Tu vas t’y retrouver ma chérie

14 09 2014

J’ai creusé ce grand trou en pensant à toi, dans la cour, pendant que tu me regardais, il faisait noir et tu ne voyais que les reflets de la pelle dans l’éclair de lune qui surplombait la nuit. Il faisait vraiment chaud, mon t-shirt était trempé, un mélange de sueur et de pluie d’automne qui ressemblait bien à la fin de l’été des Indiens. Ce n’était pas mes larmes qui mouillaient mon t-shirt, bien que nombreuses, elles mouraient sur les coins de ma bouche, je savais parce que c’était salé. La pelle était lourde, bien plus lourde encore quand elle était vide, que je l’élevais dans les airs pour la planter toujours un peu plus creux en terre, pour finir enfoncée par mon pied. Le grand trou jamais assez grand pour toi, jamais assez grand pour moi. Tant d’énergie je dépensais pour enfin me reposer, tant d’énergie je dépensais, simplement pour oublier le passé, le présent. Tu buvais doucement une tisane, je voyais ton ombre devant les rideaux, puis tu t’évanouis doucement dans la noirceur bleuâtre du salon, projetée par la télévision. J’avais l’impression de faire un pèlerinage immobile, dissocié les images, les sensations entre ce qui s’en venait et le passé, ce que les gens appelaient l’avenir. Peut-être est-ce pour ça que tu as quitté la fenêtre, pour ne pas voir l’avenir, ce qui s’en venait pour toi et moi, ce qui nous réunirait enfin. J’en avais encore pour quelques jours, quelques jours à creuser encore, je brûlais bien rapidement mon énergie, je me fatiguais bien rapidement, surtout après des journées de travail bien chargées. J’arrêtais toujours vers minuit, histoire d’éviter les questions des voisins, on ne leur parle pas de toute façon, mais ils ont le nez long, un rien ne les fait parler de nous, parler de tout.

Trois jours déjà, je croyais en avoir terminé, mais ça avance, moins rapidement que je le pensais. J’ai fini ta partie, tu voulais vraiment ne pas avoir la partie la plus profonde, moi j’y tenais, on a fait un compromis, en fait, tu m’as sauvé un peu de travail. C’est vraiment plus grand que je pensais, c’est vraiment très humide. C’était aussi une bonne idée, de ne pas taillader les haies, ça couvre mon travail, notre futur lieu de détente, paisible enfin. J’aurais vraiment pu donné le travail a n’importe qui, mais tu sais, depuis qu’il est mort, j’ai besoin de penser à autre chose, toi aussi, probablement pour ça que tu passes clairement tes journées devant la télé, la regardes-tu vraiment? Clairement que l’assurance qu’on a reçue aurait pu couvrir tout ça, mais c’était insupportable, de ne rien faire, de rester là, loin de toi sur le divan, les yeux toujours un peu dans le vide, comme ce trou qui ne fait que grandir, comme l’espace qui nous sépare, bientôt réduit, j’y crois.

J’ai les mains bien pleines d’ampoule, une semaine de pelle, terminer enfin. Je sais, ça aurait été bien plus rapide avec une pelle mécanique, j’aurais même pu m’amuser à la faire. Je sais qu’au cimetière ça doit n’avoir pris que deux ou trois coups de pelle pour faire le trou de la petite. Ça fera un an déjà dans quelques jours, six pour être précis, je devrais avoir terminé pour nous d’ici là, ne restant de la finition. Tu ne viens même plus me voir à la fenêtre, tu ne viens même plus me rejoindre dans le lit, tu restes à des milles de moi, jusqu’à ce que la mort nous sépare, je croyais qu’on parlait de la notre, pas celle d’une autre personne, de notre enfant. La bute de terre qui est juste a coté, je ne sais pas ce que je vais en faire, je n’en ai rien à faire vraiment, le dernier de mes soucis pour le moment, je veux en terminer avec la date de son anniversaire.

