme que pour le film. Les douze premières fois, je t’ai cherché du regard, à travers la foule, dans les avants, les pendants ou les après-représentations. La 13e fois je savais que c’était elle là, ça avait tellement de sens, je savais même d’où tu arriverais, c’est toi qui m’avais montré le chemin. Quand je t’ai vu, le bonheur s’est transformé rapidement de joie, à malaise pour finir en tristesse. T’étais pas seule, qu’est-ce que je croyais. J’ai toujours été un grand rêveur, celui qui s’accroche trop longtemps pensant que ça va changer. L’éternel positif, qui voit le bon derrière chaque personne, qui se pète la face dans le mur pour les mêmes raisons. Je t’ai toujours voulu heureuse, j’espère que tu l’es maintenant, semble que je ne t’aimais pas comme tu le voulais, c’est un peu comme ça dans la vie, on s’attend toujours à quelque chose de différent, on s’autoconvainc que c’est une bonne idée, quand on recule, on pense encore que c’est une bonne idée. Du moins moi j’y crois. Je me suis rendu compte d’une chose, que même si je pense tous les jours à hier, que je fais du bruit pour me rendre compte d’aujourd’hui, je sais que demain ça passera, ça toujours passé, là c’est juste que je n’étais pas rendu là, ça m’a pris par surprise. C’est quand même moins cher qu’une thérapie que d’aller voir des films pendant 20 jours.





On se manque

6 05 2018

On se manque toujours, par le hasard des choses, par habitude ou par conséquent. On se manque toujours, d’un poil, de cheveux, d’une seconde. Je trouvais drôle qu’on se manque tant, car quand je te manque, tu me manques terriblement. J’en finis même par mélanger les concepts qui deviennent un peu flous avec le temps. N’être pas arrivé à temps ou être parti trop tôt. Simplement éviter, connaitre, savoir pour m’assurer d’être ou ne pas être là. Toi quand tu me manques c’est pas pareil, on dirait que tout tourne autour de moi, pas par égoïsme, mais par amour.

Amoureuse… dans amoureuse, je n’existe pas, tu es amoureuse de moi, mais je n’ai rien à y voir. Sinon peut-être que le nom, l’idée que l’on se fait, mais je ne suis pas dans l’équation. C’est sans égal, sans être négatif ni positif. C’est réaliste, mais pas vraiment réel, ça existe, mais ça ne compte pas. On est l’idée projetée d’un concept un peu flou qu’on a appelé l’amour quelque part où on ne savait pas comment exprimer ce que l’on ressentait, quelque part où l’on croyait bien faire, et pas mal faire, bien… mal. Certains détruisent, d’autres s’inventent, chacun tente de faire différent, de faire vrai, de faire son possible pour être heureux. Concept que j’ai perdu un peu avec le temps, heureux… malheureux, aucun des deux. Je suis satisfait, insatisfait, je suis drôle, je suis triste, je suis seul… mais heureux qu’est-ce que c’est?

Je suis fatigué de manquer de toi, de tout, de nous. J’empile les souvenirs, les secondes qui passent à travers la poussière, le silence et la solitude. Je regarde mes projets de haut, mais c’est eux qui m’ont dépassé. Je suis dépassé, je vois tout trop grand, trop vaste, j’ai le vertige. Je perds l’équilibre, sur le fil, sur la corde raide. Au moment où je n’y crois plus, un message sur mon téléphone, rassurant quelque part, je sais que quelqu’un veut la même chose que moi même si on ne se rejoint pas. Je suis l’éternel optimiste qui s’accroche à la petite portion d’humanité qui reste tant bien chrétienne, mais qui me rappelle une chose, la valeur de mes valeurs, l’amour d’un rêve qui s’est estompé trop vite, mais qu’au fond de moi, je continue à caresser.





Sensible

25 02 2018

Je suis seul. C’est peut-être plus simple maintenant, moins douloureux. C’est vraiment triste par contre, parce qu’à deux c’était bien dans le temps, quand on partageait nos soupers, nos soupirs, nos sourires et nos désirs. Seul, je fais la même chose qu’à deux. Le sexe est plus platonique seul, tout comme les déjeuners, les diners, les soupers. C’est peut-être juste à cause de la vie tout ça. C’est peut-être juste parce qu’à un moment donné, je suis trop resté moi, je n’ai pas pu être différent au début, je n’ai pas pu être sur un High fictif qui fait qu’on a un Down horrible avec le temps, quand on retombe les pieds sur terre, quand l’autre se rend contre qu’on est peut-être plus terne qu’on le pensait. Le mur, qui arrive un jour ou l’autre, en plein visage, sans prévenir. Celui qui fait craquer les os du corps lors de la force d’impact, qui nous laisse tout mous, tout flasques sur le sol. J’avais décidé de ne pas aller là, pour faire différent, pour me rassurer, pour me protéger de l’impact du mur, sans savoir s’il viendrait un jour. Quand le mur est arrivé, ça fait moins mal, mais ce n’était pas moins désagréable dans l’ensemble. Je suis capable de ça parce que docteur m’a un petit peu hypnotisé dans le temps, m’a juste fait voir ma vraie couleur parce que je croyais que je ne méritais pas l’amour qu’on voulait me donner. Toujours une peur quelconque non fondée qui tournait dans ma tête, qui m’emportait, loin de la réalité, loin de ce que j’étais en train de manquer, loin de ce que je perdais chaque fois que je le faisais. Moi qui n’a jamais trompé personne, moi qui pense toujours à l’autre, qui à toujours une attention inattendue, une surprise surprenante, une oreille qui ne fait pas juste se tendre ou prétendre. Quand souffle devenait un ouragan, qui m’emportait dans le doute, la crainte, mais surtout l’angoisse de n’être pas aimé pour ce que j’étais, je devenais quelqu’un que je n’étais pas. Depuis, je comprends mes sentiments, ils sont réels, forts, authentiques et dénudés de toutes peurs. Je m’ennuie parfois de ce manège qui me donnait le vertige, les sensations fortes, le vent dans le visage qui fait perdre le souffle, qui mouille les yeux. Je ne m’ennuie pas de la descente aux enfers, vers ce mur qui vous défigure pendant plusieurs mois. Je suis seul parce que je suis resté moi-même.  J’ai décidé de ne pas me faire aimer si ce n’était pas pour moi qu’on le faisait. Je ne veux pas être l’idée idéale d’une relation qui ne tient pas debout. J’ai changé comment je faisais les choses, j’en arrive au même point. Peut-être que c’est juste pas pour moi tout ça. Peut-être aussi parce que j’ai rencontré la personne que j’ai été avant, simplement pour me dépeindre ce que j’ai pu être pour d’autre, mais je l’ai tout de même aimé, fondamentalement, chaque jour qu’elle m’a permis d’être à ses côtés.