Au loin

14 05 2013

J’imprime la déprime sur des circuits imprimés, minuscule et collée, par millier. Mes mots s’entrecoupent et se découpent comme les poignets de mal aimé. Je colle au silence, comme une virgule qui s’étire, je ne sais plus trop sourire. J’ai le point trop final, trop jeune, trop lourd, je serre les poings et je vomis à mon tour. Tout est trop calme, tout est trop lourd, toute l’insipidité d’un être âcre qui jette l’encre devant une page blanche. Les nuages sont plus noirs que mes pensées, mais la mer beaucoup moins trouble. Je m’arrête sur le quai, j’ai oublié de partir. On ne m’a pas attendu, on ne m’a pas demandé si j’allais, où j’allais. Si on me l’avait demandé, à cet instant précis, je n’aurais de toute façon pas su quoi répondre. Le résultat aurait été le même, je suis là. Les saisons s’enfilent, l’une derrière l’autre sans un mot, seul l’extérieur peut vraiment nous dire où on en est. Et même là, même la température ne semble plus sûre de ce qu’elle est. Je me suis assis au milieu de cette glace, au loin, le plus loin de cette ville, dans laquelle je ne ferai plus surface. J’attendrai patiemment que le temps change, que la glace me cède sa place.





La veille

14 05 2013

Ses mains chaudes m’ensorcellent à chaque fois qu’elle les pose sur moi, comme un remède grand-mère qui guérit toutes mes blessures. Ses yeux se posent sur moi, doucement, me lançant un sourire parfois accompagné de ses lèvres. Ses lèvres s’entrouvrent doucement, faisant place à sa voix, son rire ou encore mieux un baiser. Dehors, il neige à plein ciel et son envie de noël fait renaître le mien. Le temps passe et le vide comblé de sa présence m’enchante.

C’était un 18 décembre…





À quel moment?

11 04 2013

À quel moment je me suis littéralement oublié, à quel moment je me suis cérébralement abandonné. J’ai oublié où allaient mes mots, je me suis concentré à remâcher mes maux. Je ne sais plus écrire, j’ai oublié avec le temps, comme on oublie lorsqu’on était enfant, que seulement cinq petites minutes nous faisaient oublier n’importe quelle dispute. Mes doigts engourdis prennent et reprennent des chemins si souvent empruntés, mais maintenant oubliés. J’ai oublié comment on faisait, j’ai oublié comment ton nom s’écrivait. J’ai pensé longtemps que le temps allait avoir raison de moi, plutôt me laisser mourir, doucement, pour ne pas vivre une fois de plus un déchirement. Je me suis même pratiqué à ne plus respirer, je me suis étouffé, douloureusement, j’ai compris qu’en bout de compte ce n’est pas ça que j’avais envie. Maladroitement, mes mains sont revenues toucher ces lettres, amies, tant de fois caressées simplement comme on s’assoit pour voir le temps passé. J’ai laissé l’air entrer dans ma cage thoracique avec douleur, j’ai senti la vie qui reprenait sa place. J’ai regardé où j’étais, qui j’étais, où j’allais, tout s’est replacé comme avant que je l’aie abandonné. J’ai eu envie de mordre dans ce que je me suis privé, de peur de déplaire, de peur d’être mis de coté. J’ai envie d’être moi, de ça et de toi. J’ai envie de vie, de mots, d’air et que tu sois ici. J’ai envie de cette différence qui nous fait grandir, j’ai envie de te dire que tu me fais plaisir.





Lucide et Confusion (une histoire d’automne)