Il a vraiment fallu que je t’y prenne de force, il approchait minuit quand j’ai vraiment tout terminé, le minuit qui nous faisait tant peur. Tu sentais l’humidité, la sueur collée à ta peau, combien de jours sans que tu aies pris une douche? Peu importait, je t’ai enlevé ta si confortable robe de chambre qui te faisait office de seul vêtement depuis des semaines. Tu es belle malgré l’odeur, toujours comme le premier jour. Tu ne voulais plus y aller, tu disais que c’était ridicule, que j’avais tout fait ça pour rien, de te laisser tranquille. Je ne t’écoutais pas, j’étais fatigué de cette distance, je voulais te retrouver, je voulais t’avoir près de moi, jusqu’à ce que la mort nous sépare, nous n’étions pas morts, un peu de nous oui, une partie de nous avait disparu subitement, une nuit où tout était si beau, c’était l’été des Indiens, je crois, on rêvait de demain sur la terrasse, on rêvait de voyage, de vent de mer, de s’embrasser en ne comptant plus le temps, tu te souviens comme quand on était adolescent. On avait un demain ensemble il me semble. On avait hâte de savoir s’il allait dire papa, ou maman, rêver de sa première journée d’école, son premier amour, son départ de la maison, que tu ne voulais pas trop tôt, on allait trop vite, tu nous voyais vieux, tu nous voyais heureux, avec une piscine dans la cour, vieillir comme des sachets de thé dans cette eau chauffée.

Je l’ai creusé notre piscine, notre nid d’amour, notre sanctuaire, notre endroit pour nous retrouver enfin. Ne t’inquiète pas l’eau est bien confortable et a cette heure pas vraiment besoin de nos maillots. Quand ta peau a touché l’eau, t’as eu un sanglot instantané, je t’ai déposé doucement dans l’eau, dans la marche qui menait à la partie pas creuse de la piscine, tu m’as regardé, comme pour la première fois depuis un an, réalisant que j’étais encore bien vivant. Ému je me suis mis à pleurer aussi, je t’ai prise et serrée dans mes bras, tu m’as serré si fort, je sentais tes larmes sur ma joue. Tes lèvres se sont mises à m’embrasser le cou, comme si tu avais soudainement faim de moi, comme pour signaler un peu la fin de tout ça, comme si l’envie de continuer de vivre te parcourait le corps. Tu m’embrassais maintenant avec rigueur, comme si tout venait de changer, comme si de rage tu te lançais sur moi, prenant mon membre déjà bien prêt à te retrouver, pour le glisser en toi. Tu étais animale, tu n’avais jamais été de la sorte, comme si l’eau t’avait réveillé en un instant. J’étais heureux d’être là, lorsque tout stoppa, brusquement. Tu glissas doucement dans mon oreille en t’agrippant très fort à moi de me retourner doucement. Ce que je fis, te gardant collé à moi. Je fis graduellement le monticule, la haie qui n’avait pas tenu sous le poids de la terre, les voisins qui tenais à leur main un verre, nous regardant fixement, comme deux jeunes amants, éclairée par la pleine lune de septembre.

 

Défi du jour : C’est là que j’ai remarqué que mes voisins voyaient tout





Ainsi soit-il

14 09 2014

Je ne sais pas pourquoi je me suis retrouvé là, ça faisait vraiment longtemps que je n’y avais pas mis les pieds, peut-être que j’avais froid, peut-être que j’avais simplement un manque d’inspiration et je savais plus où aller la trouver. La dernière fois j’étais là, j’étais seulement perdu, perdu dans Montréal, se perdre de l’intérieur, j’avais besoin d’un espace tranquille et je sais que très peu de gens fréquente cet endroit maintenant, alors je savais que j’allais avoir la paix, c’est un peu l’endroit où on la trouve d’ailleurs, certain y repose même. Le dimanche par contre, c’est un peu plus achalandé, en matinée, mais bon, j’avais besoin de sermon, d’entendre où de me souvenir ce qui me déplaisait dans cette institution, parce que les fondements logiques et basés sur des valeurs fondamentales sont correctes, comme la majorité des religions qui existent en fait, mais j’ai toujours été pour l’équité et je m’intéresse de la même façon à toutes ces religions. Je suis rentré en même temps que plusieurs personnes, en même temps que toi. Je me suis avancé, en milieu d’allée, celle où on peut être invisible, on ne connait pas toutes les paroles, les gens autour marmonnent pour nous, on peut rester assis tranquille, contempler l’architecture qui nous entoure. C’est dans les églises que je trouve les plus belles réalisation, des choses qu’on ne crée plus aujourd’hui, parce qu’on se concentre sur le carré, le rond, le moderne. Je suis donc là, à regarder les gens autour, à ne pas écouter le prêtre qui commence sa cérémonie. Toi tu t’es assise dans les dernières rangées, celle où les retardataires s’assoient, les itinérants, les gens qui viennent simplement se reposer, se réchauffer, voir. Tu es seule dans les dernières rangées, tu me regardes te regarder. Je retourne timidement la tête et continue mon parcours d’observation, à la gloire de dieu, tout puissant, Amen. Je sais maintenant ce qui me déplait, j’ai l’impression d’être dans une séance de lavage de cerveau, où la place à la liberté de penser n’existe pas, un peu comme la politique quoi, deux domaines où si on pense un peu différemment, on est excommunié, on est bani, on est regardé de travers. J’aime tout de même le son dans cet endroit, on dirait que ça été construit pour simplement promener la voix sans arrêt dans tous les sens, j’aimerais être seul, vraiment seul et faire porter ma voix, « Écho000! » et compter le temps que ça prend avant que le son ne revienne plus. Je suis tiré tout à coup de ma rêverie quand j’entends à travers des paroles du curé, un son qui ne lui appartient pas, on son qui se met à tourner autour de moi, qui me donne des frissons. Ma tête tourne vers toi, qui as toujours la tête vers moi, la tête oui, mais tes yeux semblent disparaitre sous tes paupières, encore plus au moment où mes yeux se posent sur toi. Tu sembles pris dans un exorcisme que tu te provoques, je t’entends encore gémir au même moment où je te vois trembler, ton corps ondule, douleur ou plaisir, probablement un peu des deux. D’une vague de chaleur, je dois avoir le visage rouge comme l’enfer, je ne me sens plus à ma place avec des pensées très peu catholiques. Les mains moites, je m’essuie sur mes pantalons, je tire un peu mon chandail vers le bas pour cacher cette protubérance naissante. Je n’ai maintenant qu’envie de quitter cet endroit, je cherche le moment, le silence naissant avant une autre parole divine pour m’éclipser, pour t’enlever de cet endroit avant que tu ne brûles seule sur place. J’ai encore l’impression que ton gémissement a préséance sur l’orgue qui vient de s’éteindre, comme si ton plaisir était parfait dans cet endroit divin. Le moment est enfin propice, je me lève et m’esquive doucement à ce supplice, arrivé à ta rangée tu t’es volatilisé, disparue, consumée. Je continue ma route jusqu’à l’extérieur où le froid me rappelle que la saison tournera bientôt à l’hiver. Je m’assois sur le perron de l’église, la tête entre les mains me demandait si j’ai rêvé ou si je suis simplement devenu fou, tu ne pouvais pas vraiment être là.

 

Défi du jour : C’est écho, je t’ai entendu gémir





Hier

13 09 2014

Hier en me levant, j’étais vraiment pareil à la veille, rien n’avait changé, sinon que la date et la température à l’extérieur. Je ne sais pas si je souhaitais vraiment autrement, mais je me suis réveillé comme ça, rien de différent, même pas cette envie de toi. J’aurais pu être un corbeau, un arbre ou une femme, mais probablement que j’aurais été lesbienne simplement à ta vue, simplement parce que tu m’aurais surement aussi plu. J’ai eu un instant, envie d’écrire drôle ou absurde, mais mes doigts sur le clavier affligé par cette vieille habitude d’écrire des mots qui parle plus de mon ennui que de mes nuits. J’aurais peut-être pu être un grand écrivain au réveil, mais j’ai choisi l’ombre de mon arbre, j’ai choisi de me rendre invisible, ne savais tu pas que j’avais ce pouvoir magique à l’occasion, je disparais, subitement, personne ne me voit ou m’entend. Hier quand je me suis réveillé, je me suis rendu compte que ma quête à je ne sais quoi ne menait nulle part, j’ai soudain eu envie de rentrer, alors je suis sorti, je suis allé me balader en ville, je suis allé dans un restaurant que je ne connaissais pas, mais qui me rappelait toi, j’ai même à un certain moment, senti ta main sur la mienne, ça m’a fait sursauté, à en renverser ma bière. Quand on m’a demandé si ça allait, j’ai répondu simplement que ça allait. Hier en me levant, j’aurais voulu partir immédiatement, me retrouver chez moi, me retrouver dans ce qui me manque depuis dix jours, me réveiller dans ce qui me manque depuis déjà trop longtemps.