20 11 2012

C’est l’histoire de Lucide et Confusion. Une histoire un peu triste, mais remplie de passion. C’est l’histoire d’une double solitude, celle de Lucide, belle et gracieuse au soleil, seule et triste la nuit. Ou celle de Confusion, grand et fort du matin jusqu’au soir, ivre, perdu et noir comme la nuit. Ce fut Crépuscule qui présenta Lucide à Confusion, une histoire un peu étrange, un peu oubliée, où face à la nuit, Confusion voulait déjà oublier. Quand les yeux de Lucide touchèrent ceux de Confusion, ce fut le début d’une fin, comme un jour qu’on laisse derrière, pour entamer ce que l’on pourrait penser un long voyage, mais ce n’était en fait qu’un court manège, comme ceux des parcs d’attractions auxquels on ne fait plus attention. Lucide savait, Confusion sentait, personne n’aurait pu expliquer, ni pourquoi, ni comment cela c’est produit. Lucide faisant refléter les atouts d’une autre, Confusion toujours plus profond dans le regard de Lucide. Confusion ne comprenait pas pourquoi Lucide agissait ainsi, comme de la peur, un faux désintérêt comme celui d’un chien devant un boucher, c’était pour les deux la faim. Confusion bu, entraînant Lucide dans son monde, sans force, naturelle, Lucide se laissa allez. Se laissa allez jusqu’à respirer le matin, fraîcheur d’aube littéraire, où sur la plage les cheveux faux ne font que passé. Confusion dans de beaux draps les a entendu, passer et repasser, la veille si loin et le matin bien trop clair pour ses yeux sombres. Lucide n’était plus, Confusion déambulait dans une maison bien trop vide, bien trop inconnue, mais en même temps si familière. Le temps passait à coup de deux horloges, il fallait rentrer ou revenir. Crépuscule revint enfin, pour venir unir Lucide à Confusion encore. Confusion se perdait bien trop souvent dans les étoiles de Lucide. Les lèvres de cette dernière s’étirant, s’ouvrant à bout portant pour laisser sortir un son, une chanson ou un rire, s’unissant simplement pour embrasser Confusion. Ce fut le bon temps, le temps bon où on ne compte plus ce qui se passe, qu’on se rappelle pour pouvoir le compter aux enfants qu’ils auront, enfants qui ne verront pas le temps non plus, un enfant qu’il nommerait Amour, en cas de grisaille pour se souvenir du temps, du temps où il n’existait pas.

Le temps tournait sans eux, il tournait à s’en rompre l’aiguille dorsale, deux fois plutôt qu’une. Le calendrier n’a pas pu entendre la sonnette qui lui disait de changer de page. Sage, Confusion n’a pas compris, c’était un peu cette dualité qu’il vivait, ne pas comprendre et sentir. Sentir et ne rien comprendre, d’un coup de vie dans la cage thoracique le coeur lui éclata, du jour au lendemain. Quand Confusion voulait comprendre, il questionnait, quand il questionnait, il obtenait des réponses qui n’étaient pas toujours ce à quoi il s’attendait. Lucide, de répondre, les pieds bien au sol comme le font les arbres, ce que Confusion ne voulait pas entendre. Ce dernier de partir, à la hâte sans un mot, sans comprendre, sans tenter d’en savoir plus, déçu, désolé, surtout brisé. Il partit pour sentir le temps qui passait sur sa peau, dans son être tout entier. Il ne se retourna pas, même pas un instant, sinon qu’en pensées, pour savourer ce qu’avait été cette histoire unique. Il rêvait souvent, mais tentait surtout d’endormir les douleurs à coup de vie mal placé, à coup de cidre, de malt, de produit alcoolique, calmant temporairement cette fixation qui était Lucide. Un soir où il levait son dernier verre avant d’allez s’éteindre au lever du jour dans les draps froids, vide et sans lui, car même quand il y était, il n’était pas tout à fait là, ses pieds sur un axe de demi-cercle pivotèrent pour se mettre à dos le bar, mais bien en place, toujours sur ses pieds implanter dans le sol, Lucide s’y trouvait, comme apparue dans la nuit juste avant que Confusion ne s’éteigne. Il n’est pas tord de dire que tous les mots qui existaient sur cette terre n’auraient eu aucune utilité pour le moment qui était en train de se produire. Dans l’univers tout entier n’existait qu’une chose, à ce moment exact, Lucide blottie dans Confusion, cherchant à stopper toutes les horloges de la terre. Un recommencement nouveau, un passé oublié, il n’y avait rien qui importait plus que ce moment, cet instant qui dura… qui dura.