 

Défi du jour : Quand je me suis réveillé hier matin, j’étais devenu un/une …





Oui, j’écoute

11 09 2014

– Bonjour, je me suis proposé porte parole pour ton intervention, parce qu’on croit vraiment que tu devrais faire attention à toi, sinon faire attention à nous. J’ai réuni quelques gens que tu connais, ou qu’en fait eux te connaissent peut-être même mieux que toi même, en passant, c’est moi qui vais diriger ton intervention, c’est moi le Cerveau de l’organisation.

Cerveau: T’as juste à t’assoir là, et tu écoutes, compris?

Moi: J’écoute!

Cerveau: Bon alors, qui veut commencer, je vais me garder pour la fin, le meilleur pour la fin comme ils disent.

Tout le monde parle en même temps, c’est un vrai chaos.

Cerveau: D’accord du calme, toi, tu commences, je pense que t’en as gros sur le coeur!

Un autre: Très drôle, mais je crois que j’en ai plus sur le foie, Scarecrow, je suis ton foie.

Je me contente de garder le silence.

Foie: Bon, par où je commence… LÂCHE-MOI UN PEU, non, mais tu trouveras pas ça drôle si c’est moi qui te lâche, je travaille trop souvent en surtemps et j’ai l’impression de ne jamais prendre de vacances. Et je n’appelle pas des vacances le fait de me donner deux semaines pour tout digérer ce que j’avais en retard là, une vraie pose, un travail léger, sinon je tombe en burn-out, tu vas la trouver moins drôle. J’ai beau t’envoyer de petits signes, j’ai même été obligé de demander au cerveau de venir me donner un coup de main, mais je sais qu’il n’aime pas ça te laisser sur le pilote automatique bien longtemps, en plus tu ne te souviens de rien quand t’es sur le pilote automatique. Faut voir, moi tu m’as déjà usé à une cadence effroyable, j’ai probablement fait le travail d’une vie en la moitié d’une vie. Pense à toi un peu, pense à moi au mieux.

Cerveau: Bon tout ça est bien vrai, mais je crois qu’on est plusieurs à passer alors je vais donner la parole à ton voisin.

Estomac: Moi je n’ai pas vraiment rien à dire, j’ai juste vu le tout passé, c’est toujours trop vite pour moi, pis c’est pas vraiment ma job, j’ai bien beau essayer, mais il y a des affaires que je digère pas. Déjà que je me tape la job des gras, moi ce n’est pas compliqué, si ça rentre trop en même temps, c’est toi qui écope, une couche de plus, j’ai juste l’impression qu’au rythme où tu vas, tu risques de plus avoir de place, quoi que c’est élastique cette peau-là.

Peau: Faut bien croire que j’ai le dos large, mais en essayant de contenir les allergies au pollen, pis les montées d’eczémas dus au stress du manque de vacances, je peux être partout à la fois, mais je peux pas géré, alors les nerfs, laissez-moi faire ma job.

Nerfs: Heu, j’aimerais ça qu’on ne nous implique pas là-dedans SVP, moi je ne suis pas trop contre le fait dû petit verre de fin de soirée pour nous relaxer un peu. Vrai qu’il est du pour des vacances, on dirait que ça pète de partout…

Son sourd: hmmmpf hmmpf

Cerveau: Tu peux te lever un peu?

Fesse: Laissez-nous en dehors de ça, fait chier!

Nerfs: Bon, Bon, c’est correct. On ne rentrera pas dans un cercle vicieux!

Pénis: On parle de moi? On parle de moi maintenant? Ce n’est pas ma faute si le cerveau pense toujours à ça, c’est lui qui me dirige, qu’il se calme et je me calme!

Cerveau: OK on n’est pas venu ici pour parler de moi là!

Pénis: Oh non on n’est pas venu!

Cerveau: C’est ce que je disais, alors les nerfs t’as fini?

Nerfs: Moi j’aimerais ça que tu te calmes et je pense que si tu travailles les muscles, tu risques de trouver un bon terrain d’entente pour tout le monde.

Muscle: Moi j’attends rien que ça, regarde avant hier, 10 km, ça ne t’as pas tué, loin de là.

Moi: Ouais je sais.

Poumon: Nous aussi on a besoin d’air, on ne te demande pas le marathon, juste de nous sortir de temps en temps, on est tanné de rester en dedans.

Cerveau: Bon, qui est-ce qui pleure maintenant?

Coeur: C’est moi, j’ai juste trop mal, j’ai l’impression de ne servir à rien.

Poumon: Mais la course ne vient pas me dire que ça ne t’a rien fait, je t’ai entendu tout le long!

Coeur: T’as raison, j’ai besoin de ça, mais j’ai aussi besoin que le cerveau arrête un peu, c’est bien beau tout tenter de contrôler, mais c’est quand même lui qui donne les ordres, pis on réactionne en chaine tout un chacun quand il se met à penser à elle.

Cerveau: Bon c’est encore de ma faute, c’est quand même moi qui ai organisé s’t’affaire là!

Coeur: Oui, mais ça m’a tout l’air que t’es le grand responsable en fin de compte.

Pénis: Moi je ne cracherai pas sur cette idée-là.

Foie: T’en profites peut-être pour venir te reposer avec moi une fois que t’as lancé le coude en l’air à quelques reprises.

Cerveau: …

Coeur: Bon le voilà sur silence, monsieur contrôle tout mon cul oui!

Fesse: hmmpf hmmpf…

Coeur: C’est moi qui parle, vos gueules! Si t’arrêtais de penser un peu à elle, ça ferait peut-être du bien à tout le monde! Va donc commander aux muscles de courir un peu! Fait d’autre chose, elle ne disparaitra pas, elle sait que tu l’aimes, le reste, je crois que tu peux plus ne rien faire avec ça. Laisse allez, je sais que ça va faire mal un peu au départ, mais je te garantie que c’est pas mal moi qui vais manger le coup, je ne suis pas à ma première fois. Arrête de te trouver mille défaites pour garder tout me monde immobile, je pense que c’est assez là.
Oeil: Ça m’émeut toujours quand tu parles de même Coeur, je ne suis pas capable de me retenir, je m’excuse d’avance aux joues.

Coeur: Si tu commandais aux jambes comme tu le fais aux mains, je crois qu’on serait un sacré athlète!

Cerveau: Ok… Vous avez raison, je crois… Je vais y penser!

Tous: NOOOOON ARRÊTE D’Y PENSER! VA COURIR!! Sinon c’est nous qui arrêtons!

 

Défi du jour : Si mon corps me parlait pour vrai





Ce qui est venu en premier…

10 09 2014

C’était un matin où je me suis levé beaucoup trop tôt par rapport à l’alcool que j’avais ingurgité la veille et le nombre de coups de reins que je t’avais donnés juste avant de tomber dans les bras de Morphée. La tête me bourdonnait, ta chaleur me réconfortait un peu, juste un peu, j’étais plus mal que bien, pas par ta faute, j’ai vraiment trop abusé. Ta main est venue se poser sur mon sexe qui n’avait rien à raconter, encore endormi, simplement épuisé. T’as pas insisté, comme si t’avais simplement fait le geste par habitude. Je me suis levé après un bon quart d’heure d’essais, j’avais mal un peu partout, mais en même temps l’étrange besoin de me nourrir. Je n’ai même pas eu besoin de te convaincre, t’as suivi. Je me suis préparé un peu, juste un peu, de toute façon ça allait paraitre dans ma face que j’étais lendemain de veille, les dessins de draps, les ombrages de cernes, l’écume d’un refoulement de ronflement au bord des lèvres, j’avais le paysage facial d’un accident d’aquarelle. On est allé au resto sur la grande rue, celle où tous les gens dorment jusqu’à penser qu’ils ont fêté sans lendemain et se réveiller aujourd’hui, en compagnie du dernier con qu’ils auraient pu choisir dans leur journée. On est allé s’assoir à l’ombre, commandé machinalement un café et ce qui venait avec, on a attendu, en silence, les yeux mi-fermés dans ceux de l’autre. Quand mon plat est arrivé, je me suis un peu réveillé, mais pas à temps pour arrêter la serveuse. J’avais dans mon assiette des œufs, tout visqueux, que j’ai regardés un moment dans le jeune des yeux, même le blanc avait l’air visqueux. Je n’étais vraiment pas sûr, même si tu m’as regardé en riant, sachant très bien que je n’avais jamais mangé autre chose que les yeux brouillés, maintenant, j’avais vraiment les yeux clairs. J’ai joué un peu de ma fourchette, pensant de commettre le crime de les crever, comme sans, sans même les connaitre, mais je me suis résigné, j’ai découpé chirurgicalement un petit morceau de blanc, juste pour voir, ou gouter sous tes yeux maintenant bien entier. Ce fut vraiment le début de la fin, mon visage qui perdait dix ans, un sourire, puis tu t’es renseignée. J’avais déjà englouti le premier quand tu m’as demandé comment c’était, j’ai répondu simplement une chose, la bouche encore pleine, que c’était vraiment trop sexe. J’ai eu vraiment envie de m’acheter un poulailler à cet instant présent, mais à l’instant où j’ai vu que t’avais fini ton assiette, je me suis levé pour payer, je t’ai pris pas la main et on est retourné sous la couette où j’ai continué mon repas, ça m’avait vraiment allumé, ça t’apprendra à me faire gouter de nouvelles choses!