Lucide savait, Confusion se doutait. La fragilité de l’un et les pieds bien ancrés de l’autre s’affrontèrent à nouveau. Les mêmes raisons, un peu plus d’action, un rêve que Lucide avait. Lucide rêvait aussi, peut-être moins que Confusion, en fait personne ne le sait vraiment, mais à cet instant, elle rêvait. Elle rêvait de chevaux, de sable, de Confusion, mais pas assez pour abandonner ce qui existait avant, ce qui existait maintenant, à un pas de se déterrer la racine pour mieux se l’enfouir ailleurs, elle devait aller au bout, on sait jamais ce qu’il y a au bout tant que l’on ne s’y retrouve pas. Confusion comprit Lucide, s’extirpa à nouveau sans attendre, sans tout à fait comprendre, s’éloigna avec tristesse, Lucide derrière lui à nouveau. Le temps n’aidait plus à la chose, il passait, repassait sur le visage de Confusion, n’arrivant pas à assécher les larmes que causaient Lucide. Il s’interrogeait fréquemment sur la nature de ce qui s’était passé. Se demandant si Lucide avait trouvé au loin ce qu’elle cherchait, si le bout était vraiment ce qui s’était s’était montré en rêve. Confusion ne voulait plus, plus de rien autour, plus d’Amour, plus de Lucidité, il avait rencontré des gens pour la faire oublier, dont la belle Insipide et l’autre Folle, avec qui il avait cru qu’il était possible de refaire le monde à coup d’amour, mais ce ne fut que poudre aux yeux. Le temps avait raison de Confusion qui vieillissait, qui comprenait de plus en plus les rouages de ce qu’était le paysage que les gens appelaient la vie. Il devint gestionnaire d’attentes, de ses propres attentes, devenant gris, un gris milieu qui ne goûte que la poussière, se fondant à la masse, ne prenant plus sa place. Le temps avait raison de lui et sans raison il le laissait faire, ne pouvant plus l’arrêter.

Dans un pli ciré d’une lettre bien pliée, Confusion eu la surprise d’une vie, en repensant il considéra que c’était peut-être la troisième, mais le passé venant à la rencontre du présent, était toujours pour lui quelque chose de surprenant. Lucide, dans des mots serrés sur une feuille de papier, donnait des nouvelles. Elle était comme ça elle, elle donnait, son coeur étant si grand que le monde elle aurait pu donner s’il lui avait appartenu. Confusion content et confiant, le temps l’ayant brutalement ramené sur terre eu l’instant d’un moment un vertige. Le papier de Lucide le regardait droit dans les yeux, encore. Lucide racontait, sa vie, son rêve enfoui et rattraper d’un autre coté, comme la vie et de l’inattendu. Elle racontait, les joies d’un mélange quelconque qui avait donné naissance à Trésor, dans lequel elle avait enfoui tout ce qui lui restait de rêves. Lucide n’avait plus cette lumière dans le regard, Confusion, conscient de cette situation lui demanda où elle était passé, pas elle, mais cette lumière qui avait éblouie Confusion à leur première, voir deuxième rencontre. Et les lettres s’échangèrent, de part et d’autre, la question de Confusion restant rempli de silence, Lucide n’était plus aussi ancrée qu’au temps du Tic où elle répondait Tac. Confusion ne comprenant pas les silences de Lucide, reposa encore et encore la question, jusqu’à ce qu’en un instant, rempli de lumière, les coins de la lettre se sont ouverts pour laisser place à Lucide, maintenant un peu plus timide, mais toujours là bien cachée. D’histoire en histoire, l’histoire c’est tissé, de mots dans les lettres rien n’était oublié. C’était encore l’automne, pour la troisième fois, quant au pris avec une pinte de bière Confusion s’accrocha à Lucide. Les mêmes yeux, vivants, limpides, jamais oubliés venaient le regarder. Elle savait où le trouver, chaque fois comme une nouvelle, une surprise, il était là. Ils n’étaient pas les deux seuls à être là, il y avait aussi l’histoire, le temps, le passé, les souvenirs, mais surtout la déception. La déception de part et d’autre, pour la même raison, mais expliquée différemment, reprochée d’une autre façon, blessante, inutile. C’est la faute du temps je vous le jure, s’il n’était passé au même moment, personne ne serait parti. Il fini toujours par passer et on ne sait pas trop pourquoi, c’est toujours Confusion qui quitte la scène du crime.

Personne n’a eu ce qu’il voulait dans cette histoire, soit par abandon ou par remplacement. Aujourd’hui c’est toujours pareil, Confusion c’est fait une raison, Lucide ne sait plus. Le temps a été brutal avec eux. Ils ont été brutaux, l’un avec l’autre, s’acharnant sur leurs rêves à chacun, croyant que tout ça existait dans le format dont il rêvait. Il n’en était rien, rien dans la forme, mais tout dans le contenu. Deux êtres merveilleux, magiques, qui s’aimaient et s’aiment encore aujourd’hui, dans l’ombre, ils plient des lettres, remplies de mots, simplement pour cesser d’être gris, simplement pour que la vie goûte encore ce premier soir où Lucide se perdit dans Confusion.