 

Défi du jour : C’est visqueux, je ne sais pas si j’aime ça





Penses vite…

9 09 2014

Moi je rattrape les choses quand elle tombe, tout le temps, peu importe ce que c’est, avant que ça touche le sol. Un jour j’ai remarqué ça dans la douche, c’était par hasard, un savon. C’est glissant un savon, mais je le rattrape à tout coup s’il me glisse des mains. Ça arrive toujours par hasard, parce que je n’ai pas le don de planifier échapper des choses en général, mais on le fait tous. Au début je ne me rendais pas vraiment compte de ça, puis un moment donné j’ai réalisé. Depuis, je fais des théories dans ma tête, la forme, la texture, le poids, l’objet, faut croire qu’on n’attrape pas un couteau de la même façon qu’une orange. À toute les fois que j’attrape quelque chose, je valide chacune des composantes de la chute de l’objet, puis je regarde s’il ne me manque pas une donnée. J’ai vraiment de foutus réflexes, et peut-être trop de temps à perdre.

 

Défi du jour : C’est un peu gênant, mais j’ai ce talent-là moi…





C’est assez

8 09 2014

Journée de merde au bureau, mon patron, mes collègues, mes menstruations, tout me tape sur les nerfs. Le métro toujours en panne, l’autobus trop plein et la pluie pour le reste du chemin jusqu’à la maison. Les voisins qui s’engueulent, la boite aux lettres qui me rappelle que je dois payer mes comptes et bordel je ne trouve pas mes clés. Je finis par vider mon sac sur le balcon, elles sont dans mes poches de manteau, je ramasse le tout, j’entre. C’est le bordel, tout traine par terre, la coloc qui s’est évaporée durant sa course, mais pas ses effets personnels. Je me suis dirigée vers ma chambre, j’ai laissé tout ce que je pouvais, me libérer d’un poids, enfin. Mon lit sans drap ne m’empêche pas de me coucher un instant, fermé les yeux, prendre un grand respire et me souvenir que j’ai oublié d’arrêter à l’épicerie, je ne ressors pas, je ferai l’appel du poulet. Je me relève, coloc ne s’est pas effondré dans la cuisine, un gros bouquet de fleurs est échoué sur la table, un autre des vestiges de coloc qui a préféré dormir au lieu de donner à boire. Je me sors une bière, du moins l’intention était là, le frigo est vraiment vide. Je vois que sur une petite enveloppe brochée à l’emballage des fleurs, c’est mon nom qui est écrit, je m’assois sur une chaise et j’observe, je ne touche pas, je tente de deviner. Je commence par regarder les fleurs, des roses, des marguerites, de la verdure, ça peut vraiment être n’importe qui, mais au moins quelqu’un qui sait que j’aime les marguerites, probablement quelqu’un qui m’aime aussi parce que les roses sont rouges. Rien dans la création du bouquet ne laisse deviner qui que ce soit. Ma coloc ne pense qu’à elle, donc il est clair qu’elle est éliminée immédiatement. Ce n’est pas le genre de mes parents non plus, même s’ils savent que je ne vais pas à merveille depuis quelque temps. Mon ex, il ne m’a jamais offert de fleurs, peut-être pensait-il que je n’aimais pas en recevoir, il était tout de même bien à l’écoute, même si je ne parlais que très peu. Un autre ex, j’en doute aussi, ça ne fait pas de sens, ils ont des copines, même si pour certain ça ne les arrête pas, mais ça serait vraiment inconfortable et flatteur à la fois. Reste l’hypothèse de l’admirateur inconnu, en fait probablement pas si inconnu, mais qui se dévoile maintenant, maintenant qu’il sait que la voie est libre, que je suis totalement disponible maintenant. C’est surement cela, sinon c’est qu’un ami, qu’un ami j’en ai quand même beaucoup, il n’y aurait probablement pas les roses rouges sinon il se fout complètement des couleurs, des sens, des significations, mais bon, thèse qui est très peu probable. Je pourrais simplement ouvrir l’enveloppe, je saurais qui sait assez rapidement, à moins que ce soit ce célèbre anonyme. En fait je suis peut-être la seule à ne pas le savoir. Je me lève, je prends un pot, je déballe les fleurs, je jette l’enveloppe, j’ai eu ma dose de déception aujourd’hui.

 

Défi du jour : En arrivant, y’avait un gros bouquet de fleurs sur la table





J’ai peut-être des problèmes de yeux…

8 09 2014

Je me suis regardé dans la glace un moment, puis je suis allé m’assoir. J’ai attendu un peu, la musique éclairait le fond de la pièce, parce que je ne voulais pas juste réfléchir à ça tout seul. Je me suis relever, je suis retourné devant le miroir, je me suis regardé, ce coup-ci plus longtemps, de plus près, de face, de dos. Je suis vraiment loin d’être parfait, peut-être quelques kilos en trop, pas tant là, mais un peu. Je suis retourné sur le divan, syndrome de la page blanche. D’habitude, ça ne m’arrive pas, on me donne un mot, une idée, puis je ponds des textes, parce que j’aime ça, parce que mon cerveau bricole, parce que j’aime vomir du texte sans vraiment savoir ce que j’ai mangé avant. Là, je ne sais pas, j’y retourne. Peut-être si j’enlève mes vêtements, j’enlève mon t-shirt, j’enlève mes jeans, je me regarde de bas en haut, j’enlève mes bas, je me regarde de haut sans bas, je ne suis peut-être pas assez dans le détail. Ok peut-être quelques kilos, mais rien d’alarmant, rien d’horrible, rien de dramatique ou de morbide, loin de là. J’ai une crinière de bison des prairies, je rends jaloux ceux qui souffrent de calvitie. J’ai un visage ordinaire, rien qui se démarque, rien qui me sort du lot, je ne suis pas laid, je ne suis pas beau, je suis normal, symétrique quoi. Mes épaules tombe un peu, rien de très grave, j’ai juste à me tenir droit un peu, ça devrait aller, je courbe le dos pour être capable de rentrer dans mes pensées, parfois un peu étroites, mais c’est seulement parce que je fais plus de six pieds. Donc, rien d’alarmant pour le haut, un petit bedon qui ne cache pas lui mon plaisir à bien manger et bien boire. Mes jambes, ça, c’est des kilomètres de marches durant des années, c’est du solide, comme si j’allais au Gym pour n’entrainer que les jambes. Ceux qui disent que les pieds c’est laid, je ne vous montrerai pas les miens. Je crois que j’ai fait le tour… à non, de dos. Je suis moins gros de dos, peut-être que je devrais toujours marcher à reculons, non sans blague ça va là. Je regarde derrière moi, le rideau est fermé, je baisse mon boxer, les fesses ça va, j’en ai, correct. J’ai cette chance de n’être poilu que de la tête, je peux être un chevelu et barbu qui trahisse mes origines. Bon allez, on se retourne, ça aussi ça va. J’ai toujours trouvé qu’un pénis vu de haut c’était petit, dans le miroir c’est différent, je ne sais pas si c’est comme l’effet que la télé fait, j’en doute. Je crois que là aussi ça va, mais ce n’est pas moi qui en ai été le juge à tout moment, donc je fais confiance. Je me rhabille, je viens me rassoir. Je t’ai écrit que j’allais avoir de la difficulté avec ce sujet-là, parce que je ne voyais rien que je voulais vraiment changer et que ce que je peux changer, j’en ai la capacité. T’as eu comme réponse que toi, t’aurais de la facilité à écrire là-dessus. Je t’ai proposé de te prêter mes yeux parce que sérieusement, t’es parfaite.