Et ça tourne

23 10 2012

Je retourne chez moi, laissant derrière moi des vacances, des rencontres, des paysages pleins la vue, post apocalypse perpétuelle d’images, mon paradis. Je me rencontre que je suis bien, je suis loin. J’ai besoin de ces gens autour qu’en petites doses, par petites bouchées, mais c’est pareil chez moi. Je peux me lever et avoir envie de désert, je ne suis pas mangeur de dessert de toute façon. Plus d’une semaine et je revois en boucle des terrains vides, mais en même temps remplis d’histoire, de vécu, de mort. Je me retrouve chez moi, sans comprendre rien aux gens, aux mots, aux écrits partout. Le café goûte autrement, mais en rafale on s’habitue. Le temps me fait reconnaître les gens, les lieux, comme si j’y avais toujours vécu. Je suis bien, souvent seul, je me laisse vagabond dans des rues qui n’ont pour moi pas de signification, qui en prennent avec le temps, avec le vent de la mer qui me souffle à l’oreille qu’elle m’attendait enfin. Je suis dans ce café, il est précisément 12:34, la chanson qui m’avait donné le goût de l’Islande résonne dans la pièce, derrière le comptoir d’une voix magnifique, la serveuse chante avec perfection par dessus Emiliana Torrini. Je regarde l’horloge à l’extérieur et je pleure, je suis bien, j’y suis enfin. Un frisson parcourt tout mon corps, j’en veux encore, je veux de ce bonheur, de cette vie, c’est ma première journée ici. Les autres journées, j’en veux toujours plus.





Ce matin…

9 10 2012

C’est mon tour maintenant de me réveiller, de te voir dormir sur le ventre, de te caresser le dos, descendre sur tes fesses, tes cuisses… Glisser ma mains doucement entre tes cuisses, sentir la chaleur qui provient de tout ton corps, me coller à toi pour que tu sentes le plaisir que j’ai à te regarder, te toucher…

Te sentir t’ouvrir à mes caresses, lentement, comme ma main sur ton sexe qui commence à me laisser savoir qu’il apprécie ce que je lui fais. Mes doigts qui glissent doucement et fermement sur ton clitoris, un doigt qui s’insère en toi, pour te sentir encore plus chaude, excitée, excitante…

Mon bassin qui se frotte a toi, je suis excité par toi, je n’en peux plus, je me lève doucement, je me mets entre tes jambes, mets mon pénis contre ton sexe, me couche sur ton dos pour te sentir, ta chaleur et ton plaisir en même temps. Prendre le temps de t’embrasser, embrasser ton cou. Je glisse mon pénis contre ton sexe, dur d’envie de toi. Ton sexe humide ne m’invite qu’à m’insérer et je ne peux rien lui refuser. Naturellement, le bout entre doucement, facilement, tes fesses se soulève un peu pour s’assurer que je ne te quitte pas, que je m’insère bien profondément en toi, toujours collé à ta peau je m’enfonce, profondément, prennant le temps de bien te sentir, chaque millimètre de ton sexe qui accepte le miens. Quand je suis bien au fond de toi, je ne bouge plus, pour sentir le plaisir de nos corps qui ne font qu’un. Avant de me retirer complètement, et de sentir les mouvements de ton bassin qui m’invite à revenir, ce que je fais bien sûr,  avec un peu plus d’énergie, car j’ai faim de toi, je ne veux pas que ça arrête, je m’enfonce encore en toi, et encore, toujours aussi profondément, toujours plus rapidement, t’embrassant, nos bouches se cherchent, se veulent. Puis, je te colle au lit, te retenant les bras, te maîtriser, te sentir à ma merci, pendant que je te pénètre encore et encore. Il fait chaud et le plaisir ne fait qu’augmenté, ne fait que nous rapprocher de se plaisir extrême, qui il vient, je laisse tes bras pour me recoller à toi, trouver ta bouche et me laisser venir profondément en toi, sentir ton tremblement, ton plaisir.

Satisfaits, nos corps roulent sur le côté, pour apprécier la fraîcheur du matin et se rendormir en paix.





L’homme longe les bords

5 10 2012

Je savais pas si c’était les bars ou les bords, je me suis simplement rendu compte que dans ce restaurant donnant sur la plage, les gens étaient autour, pas au centre. Le centre est fuit sans raison, il est vide, froid et inconfortable. Les gens qui rentrent, après les autres, figent de voir que les bords sont pris, que le centre est disponible, qu’ils seront le centre d’attention comme si autour on y faisait vraiment attention. Quand les bords sont remplis, le centre en devient t’il pas bien plus sécuritaire, comme dans les châteaux, les forteresses? On ne s’y réfugie pourtant rarement, je protège mon dos, je suis un d’un bord voyeur et jamais exhibitionniste. Dans un bar voyageur, en simple touriste.