 

Défi du jour : J’aurai aimé ça être plus grand(e), plus beau (belle) ou plus mince

 





Ça c’est certain

8 09 2014

Qu’est-ce qu’il voulait dire lui… « T’es rempli de vérité toi! », j’avoue que ça m’a froissé, sinon je ne me serais pas questionné pour cela. Un pèlerin qui vous dit un truc du genre, ça porte à réflexion, j’avoue, ça venait bien sûr avec le ton, le regard, tout quoi. Lui qui avait tant voyagé, moi qui ai toujours écouté autour, je ne savais que penser. Puis le temps est passé, les mots revenant dans mon être comme un tourbillon sans cesse, dans l’ordre, dans le désordre… T’es vérité rempli de toi… Rempli t’es vérité de toi, toi de vérité t’es rempli… sans cesse. Puis j’ai arrêté, un instant, j’ai compris. Je n’ai pas vraiment compris pourquoi il me disait ça, mais j’ai compris pourquoi ça pouvait arriver. J’ai déformé, de vérité à certitude, parce que la vérité, je ne la connais pas vraiment, je suis certain de chose pour moi, comme certain crois en dieu, crois en quelque chose, n’importe quoi, n’importe qui, n’importe comment. Mes certitudes sont les miennes, mes conclusions de ce que m’ont laissé ma vie, mes yeux, mes perceptions. Il y a rien de plus certain que l’interprétation que j’en ai fait, qui peut changer avec le temps, qui reste basé sur mes valeurs, sur mes désirs, sur une tonne de facteurs qui transforment mon jugement, mais qui est corrigé par mes valeurs, celles que mes parents mon inculquer, celle que j’ai décidé d’accepter. C’est une vérité, voir une certitude qui m’appartient et je ne l’impose à personne. Je m’étais toujours dit que jamais je ne retournerais avec une ex-copine, simplement parce que je trouvais la rupture trop difficile, parce que je me disais qu’on n’agissait pas sur les coups des émotions, mais de la raison, qu’on ne pouvait pas jouer sur un coup de dé, le destin d’un couple s’il fonctionnait bien. J’ai écrasé cette vérité, un jour, parce que j’avais envie de le faire, pas pour me tester, mais parce que pour une fois, j’aimais encore, parce que pour une fois, j’avais envie, de voir, si ça pouvait être différent, parce que pour une fois, j’avais envie que ça marche, pour vrai, pour moi, pour elle. Je pourrais dire que le résultat fut celui auquel plusieurs pourraient s’attendre, je ne passerai pas d’encre là-dessus, mais je pourrais vous dire une chose, c’est que si demain encore, j’avais à prendre cette décision, je ferais exactement le même choix, j’en suis certain.

 

Défi du jour : Non ça jamais





Noël

8 09 2014

C’est arrivé à cause d’une photo sur un frigo. Je n’avais vraiment pas vu venir ça, ça m’enlevait la moitié de mon âge, voir un peu plus. On voit ma face, ma petite face de fin d’adolescence, le sourire aux oreilles, l’air d’un petit voyou, déjà les rides dans le coin des yeux, mais aucun cheveu blanc à l’horizon. Mais où il est passé ce sourire, m’a-t-il laissé que les petites crevasses sur le coin des yeux, où c’est enfui la joie qui ne naissait de rien. Sur la photo, je suis assis sur le père Noël, j’oubliais même qu’il existait, que ce soit pour moi ou pour les plus jeunes enfants, ceux qui n’existaient pas sur cette photo, pourtant lié au même passé. Les petits enfants du père Noël, ceux à qui j’ai manqué de vendre la mèche hier, parce que cette magie chez moi disparut, j’en oublie que pour certains elle existe toujours, comme elle l’a été pour moi dans le passé. Les années ont couru sur tous nos visages, ne laissant que des souvenirs de saveurs différentes. Dans ma bouche un goût amer, une envie de le changer, un certain ennui, de la vie, de ce qui est disparu avec le temps, de cet émerveillement spontané, cette envie de faire rider les gens qui m’entourent, simplement parce que j’en suis capable. La solitude ne m’est plus étrangère, elle est ma compagne pour les moments difficiles, elle m’a apprivoisé, doucement avec le temps. Le temps se refroidit doucement sur le Québec, j’ai soudain hâte à Noël, j’aimerais aller retrouver le père noël un soir, lui demandé que cette année, il me rapporte un peu de magie, j’imagine que c’est un premier pas vers ça que de lui demandé.

 

Défi du jour : Si je croise le père noël un soir