La fatigue et l’ennui

25 09 2012

La fatigue et l’ennui sont plus sombres la nuit. Je suis ici et je m’ennuie. Je dors peu et mal ce n’est pas normal. Mes idées tournées vers cette journée qui me sépare encore un peu plus de toi et ce silence, trop dense. Le temps passe à petits grains et je serai loin demain, loin de tout, loin de toi, loin de mon confort de ce que je vois. Le froid pincera ma peau, me donnant des frissons dans le dos, j’aurai cette pensée pour moi que j’ai laissée derrière moi. Je hais les silences et cette danse où lorsque j’avance tu prends tes distances. Combien de jour encore, où je découvrirai ton corps? Le sommeil ne me gagne pas, l’appétit toujours ici et l’estomac qui ne me parle que de toi. J’ai faim de découvrir ce que demain me laissera choisir. Où es-tu cette fois, sans moi qui ne pense qu’à toi? J’ai besoin d’air, de fraîcheur, de toi. Je ne gagne mon lit que pour te retrouver, mais mes draps froids ne sentent que ton absence. Demain, un autre jour, seras-tu encore là? Tant de questions sans réponse, tant de mots placés d’une même cadence et le froid qui ne me réchauffe pas. Réchauffe-moi!





Le bonheur est dans l’alcool

2 09 2012

Je te cueille, l’écume aux lèvres, sans rouge à lèvres, sans l’ombre d’un doute, sans que tu te tiennes debout. Tu sais ce que tu veux, ivre de je ne sais quoi, probablement un mélange de solitude et de mauvais whisky. Toute la soirée, tu as déambulé, d’un bar du bar à l’autre, t’enfonçant doucement, comme les doigts dans ma chaire simplement pour te retenir de tomber toujours plus profond, de te retrouver encore plus seule. Sans scrupule, tu t’es heurtée à tous ces gars qui n’ont pas voulu de toi. Ce n’est pas eux qui ne t’ont pas choisi, c’est toi qui t’es convaincue qu’il en était ainsi. Repoussant les bouches, les bras, les vides qui s’offraient à toi, tu t’es retournée vers moi qui te regardais immobile. J’appréciais ta danse, chaque mouvement complété d’un regard vers moi, tu t’attachais doucement, tu me répugnais tout autant. Qui peut croire que de tenter de pêcher avec un aussi grand filet me séduirait? Tu t’enivres, tu me délivres, je ne veux plus de ce regard que tu m’as lancé quand tu es arrivé, qui s’est transformé en fauve esseulé. De pinte en pinte, je trace mon trajet fatal vers ce nid qui semble froid. Le vide pour le vide, que le vent pour un moment, petit pivot de ma vie qui me donne envie. Je dois partir, j’attends que tu te tournes à nouveau vers un autre que moi, je me faufilerai, je l’ai déjà fait. Mes yeux dans ma bière je t’ai perdu un instant, j’ai beau cherché, mais je ne te trouve pas. C’est donc le moment, je vide mon verre et me lève sur mon banc, au quart de tour je me retourne et me heurte violemment la tête contre ton regard devant moi. Allez viens… juste cette nuit…





Ces faux silences

2 09 2012

Te souviens-tu de ces faux silences, ceux qui coupaient mon être en tout sens, sans que je ne m’en aperçoive? Quand doucement dans tes draps blancs, je te sentais loin, mais toute près de moi, tout était blanc sauf l’air qui était rempli de toi, toujours loin à deux pièces de moi. La tête rêveuse, je me disais simplement que j’étais bien, là, chauffée par les rayons du soleil un dimanche, ou un mardi, quelle importance. Je me serais accroché à un rayon de lumière pour me déplacer lentement dans ce qui était ton univers. La vie s’est chargée bien différemment de moi. Je suis encore là, avec mes faux silences, attendant un retour qui ne reviendra peut-être jamais. Tu sais, non parce que je te l’ai déjà dit, que je suis toujours là. Quand mes pensées effleurent doucement ta peau à des distances considérables, je sais que tu me sens. Ta tête se tourne t’elle vers moi quand doucement je songe à ton corps, lointain souvenir des matins frais où trop tôt je fuyais doucement chez moi, la tête remplie et le corps vidé, un équilibre qui me déstabilisait sans cesse. Quand cesseront ces faux silences ne laissant place qu’à des mots, des cris, de vrais silences qui me berceront avant de dormir?